Le costume de directeur sportif s'assortit à merveille d'un manuel de prévoyance. Sur la route du titre, alors que l'année 2019 pousse ses premiers cris, Dimitri De Condé frappe donc aux portes de la Scandinavie. Son objectif mesure plus de deux mètres, et doit servir de clé pour déverrouiller des filets adverses de mieux en mieux protégés, par des vigiles qui se multiplient dans leur surface, recroquevillés devant leur but pour faire disparaître l'espace entre les lignes où brillent tant Leandro Trossard qu' Alejandro Pozuelo. Malgré la domination nationale du Racing, De Condé craint sans doute la sécheresse offensive qui avait fini par coûter sa place à Albert Stuivenberg, quand Genk était envoyé vers les flancs et que les centres à répétit...

Le costume de directeur sportif s'assortit à merveille d'un manuel de prévoyance. Sur la route du titre, alors que l'année 2019 pousse ses premiers cris, Dimitri De Condé frappe donc aux portes de la Scandinavie. Son objectif mesure plus de deux mètres, et doit servir de clé pour déverrouiller des filets adverses de mieux en mieux protégés, par des vigiles qui se multiplient dans leur surface, recroquevillés devant leur but pour faire disparaître l'espace entre les lignes où brillent tant Leandro Trossard qu' Alejandro Pozuelo. Malgré la domination nationale du Racing, De Condé craint sans doute la sécheresse offensive qui avait fini par coûter sa place à Albert Stuivenberg, quand Genk était envoyé vers les flancs et que les centres à répétition ne faisaient jamais trembler les filets. Quand on ne sait pas traverser un mur, autant essayer de passer par-dessus. C'est probablement le raisonnement qui amène le double mètre de Paul Onuachu dans le Limbourg. Dès sa première saison en bleu, le géant nigérian dispute 9,49 duels aériens de moyenne par rencontre. Un arbre qui cache la forêt de problèmes du Racing dans le jeu, que ce soit sous Felice Mazzù ou avec Hannes Wolf. Pour progresser sur le terrain, le long ballon est une science souvent aléatoire, mais qui perd une bonne part de hasard quand le destinataire a un gabarit plus adapté aux parquets qu'aux pelouses. Comme au basket, d'ailleurs, l'exubérance physique prend une dimension supplémentaire au bout du terrain, là où les points se marquent. Dès que possible, Genk envoie donc Onuachu et le ballon dans la surface adverse. En plus de son avantage dans le débat des centimètres, le Nigérian exhibe un placement souvent approprié dans la zone de vérité. Ses déplacements on the box parviennent à le libérer, pour des reprises souvent confortables dans les airs. La recette semble si simple qu'elle tourne parfois à l'indigestion. La saison dernière, ses 31 tentatives de la tête étaient largement la référence nationale, loin devant les chiffres d' Igor De Camargo, son plus proche dauphin (21). L'arme a des allures simplistes, mais serait sans doute indéfendable avec une mire mieux réglée. Le problème, c'est que le placement d'Onuachu lui offre de belles opportunités trop souvent galvaudées. Lors des six premières journées de la saison, le géant du Limbourg s'est offert sept big chances (occasions supérieures à 0,2 expected goal, donc avec plus d'une chance sur cinq de finir au fond), mais n'en a convertie que deux. Le Nigérian a conclu sa première saison à la Luminus Arena avec moins de buts marqués (neuf) que d' expected goals (onze). Le signe d'un manque de réussite, ou d'un talent de finisseur insuffisant.