P atrice Noukeu (tout juste 24 ans) est arrivé à Gand après deux bonnes saisons à Mouscron et a immédiatement plongé dans un club qui a mal démarré la saison : " Mais la victoire face à Anderlecht nous a rassurés sur notre potentiel. Cela démontre que l'on peut viser le même classement que la saison dernière, quatrième. Pour l'instant, nous avons vraiment confiance en nos possibilités. Ce qui n'était pas vraiment le cas en début de saison. Nous n'avions en effet pris qu'un point sur neuf. Mais notre entraîneur Georges Leekens a remis les pendules à l'heure. Il nous a inculqué un véritable état d'esprit. Il a insisté sur le fait que nous devions penser au groupe, et absolument pas aux joueurs qui étaient partis ( Mbark Boussoufa et Wouter Vrancken). Le collectif doit primer sur tout. Il a toujours eu confiance en nos qualités. Il a trouvé quelques astuces et on les a directement appliquées. C'est quelqu'un qui sent son groupe. Il est très communicatif et parvient à apporter les petits plus dont un groupe a besoin. Il est toujours présent, que ce soit à la salle de musculation, lors des...

P atrice Noukeu (tout juste 24 ans) est arrivé à Gand après deux bonnes saisons à Mouscron et a immédiatement plongé dans un club qui a mal démarré la saison : " Mais la victoire face à Anderlecht nous a rassurés sur notre potentiel. Cela démontre que l'on peut viser le même classement que la saison dernière, quatrième. Pour l'instant, nous avons vraiment confiance en nos possibilités. Ce qui n'était pas vraiment le cas en début de saison. Nous n'avions en effet pris qu'un point sur neuf. Mais notre entraîneur Georges Leekens a remis les pendules à l'heure. Il nous a inculqué un véritable état d'esprit. Il a insisté sur le fait que nous devions penser au groupe, et absolument pas aux joueurs qui étaient partis ( Mbark Boussoufa et Wouter Vrancken). Le collectif doit primer sur tout. Il a toujours eu confiance en nos qualités. Il a trouvé quelques astuces et on les a directement appliquées. C'est quelqu'un qui sent son groupe. Il est très communicatif et parvient à apporter les petits plus dont un groupe a besoin. Il est toujours présent, que ce soit à la salle de musculation, lors des séances d'étirements ou encore pendant notre footing dans les bois ". Noukeu est parvenu à se faire une place assez rapidement dans le noyau et cette intégration est impressionnante. Gand est une équipe ambitieuse et l'ambiance est complètement différente de celle qu'il a connue à Mouscron. Pourtant, le joueur reste modeste : " J'étais tout nouveau dans l'équipe. Ce n'est pas toujours une situation évidente. Petit à petit, j'ai su élever mon niveau. A tout moment, j'essaye de me donner au maximum. Je souhaite absolument renvoyer la confiance que m'a donnée le coach en venant me chercher à Mouscron. Cela dit, je n'ai pas été trop dépaysé en arrivant à Gand. Je ne ressens pas de barrière linguistique. Le groupe est très hétéroclite et les différentes langues y foisonnent. J'ai également retrouvé deux joueurs que j'avais connus à Mouscron : Christophe Grégoire et Marcin Zewlakow. Ils ont facilité mon intégration. Frédéric Herpoel a aussi joué un rôle. C'est quelqu'un de simple, respectueux et très professionnel. De plus, il jouit d'une très grande expérience. Sandy Martens a aussi été fort sympa avec moi. Leekens m'a demandé d'être plus rigoureux dans mon jeu. Il m'a amené à prendre conscience de mes qualités. Il m'a dit de toujours penser à la récupération de balle sans négliger mon potentiel d'infiltration. Mais il est intraitable sur le fait que je dois jouer pour l'équipe. Je peux plonger en phase offensive, tout en restant modéré. Je ne suis pas un Wamberto non plus ! La rigueur est de mise à Gand. Je ressens intensément le changement. C'est beaucoup plus costaud ! Les objectifs et exigences sont complètement différents de ce que j'ai connu à Mouscron. Chez les Hurlus, l'ambiance était extrêmement familiale. Au sein du club, on pouvait trouver beaucoup de gens de la région. Que ce soit dans le staff ou encore le kinésithérapeute. Et le public gantois est aussi très exigeant vis-à-vis de nos prestations. En résumé, j'ai changé de niveau en aboutissant à Gand. Je n'ai pas bossé dans le vide à Mouscron mais je dois continuer à travailler ". " Ma place est exactement la même qu'à Mouscron. Nebojsa Pavlovic a les mêmes consignes que SteveDugardein. Je dois effectuer un travail défensif, tout en m'appuyant sur mes qualités d'infiltration. J'avale donc des kilomètres ! En phase offensive, je me retrouve parfois avec les attaquants. Pavlovic et moi formons un duo très complémentaire. La petite différence par rapport à Mouscron tient dans le fait que j'allais plus au ballon. Je plongeais souvent en zone d'attaque. Dorénavant, je dois plus gérer mon élan offensif. Mon rôle principal est de récupérer le ballon. Je ne peux pas m'infiltrer si je ne l'ai pas récupéré. Je dois faire preuve de plus de lucidité et être là au bon moment. Ce rôle me plaît énormément. C'est le même que Karel Geraerts et que Patrick Viera à un niveau beaucoup plus élevé. Le foot est de plus en plus défensif et à mon poste, on doit pouvoir participer au jeu. Je ne serai jamais un milieu offensif. C'est pourquoi ce registre me convient. Et je ne ressens absolument pas que je dois me sacrifier. En deux ans à Mouscron, je me suis bonifié et ai inscrit une douzaine de buts, championnat et Coupe confondus. C'est bien la preuve que cette place prend de l'importance ". La progression de Noukeu est impressionnante. En l'espace de deux saisons, il s'est forgé une place en D1 après être arrivé à Mouscron de Geel en 2004. Il n'était pas persuadé qu'il allait y faire son trou mais a maintenant comme objectif l'équipe nationale camerounaise ! Il y a un an, il était même parti en stage à Paris avec les Lions Indomptables : " La réussite n'est jamais une certitude. J'avais atteint un certain niveau en D2 et je pensais être prêt à franchir le pas. A Geel, j'avais déjà montré certaines qualités mais Philippe Saint-Jean a été capital dans ma progression. Dommage qu'il soit parti si vite de Mouscron ! Il m'a fait comprendre que je devais absolument plus travailler et que je devais réussir en D1. Et j'ai réussi à jouer presque 30 rencontres par saison avec les Hurlus. J'ai encore beaucoup de contacts avec lui : il m'a envoyé un SMS mercredi passé pour me souhaiter un joyeux anniversaire. C'est quelqu'un de très humain. Il continue à me donner des conseils, et pas seulement pour le foot. Je suis également reconnaissant vis-à-vis de Roland Louf. C'est lui qui est venu me chercher à Geel. Pour ce qui est de mon équipe nationale, je peine encore mais le fait que Justice Wamfor du GBA et Eric Benoît Matoukou de Genk en fassent partie me motive. Il y a du niveau en Belgique, mais on jouit quand même de moins de crédit. Mon heure va sonner. Et je n'ai pas eu besoin de l'équipe nationale pour passer de Geel à Mouscron et ensuite, à Gand ". TIM BAETE