La pluie : Wimbledon ne pouvait commencer autrement en ce lundi 26 juin ! Un jour de perdu pour les organisateurs et un million et demi d'euros pour le trésorier de l' All England Lawn Tennis Club, notamment à cause du remboursement des tickets, c'est la règle ! On se rassure en prévoyant un Central Court couvert d'un toit transparent escamotable en 2009. Pire : les joueuses en profitent pour relancer le débat de l'égalité du prize-money. Wimbledon est le dernier bastion du Grand Chelem qui offre 45.000 euros de plus aux hommes qu'aux femmes ainsi que des notes d'hébergement plus élevées. Parmi les pourfendeurs de cette inégalité, on retrouve Venus Williams mais aussi Kim Clijsters (qui a même évoqué un boycott l'an prochain si rien ne change), Andre Agassi, Roger Federer et... Tony Blair.
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La pluie : Wimbledon ne pouvait commencer autrement en ce lundi 26 juin ! Un jour de perdu pour les organisateurs et un million et demi d'euros pour le trésorier de l' All England Lawn Tennis Club, notamment à cause du remboursement des tickets, c'est la règle ! On se rassure en prévoyant un Central Court couvert d'un toit transparent escamotable en 2009. Pire : les joueuses en profitent pour relancer le débat de l'égalité du prize-money. Wimbledon est le dernier bastion du Grand Chelem qui offre 45.000 euros de plus aux hommes qu'aux femmes ainsi que des notes d'hébergement plus élevées. Parmi les pourfendeurs de cette inégalité, on retrouve Venus Williams mais aussi Kim Clijsters (qui a même évoqué un boycott l'an prochain si rien ne change), Andre Agassi, Roger Federer et... Tony Blair. Mardi 27 juin : le tournoi commence. Huit Belges en lice, dont quatre têtes de série (Clijsters, Henin-Hardenne, Olivier Rochus et Kristof Vliegen). Seule Kirsten Flipkens fera les frais de cette première journée face à la jeune Jamea Jackson, en trois sets. Le nouveau golden boy du tennis britannique, Andy Murray, lui demande de faire la paire avec lui en mixte. Xavier Malisse surprend en annonçant son nouveau coach ad intérim David Felgate : " J'ai besoin d'un accompagnateur. Physiquement, tout est en ordre mais j'ai besoin de coaching au niveau de détails tennistiques. Je déciderai après Wimbledon qui sera mon entraîneur ". Mercredi 28 juin : journée mitigée pour les Belges. Malisse se casse les dents sur le râleur tchèque Radek Stepanek. Dick Norman entre en lice. Onze ans après avoir sorti Pat Cash, Stefan Edberg et Todd Woodbridge, il est sorti par Lee, un Anglais qui a reçu une wild-card. Vliegen est sorti pas Nicolas Mahut, qui sert comme il respire. Quant à Christophe Rochus, son élimination par le spécialiste Jimmy Gimelstob était plus prévisible. Tout comme les qualifications sans problèmes de Clijsters et Henin, qui fait forte impression. On constate une affluence nettement moindre cette année. Est-ce dû à la Coupe du Monde ou au prix prohibitif des tickets ? La différence au niveau de l'assistance se compte en milliers de spectateurs. Même la tradition qui consiste à faire la file pour entrer passe de mode. Et les prix pratiqués pour les consommations poussent le visiteur à y réfléchir, même si le légendaire Pimm's à 6,5 euros coule toujours à flots. Au total, Wimbledon s'assure des gains de 36 millions d'euros par an. Un chiffre auquel Olivier Rochus ne peut que rêver, mais son tennis sera tôt ou tard récompensé. Il signe une victoire contre le Tchèque Zib. Le compte en banque de l'Auvelaisien se remplit mais son tennis est encore bien plus riche. Vendredi 30 juin : les victoires de Henin et de Clijsters au troisième tour remuent peu d'émotions. Au total, les deux Belges, Amélie Mauresmo, Maria Sharapova et Venus Williams mettent moins de temps à se qualifier que Rafael Nadal à lui seul ! Décidément, même l'usure du gazon n'est plus ce qu'elle était ! Alors qu'auparavant l'usure de l'herbe prenait la forme d'un T inversé, c'est davantage la ligne arrière qui est endommagée maintenant. Le jeu a évolué du service volée vers une prédominance des marathoniens de fond de court. La victoire de Nadal sur Agassi en est la parfaite illustration. L'Américain fait ses adieux sur le Central Court. C'est là, en 1992, qu'il avait remporté son premier titre du Grand Chelem, véritable départ de sa fabuleuse carrière. Après l'US Open, le mari de Steffi Graf tirera sa révérence à 36 ans. Lleyton Hewitt n'est pas encore là et l'a démontré en sortant Olivier Rochus, qui a justifié en partie sa défaite par le mauvais état du court. Dimanche 2 juillet : jour de repos obligé à Wimbledon. Le lendemain, Clijsters et Henin laissent quatre petits jeux à leurs adversaires Radwanska et Hantuchova. Pour Andy Murray aussi, cette édition s'achève. L'Ecossais, 19 ans et nouvel espoir britannique, a joué un super match contre Andy Roddick mais un très mauvais contre le Chypriote Marcos Baghdatis. Pas de surprises chez les femmes le mardi. Le Top 4 mondial se qualifie pour le dernier carré. Henin laisse des miettes à la qualifiée française Brémond et Clijsters doit puiser dans ses ressources pour écarter la Chinoise Li. Doucement mais sûrement, le tennis asiatique se réveille et Li pourrait bien en être un des catalyseurs. La prédictibilité du tennis féminin est un phénomène connu mais que dire des hommes ? Roger Federer domine de la tête et des épaules le numéro 5. Nadal, à 20 ans, se montre un élève véloce quant à l'apprentissage du jeu sur une surface qu'il apprécie moins. Statistique étonnante : en six matches, Nadal est davantage monté au filet que Federer. Cela démontre les capacités de l'Espagnol et la lenteur des terrains. La deuxième confrontation Henin-Clijsters en un mois ne laisse plus de doutes : la Rochefortoise prend l'ascendant. L'élève de Carlos Rodriguez veut plus, peut plus et Clijsters stagne. Comme numéro 2 mondiale, avec un portefeuille bien rempli et à un an et demi de sa retraite, la Limbourgeoise lève le pied. Cela ne fera que la frustrer de voir Henin la distancer. Clijsters a beau avoir joué un bon match, cela n'a pas suffi pour barrer la route à Justine et lui ouvrir la voie d'une deuxième finale de rang. En cas de victoire, Justine prendra place au panthéon de celles qui ont remporté au moins une fois chaque tournoi du Grand Chelem. Le vendredi, un bâillement plus tard, on constate que Federer et Nadal écartent chacun en trois sets respectivement Björkman et Baghdatis. Rien à signaler. Le samedi, ce n'est pas tant Justine qui a échoué mais Amélie qui a forgé sa victoire. Avec un tennis offensif, un service très fort et service volée bien huilé, la Française remporte Wimbledon sur ses qualités. A 27 ans, elle a montré plus d'audace et de volonté. Les moments d'angoisse du passé ont définitivement disparu. Après sa victoire à l'Open d'Australie - Henin avait dû abandonner en finale suite à des maux d'estomac -, elle remporte son deuxième Grand Chelem 2006. La déception est d'autant plus grande pour Justine après ses victoires à Paris, Eastbourne et un beau tennis sur gazon. Mais Justine n'a que 24 ans. Federer n'a perdu que quatre matches cette année, tous contre Nadal. Mais ici, il n'a pas laissé la victoire lui échapper. Il a remporté son quatrième titre londonien d'affilée en 4 sets. Nadal aura eu le mérite de faire douter le grand Suisse. Une prestation en soi, quand on sait que Fed Express n'avait pas concédé le moin-dre set sur le chemin de la finale. Dans une fin de match spectaculaire, l'Helvète a dû travailler fort pour conquérir son huitième Grand Chelem. Au nombre des victoires à l' All England Club, il rejoint Pete Sampras et Bjorn Borg. FILIP DEWULF, À WIMBLEDON