En février dernier, le boss de Genk Peter Croonen nous accordait une longue interview. Il nous expliquait à quel point il était sous le charme de Hannes Wolf. À l'entendre, son coach allemand était une vraie bouffée d'air frais. Et cet été encore, tout le monde dans le Limbourg maintenait qu'il était la bonne personne au bon endroit. Il avait été screené dans les moindres détails avant de recevoir un contrat. Sans trop tenir compte de ses licenciements par Hambourg et Stuttgart.
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En février dernier, le boss de Genk Peter Croonen nous accordait une longue interview. Il nous expliquait à quel point il était sous le charme de Hannes Wolf. À l'entendre, son coach allemand était une vraie bouffée d'air frais. Et cet été encore, tout le monde dans le Limbourg maintenait qu'il était la bonne personne au bon endroit. Il avait été screené dans les moindres détails avant de recevoir un contrat. Sans trop tenir compte de ses licenciements par Hambourg et Stuttgart. Mais dans le foot de haut niveau, ce sont toujours les résultats sur le terrain qui conditionnent tout. Au cours des dernières semaines, on a entendu de moins en moins de compliments sur Wolf, il a commencé à arborer une mine triste, il a cherché des solutions sans les trouver et a reconnu qu'il était désespéré. Des sentiments pareils se reflètent sur un groupe. L'homme n'y arrivait décidément pas et il a fini par prendre la porte. Directement, le club a annoncé qu'il se mettait à la recherche d'un entraîneur prônant un jeu offensif et prêt à travailler avec les jeunes. Puis les noms de Franky Vercauteren et Jess Thorup ont rapidement circulé. Deux entraîneurs avec des philosophies complètement différentes. Il est probable que les gens du Racing ont conservé une certaine nostalgie par rapport à Vercauteren, champion avec Genk en 2011. Quoi qu'il en soit, il n'est pas simple de comprendre les critères qui retiennent l'attention des dirigeants quand ils doivent choisir un nouveau T1. Comme si la notion de culture de club leur était totalement étrangère. Gand a aussi mis cette mauvaise habitude en pratique quand Jess Thorup a été remplacé par Laszlo Bölöni. Et il est étrange que le T2, Wim De Decker, n'ait pas expliqué à ses employeurs que Bölöni, qu'il a longtemps côtoyé à l'Antwerp, n'avait pas du tout l'ADN de La Gantoise. Mais avant tout, ce sont les dirigeants responsables qui sont censés bien travailler sur des dossiers pareils. Pour eux, chaque licenciement d'entraîneur est finalement une défaite personnelle. C'est rare qu'ils reconnaissent leurs mauvaises décisions et leurs fautes de jugement, comme Ivan De Witte vient de le faire. Même si, vu les circonstances, il n'avait pas vraiment le choix. Avec quatre C4 d'entraîneurs en un mois, on doit bien constater que l'impatience ne fait que grandir et que certains ont du mal à garder la tête froide dans les moments délicats. Les supporters aussi manifestent de plus en plus volontiers leur mécontentement. Ils participent en quelque sorte à la prise de décisions. À l'Antwerp, après le huit sur 18, une partie du public a réclamé le départ d' Ivan Leko. Même chose à Mouscron, où on demande le licenciement de Fernando Da Cruz. La direction de l'Excel a réagi en affirmant que son entraîneur français n'était pas menacé, mais on connaît le poids de déclarations comme celles-là. Contre Gand, le week-end passé, on a vu une nouvelle fois que cette jeune équipe manquait de qualité. Du côté de Malines, Wouter Vrancken, adulé dans une autre vie, reste épargné par la critique parce que son équipe produit du bon jeu, comme on l'a encore vu dimanche à Genk. Mais là-bas aussi, c'est le bilan chiffré qui conditionnera la suite des événements. À Waasland-Beveren, on ne peut pas reprocher grand-chose au brave Nicky Hayen et il ne reste plus qu'à espérer des renforts. Mais ce sera difficile d'inverser la tendance actuelle. L'impatience, elle est bien présente à Zulte Waregem. Contre le Club Bruges, les joueurs de cette équipe ont affiché une triste mentalité. Dans ce stade aussi, les supporters grognent. Cela fait longtemps qu'en interne, les avis sur Francky Dury sont partagés. Mais son contrat court jusqu'en 2024. Il a deux nouveaux assistants, mais ils n'arrivent pas à mettre l'équipe sur les bons rails. La défense prend l'eau, et des joueurs qui avaient bien commencé le championnat la saison dernière, comme Saido Berahino, ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Bref, rien n'a changé, notre foot poursuit son chemin avec des choix continuellement remis en cause.