J osé De Medina :" Mémé Tchite est arrivé en Belgique il y a trois ans. Plusieurs personnes, parmi lesquelles Willy Verhoost, m'avaient dit qu'il y avait un excellent avant au Congo. J'ai effectué le voyage et ses aptitudes m'ont impressionné : vitesse, explosivité, sens du but. Il avait 17 ans et il était la vedette de la région. Il marquait en toutes circonstances. Il était préférable qu'il émigre immédiatement en Europe, pour s'y développer. Il a logé deux mois chez moi, à Bruxelles. Il a effectué un premier test de deux semaines à Charleroi puis à Lokeren et enfin, il a passé un mois au Standard, où il a marqué une volée de buts en ...

J osé De Medina :" Mémé Tchite est arrivé en Belgique il y a trois ans. Plusieurs personnes, parmi lesquelles Willy Verhoost, m'avaient dit qu'il y avait un excellent avant au Congo. J'ai effectué le voyage et ses aptitudes m'ont impressionné : vitesse, explosivité, sens du but. Il avait 17 ans et il était la vedette de la région. Il marquait en toutes circonstances. Il était préférable qu'il émigre immédiatement en Europe, pour s'y développer. Il a logé deux mois chez moi, à Bruxelles. Il a effectué un premier test de deux semaines à Charleroi puis à Lokeren et enfin, il a passé un mois au Standard, où il a marqué une volée de buts en Réserves. Après le match contre la Réserve d'Anderlecht, Frankie Vercauteren a voulu qu'il passe un test chez les Mauves. Cela plaisait à Mémé mais le Standard l'a engagé sans tarder. Ces deux mois passés chez moi se sont bien déroulés. Au début, Mémé était timide, mais quand il vous connaît, il vous ouvre son c£ur. Ne vous y trompez pas : il a une forte personnalité et est très ambitieux. Il m'a parlé de son avenir. Il ne doutait pas de sa réussite. Quand il joue un mauvais match ou qu'il ne marque pas, il pense que ce n'est que partie remise. Parfois, il faut le tempérer. Il n'a pas le gros cou. Même devenu meilleur buteur, il ne plane pas. Son intégration a piétiné quand il est parti vivre seul à Liège. Indépendant, il lui était difficile de s'adapter à notre société : gérer ses finances, se nourrir sainement, arriver à temps à l'entraînement... Maintenant, il mange au club, chez des amis ou au restaurant. Il s'est fait des connaissances, des amis. Parmi eux, Musaba Selemani, du Brussels, un ancien coéquipier au Rwanda. Désormais, Mohammed s'amuse bien en Belgique. Il a dû apprendre à dire non à sa famille. Comme souvent en Afrique, celui qui réussit en Europe doit entretenir tout son monde et vous savez que les cercles familiaux ne sont pas petits, là-bas ! Il a donc eu des problèmes pour payer toutes ses factures. Depuis, il a trouvé le moyen de tenir un budget. Depuis deux ans, il a aussi une amie, même s'ils ne vivent pas encore ensemble car le football occupe toujours la première place. Mohammed a énormément progressé depuis son arrivée en Belgique. Sans sa blessure au genou, la saison passée, il serait encore plus loin. Il est devenu plus calme devant le but. Avant, il dribblait trop dans le rectangle. Il a aussi amélioré son jeu de position. Sa course est plus ciblée, mieux dosée. Il ne court plus après chaque ballon. On le compare souvent à émile Mpenza. Ils ont en commun leur explosivité et leur profondeur mais je décèle des différences nettes. Mémé est plus souple, il a un meilleur bagage technique qu'émile, qui est plus puissant, en revanche. Au début, Mémé appréciait cette comparaison mais il veut maintenant se faire un nom. Mémé a dû forcer le respect de ses coéquipiers. Il s'entendait très bien avec Ivica Dragutinovic. Pour le moment, Milan Rapaic est son meilleur copain car celui-ci le cherche à l'entraînement, ce qu'on ne peut pas dire de tout le monde. Ce manque de solidarité est le problème du Standard, ces dernières semaines : certains refusent de passer le ballon à Mémé. Ce n'est pas sain. En mars, Mohammed sera depuis trois ans en Belgique. Il pourra demander sa naturalisation. Il avait des doutes mais plusieurs personnes en ont discuté avec lui et je le pense maintenant décidé à devenir belge ". MATTHIAS STOCKMANS" AU DÉBUT, MÉMÉ APPRÉCIAIT LA COMPARAISON AVEC ÉMILE MPENZA ; MAINTENANT... "