Médian droit : la découverte

Transféré du FC Metz au cours de l'été 2005, le jeune Julien Gorius fut d'emblée assuré d'une place sur la droite d'une charnière médiane bruxelloise dont les autres composantes avaient pour noms, à partir de la gauche, Wery Sels, Richard Culek et Alan Haydock. Avec des notes oscillant entre 5 et 7, le jeune Français (20 ans à l'époque) avait dû, au départ de la saison, composer avec la concurrence, dans son secteur, de Sels (parfois transbahuté d'une aile à l'autre), Kristof Snelders (titularisé le plus souvent en pointe au côté d' Igor De Camargo mais reculant parfois d'un cran au besoin) ou même de Haydock. Ce fut le cas, notamment, lors de la 10e journée, contre le Cercle Bruges, quand l'entraîneur des Coalisés, Albert Cartier, opta en faveur de trois médians récupérateurs avec Mario Espartero, Culek et Haydock.
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Transféré du FC Metz au cours de l'été 2005, le jeune Julien Gorius fut d'emblée assuré d'une place sur la droite d'une charnière médiane bruxelloise dont les autres composantes avaient pour noms, à partir de la gauche, Wery Sels, Richard Culek et Alan Haydock. Avec des notes oscillant entre 5 et 7, le jeune Français (20 ans à l'époque) avait dû, au départ de la saison, composer avec la concurrence, dans son secteur, de Sels (parfois transbahuté d'une aile à l'autre), Kristof Snelders (titularisé le plus souvent en pointe au côté d' Igor De Camargo mais reculant parfois d'un cran au besoin) ou même de Haydock. Ce fut le cas, notamment, lors de la 10e journée, contre le Cercle Bruges, quand l'entraîneur des Coalisés, Albert Cartier, opta en faveur de trois médians récupérateurs avec Mario Espartero, Culek et Haydock. L'avis du coach Albert Cartier : " Julien, que j'avais connu lors de ma propre expérience de coach en Lorraine, m'intéressait au plus haut point en raison de sa polyvalence, puisque je l'avais vu se débrouiller avec un égal bonheur sur les deux flancs chez les Grenats. Dans la mesure où il découvrait à la fois une nouvelle compétition et des partenaires new look, ma priorité fut de le placer dans le contexte le plus favorable. C'est la raison pour laquelle j'avais choisi de le positionner sur son bon pied, à droite, avec dans ses parages immédiats deux routiniers susceptibles de le seconder à bon escient : Haydock à côté de lui et Christ Bruno en soutien. Durant cette première tranche du championnat, inscrite sous le signe de l'apprentissage, le garçon a logiquement alterné le bon et le moins bon. Comme je disposais dans l'effectif d'un autre joueur de couloir, Sels, aussi à l'aise sur un flanc que sur l'autre mais davantage expérimenté que mon compatriote, j'ai quelquefois joué sa carte à droite. Surtout quand il s'agissait d'opérer avec un seul meneur de jeu excentré. Dans ce cas, l'ancien joueur de Beveren faisait valoir toute son expérience ". L'avis de Julien Gorius : " D'une saison à l'autre, la transition avait été très abrupte. Au stade Saint-Symphorien, j'occupais le flanc gauche d'une ligne médiane à trois, avec une inclination plus défensive qu'offensive et, sans véritable transition, je faisais office d'homme-orchestre, sur l'aile droite. Au début, je ne touchais pas souvent le ballon. A ce moment-là, le véritable dépositaire du jeu était Sels, un joueur au long cours parmi l'élite du football belge. J'ai clairement ressenti, au cours de ces premiers pas, que certains rechignaient à me faire confiance. Quoi de plus logique, en ce sens que je figurais parmi les plus jeunes et que je devais faire mes preuves. Le déclic se situa contre Charleroi, lors de la 4e journée. Pour la première fois, j'avais le sentiment d'avoir marqué des points ". En raison de l'indisponibilité de Sels à l'heure d'accueillir Genk, pour la 12e journée, Cartier dut modifier ses batteries. A droite, c'est Snelders qui fut alors chargé d'animer le flanc, Gorius étant déplacé sur l'autre versant, à côté des axiaux Culek et Espartero. Une semaine plus tard, à l'occasion du déplacement à Mouscron, ce fut au tour de Haydock de reprendre sa place au sein de la charnière médiane, au détriment d'Espartero. Et c'est avec une ligne médiane articulée, de gauche à droite, autour de Gorius, Culek, Espartero et Snelders que le Brussels boucla le premier tour de la compétition contre Saint-Trond. L'avis du coach Albert Cartier : " Afin de remplacer Sels, les solutions ne manquaient pas. Plus tôt dans la saison, Sofiane Zaaboub avait été appelé à évoluer dans ce registre et Musaba Selemani était encore une autre option. Pourtant, Julien fut mon premier choix. Il avait pris du galon entre-temps et je savais qu'il était une alternative intéressante, compte tenu de son vécu sur cette même portion du terrain au FC Metz. De fait, le garçon aura joui tout au long de ses multiples années de formation, d'un apprentissage de choix dont il recueille aujourd'hui les dividendes. Un footballeur français est plus habile sur le plan technique que son homologue belge parce que depuis leur plus jeune âge les joueurs de l'Hexagone sont soumis à quatre séances de préparation hebdomadaires pour deux seulement en Belgique. Il lui est dès lors loisible de travailler plus facilement les deux pieds au lieu de n'en privilégier qu'un comme ici, faute de temps ". L'avis de Julien Gorius : " Face aux Limbourgeois, j'avais sans doute livré mon meilleur match du premier tour, la saison passée. J'opérais, certes, à une place nouvelle pour moi au Brussels mais j'y retrouvais des sensations emmagasinées pendant pas mal d'années en Lorraine. A choisir, malgré mon naturel de droitier, j'ai une préférence pour l'aile gauche, à condition d'y occuper la position la plus excentrée. De la sorte, je peux me rabattre vers le centre et utiliser mon droit qui reste quand même mon pied de prédilection. Peut-être pas pour centrer, mais pour marquer sûrement ". Utilisé en alternance sur les flancs droit ou gauche, au gré des disponibilités et des matches, Julien Gorius aura terminé la défunte campagne dans un troisième rôle : celui de médian axial. C'était le cas dès la 30e journée, quand il fut imbriqué face à l'Excelsior Mouscron dans un entrejeu à cinq composantes formé de Musa Selemani et Kristoffer Andersen sur les flancs et Culek, Haydock et lui sur la portion centrale du terrain. L'avis du coach Albert Cartier : " Ce qui nous avait manqué, par moments, en cours de compétition passée, c'était un régisseur capable d'orienter la man£uvre à partir du milieu. Culek et Haydock sont davantage des quadrilleurs que des orientateurs. Aussi, des trois joueurs axiaux traditionnels, Espartero était-il le seul à pouvoir assumer ce rôle, sans pouvoir se targuer d'être un véritable spécialiste en la matière. Compte tenu du futur incertain de l'ancien médian louviérois chez nous et vu qu'il n'était pas encore question, à ce moment-là, de l'embrigadement de Matumona Zola, qui s'inscrit dans ce registre, la seule réelle solution qui s'offrait dans nos rangs était le glissement, dans une position plus centrale, de Julien. A mes yeux, il s'agissait d'une suite tout à fait logique de son parcours chez nous. Puisqu'il avait pris ses points de repère dans ses premières fonctions, pourquoi ne pas l'essayer dans un autre secteur ? D'autant plus qu'avec ses qualités techniques et sa lecture du jeu, il pouvait précisément constituer une traite sur l'avenir. Cette position-là devait en quelque sorte préfigurer son rôle cette saison ". L'avis de Julien Gorius : " Un rôle axial, c'est ce que j'avais toujours ambitionné. Au FC Metz, j'y avais joué par intermittences, mais jamais au plus haut niveau. En fin de saison, au Brussels, je m'y voyais enfin offrir une chance et c'était tout profit pour moi. Mon seul regret, c'était de ne pas avoir pu laisser une véritable trace. Le club traversait une très mauvaise passe à ce moment : défaite 0-1 contre le Germinal Beerschot, revers à Genk puis nouvelle défaite par le plus petit écart contre les Hurlus justement : il n'y avait pas vraiment de quoi pavoiser. Par la suite, l'équipe s'était ressaisie et nous avions même terminé la saison en force. A l'heure des bilans, je n'avais pas de quoi faire la fine bouche : j'avais participé, en intégralité ou en partie, à plus de 90 % des matches et je m'étais signalé, non sans succès, à trois places différentes. Pour une prise de contact avec un nouveau football, ce n'était pas mal du tout ". Dès l'entrée en matière du Brussels parmi l'élite, cette saison, Gorius fut titularisé dans un nouveau rôle, son quatrième depuis ses débuts au stade Edmond Machtens : celui de soutien d'attaque. D'abord au côté de Dieudonné Kalulika, puis tour à tour dans les parages du nouveau transfuge, Nenad Stojanovic ou encore d'une autre acquisition de l'été : Jonathan Téhoué. Après un tiers de saison, son bilan, fait de 3 buts et d'autant de passes décisives est incontestablement des plus satisfaisants. L'avis du coach Albert Cartier : " La configuration avec une pointe et un homme en décrochage était déjà d'application avec Igor De Camargo et Snelders, voire avec le Brésilien flanqué de Michaël Niçoise. Ces deux acolytes avaient leurs qualités propres. Pour le premier, il en allait essentiellement de la rapidité, pour l'autre d'un sens du but plus aiguisé, surtout à la fin de son séjour au Brussels. Julien Gorius, lui, présente la particularité d'avoir un peu de tout. Il a de la vitesse, même si dans les couloirs il ne peut pas être considéré comme un ailier de débordement, il a le sens de la passe et il est capable de marquer. A mes yeux, la mission de soutien d'attaque est celle qui lui convient le mieux, dans la mesure où il constitue un bon point d'ancrage et qu'il peut faire valoir une toute bonne frappe. Il n'est qu'à 70 % de ses capacités, dans ce rôle, compte tenu de son jeune âge. Ce qui lui reste à parfaire, c'est le jeu de tête et la gnaque. Par rapport à des gars expérimentés et qui mettent le pied, comme le Brugeois Birger Maertens par exemple, il accuse encore un déficit au niveau du mordant. Mais avec le temps, il s'aguerrira, c'est sûr. C'est un gros bosseur et un éternel insatisfait ". L'avis de Julien Gorius : " Je me sens comme un poisson dans l'eau dans mes nouvelles fonctions. Par rapport à l'année passée, je suis beaucoup plus impliqué dans le jeu et nettement plus décisif également. Je jouis également d'une autre appréciation. La saison dernière, par exemple, il ne me serait pas venu à l'idée de me mettre derrière le ballon pour frapper un coup franc intéressant. Je laissais cet exercice aux réels spécialistes de l'équipe que sont Zoltan Petö et Bruno. A présent, quand je flaire un bon coup, je n'hésite pas à prendre mes responsabilités avec l'assentiment des autres. Comme sur ce coup franc que j'ai inscrit à La Gantoise et qui nous a rapporté un point. Je pense avoir trouvé définitivement ma voie. Mon ambition est de ne plus rien lâcher et de poursuivre sur cette lancée. Je m'étais fixé un total d'une douzaine de buts. C'est bien parti ". BRUNO GOVERS