La rupture qui s'annonçait entre les trois grands tours et l'UCI s'est finalement produite. Vendredi dernier les patrons du Giro, de la Vuelta et du Tour de France ont annoncé qu'ils quitteraient le Pro Tour dès la saison à venir. L'année dernière, les trois tours n'en faisaient pas vraiment partie mais un accord prévoyait qu'ils accordaient le droit de départ à toutes les formations du Pro Tour.
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La rupture qui s'annonçait entre les trois grands tours et l'UCI s'est finalement produite. Vendredi dernier les patrons du Giro, de la Vuelta et du Tour de France ont annoncé qu'ils quitteraient le Pro Tour dès la saison à venir. L'année dernière, les trois tours n'en faisaient pas vraiment partie mais un accord prévoyait qu'ils accordaient le droit de départ à toutes les formations du Pro Tour. Dès 2006, le Giro, la Vuelta et le Tour mettront sur pied un Trophée des Trois Grands Tours, pour lequel les 14 premières équipes au classement du Pro Tour seront qualifiées. Les six autres formations recevront une invitation prioritaire. Les équipes qui participeront aux trois grands tours recevront une somme de 100.000 euros en sus de la prime de départ. Le Trophée fera l'objet d'un classement séparé. L'équipe victorieuse gagnera 600.000 euros. Ce classement déterminera l'identité des équipes qui pourront prendre le départ de ces tours en 2007. Les 14 premières bénéficieront du droit de départ mais sans obligation, les organisateurs compléteront le plateau en choisissant librement huit formations. On ne sait pas encore très bien comment les huit autres courses de ces organisateurs, parmi lesquelles Milan-Sanremo, Liège-Bastogne-Liège, la Flèche Wallonne et Paris-Roubaix, s'intégreront dans ce schéma. En revanche, il est clair que l'UCI est mise hors-jeu et qu'il ne reste plus grand-chose de son prestigieux Pro Tour. Cela aura sans doute des conséquences juridiques. Beaucoup de sponsors importants ont conclu un contrat de longue durée, jusqu'à quatre ans, avec l'UCI. En échange de leur engagement dans le peloton, celle-ci leur a décerné une licence et leur a offert une garantie de participation dans 26 épreuves du Pro Tour. Un sponsor qui ne fera pas partie du Top 14 du Trophée en 2007 et ne recevra pas de wild-card aura donc le droit de poursuivre l'UCI pour rupture de contrat. Pat McQuaid, le président de l'UCI, a jugé le comportement des trois tours " démodé et dangereux ", et l'offre d'énormes compensations financières " obscène ". Les équipes sont moins hostiles à l'égard de la manne qui s'annonce. Patrick Lefevere, président de l'AIGCP, a commenté : " Peut-être les équipes profiteront-elles davantage de l'indépendance de la Vuelta, du Giro et du Tour que de leur travail sous la dénomination Pro Tour. Outre les 100.000 euros, les primes octroyées sur la base du classement final sont extrêmement attractives. Cependant, je vais discuter de tout cela avec mes collègues, car nous n'avons pas non plus à accepter béatement tout ce qu'on nous propose ". Les équipes réagissent donc positivement mais avec prudence, même si elles vont certainement plier devant les sommes offertes et les intérêts commerciaux du Tour de France. Il semble y avoir peu de chances pour que Pat McQuaid puisse appliquer l'article 1.2.026 du règlement de l'UCI qui stipule qu'on ne peut créer de nouveau classement sans son accord. L'UCI ne commande plus le peloton depuis longtemps. par loes geuensDENIS MENCHOV Je pourrais être déclaré vainqueur de la Vuelta 2005 mais ça ne me remplit pas complètement de joie