La loi du ciel... Après des plaidoiries d'une extrême longueur et sans âme, la CBAS a subitement allumé Elisabeth Matthys. Celle qui défend l'Union Belge a dû justifier pourquoi un club coupable de matchfixing peut encore échapper à une rétrogradation, plus d'un an après les faits présumés. Mais juste au moment où elle commençait sa réponse, un avion a traversé le ciel de Vilvorde, rendant sa réponse inaudible pour les occupants de la salle.

Le plus grand procès foot des dernières années, autour de soupçons de truquage de notre championnat lors du match entre Malines et Waasland-Beveren en mars 2018, a parcouru sa dernière ligne droite dans un local d'un autre temps de l'Eurovolleycenter. Vu l'absence de climatisation, et vu les chaleurs du moment, il fallait laisser toutes les fenêtres ouvertes.

Mais quand il y a un aéroport tout près, des volleyeurs qui s'entraînent et d'autres gars qui mettent de la musique... Tout cela n'aurait pas été un problème si des micros avaient été prévus. Mais non, même pas ! Alors qu'on sait depuis plusieurs mois que ce volet de l'Opération Mains Propres, qui suscite aussi de l'intérêt dans plusieurs pays d'Europe, se retrouverait devant la Cour Belge d'Arbitrage pour le Sport.

Vous pensez qu'on avait prévu, à l'Eurovolleycenter, un verre d'eau ou une tasse de café pour les avocats et les journalistes ? Mais non...Ajoutez à tout cela que Marc Boes, l'arbitre de la CBAS, s'est pointé une demi-heure en retard à la première audience. Pathétique, encore plus quand on sait que Boes avait annoncé qu'il voulait qu'on avance vite dans cette affaire.

Son retard a directement perturbé l'horaire de la journée. La pause de midi s'est tenue une demi-heure plus tard que prévu. À ce moment-là, quand toutes les personnes présentes se sont dirigées vers la cafétéria en espérant un trouver un lunch, elle était déjà fermée. Alors, des avocats sapés comme des princes ont quitté le bâtiment, ont traversé la berme et se sont rendus dans un établissement un peu plus loin, histoire de se sustenter. Quand même. On ne va pas dire que tout cela était très professionnel !

" Vous allez encore plaider longtemps ? "

L'organisation de la première instance de ce procès, devant la Commission des Litiges d'Appel de l'Union Belge, était d'un autre niveau. Les séances s'étaient tenues au centre d'affaires BluePoint à Bruxelles, on y avait prévu des micros, des boissons et aussi un service de sécurité pour prévenir la venue toujours possible de supporters de clubs concernés par cette affaire.

L'encadrement bâclé lors des audiences de la CBAS est d'autant plus regrettable que ses arbitres ont laissé une bonne impression lors des débats. Alors que les membres de la Commission des Litiges d'Appel intervenaient à peine, les arbitres étaient beaucoup plus impliqués et concentrés. Ils ont posé plusieurs questions pertinentes, surtout Marinus Vromas et Jacques Richelle.

Boes est apparu sous un bon jour. Il imposait un temps de parole limité à chaque avocat, et quand la fin de ce temps de parole approchait, il demandait simplement : " Vous allez encore plaider longtemps ? " Quand le conseiller d'un supporter de Malines lui est rentré dedans, il a clairement montré ce qu'il pensait de son comportement. Ce supporter avait un abonnement, et donc un contrat avec le club, selon le raisonnement de l'homme de loi.

Boes lui a répliqué : " Que pensez-vous pouvoir apporter que les autres parties n'ont pas encore mis sur la table ? Vous avez cinq minutes pour argumenter. " En première instance, devant la Commission des Litiges d'Appel, cet avocat avait été traité comme tous ses confrères et il avait donc pu plaider sans limite de temps. Que se serait-il passé si chaque supporter de Malines avait délégué un avocat dans cette affaire ?

" Une milice privée "

À partir du moment où tous les avocats ont pu plaider le temps qu'ils voulaient en première instance, aucun d'eux ne peut dire qu'il n'a pas eu l'occasion d'exposer en détail la situation telle qu'il la voyait. Si ce procès avait duré quelques mois de plus, ça n'aurait donc pas fait de différence. Seuls les membres de la Commission et les arbitres de la CBAS savent si le fait d'avoir accéléré les débats a eu une incidence sur la qualité des verdicts. En première instance, une décision de 225 pages a été publiée seulement quatre jours après l'ultime audience.

Cette première décision, qui jugeait Malines coupable de falsification de match, a été vivement critiquée. Même l'Union Belge a dû avouer que cette décision contenait des erreurs matérielles. Pourtant, le collège de la Commission des Litiges d'Appel était présidé par un ancien procureur-général de la Cour de Cassation, DirkThijs. Il n'empêche que le professeur Hugo Vandenberghe, qui n'est pas non plus le premier venu, a été très dur en commentant le document de cette Commission.

Frédéric Thibaut, l'avocat d'Olivier Somers., BELGAIMAGE
Frédéric Thibaut, l'avocat d'Olivier Somers. © BELGAIMAGE

L'avocat de Walter Mortelmans, un agent impliqué dans l'affaire, a parlé d'une " honte dans un état de droit comme la Belgique " parce que la Commission avait à peine répondu à ses arguments puis avait prononcé la peine la plus lourde (l'interdiction de pratiquer son métier). Vandenberghe a comparé la Commission à une " milice privée ".

Dans le clan malinois, personne ne croit encore que la Commission des Litiges d'Appel était vraiment indépendante de la fédération. Nous avons appris que le club avait soulevé le problème auprès de Peter Bossaert, le nouveau CEO qui, lors de sa prise de fonction, avait pointé un certain flou et des conflits d'intérêt au sein de l'Union Belge.

Ajoutons à cela que Thijs et Boes ont refusé que les audiences se déroulent à huis-clos alors que plusieurs avocats l'avaient réclamé. Les deux hommes tenaient justement à éviter que l'on puisse dire que tout s'était fait dans un certain secret.

(Lors de la mise sous presse de ce magazine, la CBAS n'avait pas encore rendu de verdict.)

La loi du ciel... Après des plaidoiries d'une extrême longueur et sans âme, la CBAS a subitement allumé Elisabeth Matthys. Celle qui défend l'Union Belge a dû justifier pourquoi un club coupable de matchfixing peut encore échapper à une rétrogradation, plus d'un an après les faits présumés. Mais juste au moment où elle commençait sa réponse, un avion a traversé le ciel de Vilvorde, rendant sa réponse inaudible pour les occupants de la salle. Le plus grand procès foot des dernières années, autour de soupçons de truquage de notre championnat lors du match entre Malines et Waasland-Beveren en mars 2018, a parcouru sa dernière ligne droite dans un local d'un autre temps de l'Eurovolleycenter. Vu l'absence de climatisation, et vu les chaleurs du moment, il fallait laisser toutes les fenêtres ouvertes. Mais quand il y a un aéroport tout près, des volleyeurs qui s'entraînent et d'autres gars qui mettent de la musique... Tout cela n'aurait pas été un problème si des micros avaient été prévus. Mais non, même pas ! Alors qu'on sait depuis plusieurs mois que ce volet de l'Opération Mains Propres, qui suscite aussi de l'intérêt dans plusieurs pays d'Europe, se retrouverait devant la Cour Belge d'Arbitrage pour le Sport. Vous pensez qu'on avait prévu, à l'Eurovolleycenter, un verre d'eau ou une tasse de café pour les avocats et les journalistes ? Mais non...Ajoutez à tout cela que Marc Boes, l'arbitre de la CBAS, s'est pointé une demi-heure en retard à la première audience. Pathétique, encore plus quand on sait que Boes avait annoncé qu'il voulait qu'on avance vite dans cette affaire. Son retard a directement perturbé l'horaire de la journée. La pause de midi s'est tenue une demi-heure plus tard que prévu. À ce moment-là, quand toutes les personnes présentes se sont dirigées vers la cafétéria en espérant un trouver un lunch, elle était déjà fermée. Alors, des avocats sapés comme des princes ont quitté le bâtiment, ont traversé la berme et se sont rendus dans un établissement un peu plus loin, histoire de se sustenter. Quand même. On ne va pas dire que tout cela était très professionnel ! L'organisation de la première instance de ce procès, devant la Commission des Litiges d'Appel de l'Union Belge, était d'un autre niveau. Les séances s'étaient tenues au centre d'affaires BluePoint à Bruxelles, on y avait prévu des micros, des boissons et aussi un service de sécurité pour prévenir la venue toujours possible de supporters de clubs concernés par cette affaire. L'encadrement bâclé lors des audiences de la CBAS est d'autant plus regrettable que ses arbitres ont laissé une bonne impression lors des débats. Alors que les membres de la Commission des Litiges d'Appel intervenaient à peine, les arbitres étaient beaucoup plus impliqués et concentrés. Ils ont posé plusieurs questions pertinentes, surtout Marinus Vromas et Jacques Richelle. Boes est apparu sous un bon jour. Il imposait un temps de parole limité à chaque avocat, et quand la fin de ce temps de parole approchait, il demandait simplement : " Vous allez encore plaider longtemps ? " Quand le conseiller d'un supporter de Malines lui est rentré dedans, il a clairement montré ce qu'il pensait de son comportement. Ce supporter avait un abonnement, et donc un contrat avec le club, selon le raisonnement de l'homme de loi. Boes lui a répliqué : " Que pensez-vous pouvoir apporter que les autres parties n'ont pas encore mis sur la table ? Vous avez cinq minutes pour argumenter. " En première instance, devant la Commission des Litiges d'Appel, cet avocat avait été traité comme tous ses confrères et il avait donc pu plaider sans limite de temps. Que se serait-il passé si chaque supporter de Malines avait délégué un avocat dans cette affaire ? À partir du moment où tous les avocats ont pu plaider le temps qu'ils voulaient en première instance, aucun d'eux ne peut dire qu'il n'a pas eu l'occasion d'exposer en détail la situation telle qu'il la voyait. Si ce procès avait duré quelques mois de plus, ça n'aurait donc pas fait de différence. Seuls les membres de la Commission et les arbitres de la CBAS savent si le fait d'avoir accéléré les débats a eu une incidence sur la qualité des verdicts. En première instance, une décision de 225 pages a été publiée seulement quatre jours après l'ultime audience. Cette première décision, qui jugeait Malines coupable de falsification de match, a été vivement critiquée. Même l'Union Belge a dû avouer que cette décision contenait des erreurs matérielles. Pourtant, le collège de la Commission des Litiges d'Appel était présidé par un ancien procureur-général de la Cour de Cassation, DirkThijs. Il n'empêche que le professeur Hugo Vandenberghe, qui n'est pas non plus le premier venu, a été très dur en commentant le document de cette Commission. L'avocat de Walter Mortelmans, un agent impliqué dans l'affaire, a parlé d'une " honte dans un état de droit comme la Belgique " parce que la Commission avait à peine répondu à ses arguments puis avait prononcé la peine la plus lourde (l'interdiction de pratiquer son métier). Vandenberghe a comparé la Commission à une " milice privée ". Dans le clan malinois, personne ne croit encore que la Commission des Litiges d'Appel était vraiment indépendante de la fédération. Nous avons appris que le club avait soulevé le problème auprès de Peter Bossaert, le nouveau CEO qui, lors de sa prise de fonction, avait pointé un certain flou et des conflits d'intérêt au sein de l'Union Belge. Ajoutons à cela que Thijs et Boes ont refusé que les audiences se déroulent à huis-clos alors que plusieurs avocats l'avaient réclamé. Les deux hommes tenaient justement à éviter que l'on puisse dire que tout s'était fait dans un certain secret.