On a rempli des pages et des pages sur le sujet : Marc Wilmots avait-il oui ou non tenu compte de l'avis de ses joueurs en bouleversant l'équipe pour le match contre l'Irlande ? C'était devenu une affaire d'Etat, tant le débat faisait rage. Jusqu'à quelques minutes du match, dans la salle de presse de Bordeaux. Comme si tout tournait autour de ça. Le sélectionneur s'était présenté avec l'assurance qui le caractérise. Il avait clamé qu'il prenait seul ses décisions. Bien qu'il ne l'admettra jamais, Marc Wilmots a quand même dû être en proie au doute, la semaine dernière. Il n'a pas manqué d'éplucher les journaux et ça a dû le rendre nerveux. On peut se demander combien de temps un être humain, aussi blindé soit-il, peut supporter ça.

Mais en fait, ces polémiques ne changent rien. Contre l'Irlande, après quelques remaniements, il y avait une équipe sur le terrain, une équipe qui combinait au lieu de procéder par longs ballons. Sans Marouane Fellaini et avec Axel Witsel dans une position plus avancée, on augmente manifestement le bagage footballistique de l'équipe. Contre une équipe qui érige une muraille défensive, il n'est pas évident d'insérer de la vitesse à la construction et les passes ont souvent manqué de précision, syncopant le jeu et empêchant de jouer en un temps. C'est la différence avec des équipes comme l'Espagne et l'Allemagne, notamment. Mais dès le premier but et l'ouverture d'espaces, on a revu le talent de cette équipe et on a de nouveau aimé les Diables Rouges.

Ça ne peut pas engendrer d'euphorie. La réplique de l'Irlande était bien trop faible pour cela. On peut supposer que ce mercredi soir, la Suède ne va pas opposer beaucoup plus de résistance et que les Diables Rouges vont terminer à la deuxième place de leur poule. On spécule déjà : les huitièmes de finale contre la Hongrie ou le Portugal, les quarts de finale contre l'Angleterre à Lille et les demi-finales contre l'Espagne. Tout va très vite quand le résultat du match le plus récent constitue l'unique baromètre.

Ce groupe affiche beaucoup d'assurance. Déjà avant le tournoi. Nul ne se satisferait de moins qu'une place en demi-finale. Il est donc étrange que ce noyau ait éprouvé tant de mal à accepter les critiques de la presse après sa défaite contre l'Italie. Il devrait être au-dessus de ça. Surtout compte tenu du langage ferme de Thibaut Courtois. Mais dans le courant de la semaine, il a changé de discours. De même que plusieurs autres joueurs se sont réfugiés dans le silence.

Pour l'instant, cet EURO n'a pas encore fourni de grand spectacle. Sur le plan sportif, son élargissement à 24 participants, soit à peu près la moitié de l'Europe, est un échec de premier ordre. Certaines équipes sont tout au plus capables de défendre. Ça donne des matches ennuyeux, aussi parce que la plupart des vedettes, épuisées par une longue saison, ne montrent pas grand-chose.

Un EURO doit être un festin, une publicité pour le produit football. Reste à espérer que ce soit le cas à partir des huitièmes de finale. Pour le reste, ce tournoi bat tous les records financiers. On s'attend à ce que l'UEFA en retire environ 1,9 milliard, soit une augmentation de 41 % par rapport à 2012. C'est bien mais ça ne doit pas se faire au détriment de la beauté du jeu.

Pendant ce temps, à l'exception de Charleroi et d'Eupen, les clubs de D1 préparent la prochaine saison. Anderlecht a présenté un entraîneur surprenant, le Suisse René Weiler. Les grands noms avaient trop d'exigences. Mais leur refus en dit aussi long sur le statut écorné, sur la scène internationale, des Mauves.

En soi, il est bon que des clubs aillent pêcher dans de nouveaux viviers et offrent une chance à d'autres talents. Quand le Borussia Dortmund avait engagé Jürgen Klopp, les doutes étaient nombreux car Klopp n'avait guère accumulé d'expérience au FCV Mayence 05. La direction, elle, n'avait pas douté de son choix. Elle avait suivi Klopp pendant des mois.

Anderlecht ne l'a pas fait avec René Weiler. Le Suisse semble plutôt être une opportunité du moment. En ce sens, son arrivée comporte un risque. Weiler est un fervent partisan de la discipline. Anderlecht en a besoin. Mais Besnik Hasi insistait beaucoup sur ce point quand il a succédé à John van den Brom. Pour retomber dans la complainte de ses prédécesseurs après quelques mois.

PAR JACQUES SYS

Sans Marouane Fellaini, les Diables augmentent leur bagage footballistique.

On a rempli des pages et des pages sur le sujet : Marc Wilmots avait-il oui ou non tenu compte de l'avis de ses joueurs en bouleversant l'équipe pour le match contre l'Irlande ? C'était devenu une affaire d'Etat, tant le débat faisait rage. Jusqu'à quelques minutes du match, dans la salle de presse de Bordeaux. Comme si tout tournait autour de ça. Le sélectionneur s'était présenté avec l'assurance qui le caractérise. Il avait clamé qu'il prenait seul ses décisions. Bien qu'il ne l'admettra jamais, Marc Wilmots a quand même dû être en proie au doute, la semaine dernière. Il n'a pas manqué d'éplucher les journaux et ça a dû le rendre nerveux. On peut se demander combien de temps un être humain, aussi blindé soit-il, peut supporter ça. Mais en fait, ces polémiques ne changent rien. Contre l'Irlande, après quelques remaniements, il y avait une équipe sur le terrain, une équipe qui combinait au lieu de procéder par longs ballons. Sans Marouane Fellaini et avec Axel Witsel dans une position plus avancée, on augmente manifestement le bagage footballistique de l'équipe. Contre une équipe qui érige une muraille défensive, il n'est pas évident d'insérer de la vitesse à la construction et les passes ont souvent manqué de précision, syncopant le jeu et empêchant de jouer en un temps. C'est la différence avec des équipes comme l'Espagne et l'Allemagne, notamment. Mais dès le premier but et l'ouverture d'espaces, on a revu le talent de cette équipe et on a de nouveau aimé les Diables Rouges. Ça ne peut pas engendrer d'euphorie. La réplique de l'Irlande était bien trop faible pour cela. On peut supposer que ce mercredi soir, la Suède ne va pas opposer beaucoup plus de résistance et que les Diables Rouges vont terminer à la deuxième place de leur poule. On spécule déjà : les huitièmes de finale contre la Hongrie ou le Portugal, les quarts de finale contre l'Angleterre à Lille et les demi-finales contre l'Espagne. Tout va très vite quand le résultat du match le plus récent constitue l'unique baromètre. Ce groupe affiche beaucoup d'assurance. Déjà avant le tournoi. Nul ne se satisferait de moins qu'une place en demi-finale. Il est donc étrange que ce noyau ait éprouvé tant de mal à accepter les critiques de la presse après sa défaite contre l'Italie. Il devrait être au-dessus de ça. Surtout compte tenu du langage ferme de Thibaut Courtois. Mais dans le courant de la semaine, il a changé de discours. De même que plusieurs autres joueurs se sont réfugiés dans le silence. Pour l'instant, cet EURO n'a pas encore fourni de grand spectacle. Sur le plan sportif, son élargissement à 24 participants, soit à peu près la moitié de l'Europe, est un échec de premier ordre. Certaines équipes sont tout au plus capables de défendre. Ça donne des matches ennuyeux, aussi parce que la plupart des vedettes, épuisées par une longue saison, ne montrent pas grand-chose. Un EURO doit être un festin, une publicité pour le produit football. Reste à espérer que ce soit le cas à partir des huitièmes de finale. Pour le reste, ce tournoi bat tous les records financiers. On s'attend à ce que l'UEFA en retire environ 1,9 milliard, soit une augmentation de 41 % par rapport à 2012. C'est bien mais ça ne doit pas se faire au détriment de la beauté du jeu. Pendant ce temps, à l'exception de Charleroi et d'Eupen, les clubs de D1 préparent la prochaine saison. Anderlecht a présenté un entraîneur surprenant, le Suisse René Weiler. Les grands noms avaient trop d'exigences. Mais leur refus en dit aussi long sur le statut écorné, sur la scène internationale, des Mauves. En soi, il est bon que des clubs aillent pêcher dans de nouveaux viviers et offrent une chance à d'autres talents. Quand le Borussia Dortmund avait engagé Jürgen Klopp, les doutes étaient nombreux car Klopp n'avait guère accumulé d'expérience au FCV Mayence 05. La direction, elle, n'avait pas douté de son choix. Elle avait suivi Klopp pendant des mois. Anderlecht ne l'a pas fait avec René Weiler. Le Suisse semble plutôt être une opportunité du moment. En ce sens, son arrivée comporte un risque. Weiler est un fervent partisan de la discipline. Anderlecht en a besoin. Mais Besnik Hasi insistait beaucoup sur ce point quand il a succédé à John van den Brom. Pour retomber dans la complainte de ses prédécesseurs après quelques mois. PAR JACQUES SYSSans Marouane Fellaini, les Diables augmentent leur bagage footballistique.