Paul Bistiaux, le secrétaire de l'Antwerp, était l'invité du Sportweek-end de la VRT, voici dix jours. Son interview aurait dû permettre de déceler les problèmes du plus vieux club de Belgique mais les réponses étaient plus laconiques les unes que les autres. C'est à peine si on ne nous disait pas que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et lorsque les questions se firent plus pointues, Bistiaux répliqua à FrankRaes, le journaliste, qu'il était un Kielse rat (un rat du Kiel), autrement dit un supporter du Beerschot, ce que Raes reconnut volontiers. Un journaliste sportif doit-il, comme en politique, annoncer sa couleur ?

Philippe Leruth (président de l'association professionnelle des journalistes) : " Il n'y a aucune obligation de le faire mais non plus aucune obligation de le taire : être supporter d'un club, cela relève du domaine privé. Ce qui compte, c'est le devoir d'objectivité du journaliste, le respect des faits. Quant au commentaire, il est libre. Mais les réponses telles celles de Paul Bistiaux permettent avant tout d'évacuer le caractère délicat de la question ".

Laurent Haulotte ( RTL-TVI) :" Nous sommes dans un cas de figure un peu particulier puisque nous nous occupons très peu de football national. Quoi qu'il en soit, nos journalistes travaillent de façon professionnelle et mettent leurs préférences personnelles de côté. C'est d'ailleurs le cas en politique aussi. Cela ne nous empêche évidemment pas d'avoir notre sensibilité mais je ne pense pas que les gens aient suffisamment de recul pour comprendre. La première année de la Ligue des Champions sur Club Foot, par exemple, nous suivions Anderlecht. Et bien, lorsqu'il allait au Standard, Serge Vermeiren devait essuyer des crachats...

Michel Lecomte ( RTBF) : " Compte tenu de la susceptibilité des supporters et de leur côté parfois excessif, je ne vois pas l'intérêt de révéler ses couleurs. Je suis d'ailleurs très surpris de voir comment les gens nous cataloguent parfois et j'essaye toujours de semer le doute par un peu de dérision. Des préférences, il y en a forcément mais le fait d'entrer dans le métier nous aide à nous dégager du côté passionnel. J'essaye aussi que l'ambiance reste sereine au sein de la rédaction. A une certaine époque, il y avait une rivalité entre le camp RogerLaboureur et le camp FrankBaudoncq. Chacun avait les photos de son club derrière son bureau et Laboureur avait écrit -Le pouvoir de l'argent au-dessus des photos d'Anderlecht. Cela ne favorise pas nécessairement l'esprit d'équipe ".

Roger Laboureur (ex- RTBF) : " Ce n'est pas moi qui avais accroché les photos du Standard derrière mon bureau. Mais il est vrai que, pour embêter Baudoncq, j'avais écrit cette phrase. Je suis à 100 % contre le fait d'annoncer sa couleur et je n'ai jamais eu d'ennui avec aucun dirigeant de club, ce qui prouve tout de même que j'étais objectif. Mais il est vrai que je n'arrive pas à me débarrasser de cette étiquette rouge, peut-être parce que j'ai longtemps été le seul Wallon au sein d'une rédaction bruxelloise. Aujourd'hui encore, il ne se passe pas un jour sans qu'on ne m'accoste en rue pour me parler du Standard ".

(P. Sintzen)

Paul Bistiaux, le secrétaire de l'Antwerp, était l'invité du Sportweek-end de la VRT, voici dix jours. Son interview aurait dû permettre de déceler les problèmes du plus vieux club de Belgique mais les réponses étaient plus laconiques les unes que les autres. C'est à peine si on ne nous disait pas que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et lorsque les questions se firent plus pointues, Bistiaux répliqua à FrankRaes, le journaliste, qu'il était un Kielse rat (un rat du Kiel), autrement dit un supporter du Beerschot, ce que Raes reconnut volontiers. Un journaliste sportif doit-il, comme en politique, annoncer sa couleur ? Philippe Leruth (président de l'association professionnelle des journalistes) : " Il n'y a aucune obligation de le faire mais non plus aucune obligation de le taire : être supporter d'un club, cela relève du domaine privé. Ce qui compte, c'est le devoir d'objectivité du journaliste, le respect des faits. Quant au commentaire, il est libre. Mais les réponses telles celles de Paul Bistiaux permettent avant tout d'évacuer le caractère délicat de la question ". Laurent Haulotte ( RTL-TVI) :" Nous sommes dans un cas de figure un peu particulier puisque nous nous occupons très peu de football national. Quoi qu'il en soit, nos journalistes travaillent de façon professionnelle et mettent leurs préférences personnelles de côté. C'est d'ailleurs le cas en politique aussi. Cela ne nous empêche évidemment pas d'avoir notre sensibilité mais je ne pense pas que les gens aient suffisamment de recul pour comprendre. La première année de la Ligue des Champions sur Club Foot, par exemple, nous suivions Anderlecht. Et bien, lorsqu'il allait au Standard, Serge Vermeiren devait essuyer des crachats... Michel Lecomte ( RTBF) : " Compte tenu de la susceptibilité des supporters et de leur côté parfois excessif, je ne vois pas l'intérêt de révéler ses couleurs. Je suis d'ailleurs très surpris de voir comment les gens nous cataloguent parfois et j'essaye toujours de semer le doute par un peu de dérision. Des préférences, il y en a forcément mais le fait d'entrer dans le métier nous aide à nous dégager du côté passionnel. J'essaye aussi que l'ambiance reste sereine au sein de la rédaction. A une certaine époque, il y avait une rivalité entre le camp RogerLaboureur et le camp FrankBaudoncq. Chacun avait les photos de son club derrière son bureau et Laboureur avait écrit -Le pouvoir de l'argent au-dessus des photos d'Anderlecht. Cela ne favorise pas nécessairement l'esprit d'équipe ". Roger Laboureur (ex- RTBF) : " Ce n'est pas moi qui avais accroché les photos du Standard derrière mon bureau. Mais il est vrai que, pour embêter Baudoncq, j'avais écrit cette phrase. Je suis à 100 % contre le fait d'annoncer sa couleur et je n'ai jamais eu d'ennui avec aucun dirigeant de club, ce qui prouve tout de même que j'étais objectif. Mais il est vrai que je n'arrive pas à me débarrasser de cette étiquette rouge, peut-être parce que j'ai longtemps été le seul Wallon au sein d'une rédaction bruxelloise. Aujourd'hui encore, il ne se passe pas un jour sans qu'on ne m'accoste en rue pour me parler du Standard ". (P. Sintzen)