Donné largement favori, le Standard n'en aura pas moins peiné pour venir à bout d'Anderlecht à la faveur du premier clasico de la saison. Ce n'est qu'in extremis, en effet, que Milan Jovanovic a porté le coup de grâce aux Mauve et Blanc suite à un temps d'hésitation de notre interviewé, Marcin Wasilewski.
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Donné largement favori, le Standard n'en aura pas moins peiné pour venir à bout d'Anderlecht à la faveur du premier clasico de la saison. Ce n'est qu'in extremis, en effet, que Milan Jovanovic a porté le coup de grâce aux Mauve et Blanc suite à un temps d'hésitation de notre interviewé, Marcin Wasilewski. Marcin Wasilewski : L'objectif consistait à ramener un point. A partir d'une bonne organisation, l'idée était de procéder par contres afin de mettre le Standard sous pression quand nous avions le ballon. Nous avons tenu le bon bout pendant 90 minutes. C'était hélas compter sans le temps additionnel, qui a permis à Jovanovic de donner la victoire aux Standardmen. Dommage, car nous étions vraiment proches du but. Tout à fait. Je plaide coupable car sur la déviation de la tête de Dieumerci Mbokani, je suis mal positionné par rapport au Serbe. Vu sa vitesse, j'aurais dû décrocher sur cette phase. De la sorte, je ne me serais pas fait berner. Je m'en veux car jusque-là, au même titre que mes partenaires, j'avais le sentiment d'avoir livré un bon match. Une erreur d'attention, ou plutôt de concentration, m'aura finalement été fatale. Ce n'est pas la première fois que cette mésaventure m'arrive. Ou nous arrive, car elle s'est déjà produite avec d'autres défenseurs aussi. Nous devons vraiment apprendre qu'un match se poursuit jusqu'au coup de sifflet final. Oui, bien sûr. Je suis concerné au premier degré par la défaite face aux Biélorusses au Parc Astrid. Tout porte à croire que sans mon exclusion, jamais cet adversaire ne se serait imposé chez nous. Ceci dit, on n'aurait probablement pas fait tant de cas de cette histoire si l'arbitre avait accordé un coup franc au lieu d'un penalty, entendu que la faute s'était quand même produite en dehors des 16 mètres. Je trouve aussi que mon exclusion était légère. Mais on ne refait pas le passé. C'est vrai, dans la mesure où je suis chaque fois impliqué dans l'action qui amène le but. Mais il ne faut quand même pas perdre de vue que celui-ci ne découle jamais que d'une seule erreur. Auparavant, il y a toujours l'un ou l'autre manquement. Si je prends en considération le goal victorieux du Standard, je peux dire que Mohamed Sarr n'a pas été gêné le moins du monde quand il a balancé sa longue balle à suivre vers l'avant. De même, Roland Juhasz a perdu son duel aérien face à Mbokani, avec les conséquences que l'on sait pour moi. Reste que tout s'équilibre. Si on peut me reprocher ce but de Jovanovic, on peut tout aussi bien dire aussi que j'étais impliqué dans notre goal, puisque c'est moi qui ai lancé Stanislav Vlcek avant qu'il n'alerte Oleksandr Iakovenko au deuxième poteau. Tout n'était pas si mauvais chez moi ( il rit). Idem concernant l'équipe, d'ailleurs. Beaucoup pensaient qu'on ne ferait pas le poids face au Standard. Nous avons prouvé le contraire. Par rapport au match de Supercoupe, où Anderlecht avait été battu 3-1 sans discussion, nous avons fait nettement meilleure figure. Les Standardmen, via Oguchi Onyewu, nous avaient fait mal sur les phases arrêtées. Il est vrai que ce soir-là quelques spécialistes du jeu de tête, tels Jelle Van Damme et moi, étions absents. Pour contrer les footballeurs locaux, l'entraîneur avait alors opté pour une défense en zone qui n'avait pas été très heureuse. A présent, c'est l'individuelle qui était en vigueur, puisque j'étais chargé de museler Igor de Camargo tandis que Van Damme s'occupait d'Onyewu, Juhasz de Mbokani et Olivier Deschacht de Jovanovic. Exception faite d'une occase de la tête, jamais les hommes de Laszlo Bölöni ne se sont montrés dangereux. Dans le jeu non plus ils ne nous ont guère inquiétés. Jonathan Legear et Vlcek ont bien bloqué les ailes, contraignant le Standard à user de transversales ou de services vers l'avant souvent peu précis. Un cran plus haut, Steven Defour et Axel Witsel étaient gênés par notre entrejeu. Tout était donc parfaitement cadenassé chez nous mais c'est le mérite des joueurs liégeois d'avoir inscrit deux buts sur les deux seules chances qu'ils ont eues. Et qui étaient autant de cadeaux de notre part puisque Van Damme a offert le premier but et moi le deuxième. Je préfère l'individuelle. Dans ce cas, chacun sait ce qu'il doit faire alors que dans l'autre cas de figure, tout est plus flou. Vendredi passé, mon rôle était de tenir de Camargo et on n'a pas vu le Brésilien sur corner. Mais j'ai eu un petit moment de flottement quand même quand il s'est fait remplacer par Benjamin Nicaise : devais-je le museler ou fallait-il que je m'occupe de Sarr ? Heureusement, ça n'a pas porté à conséquence. Quand nous bénéficions d'un corner ou d'un coup franc bien placé, je n'ai d'yeux que pour le ballon. Mon attention est alors entièrement focalisée sur lui. Par contre, quand je dois défendre sur ce même genre de phase, je dois avoir l'£il à la fois sur le ballon et l'adversaire. C'est beaucoup plus compliqué car il arrive souvent qu'un attaquant se dirige vers le premier piquet puis bifurque en pleine course. On perd alors automatiquement le ballon de vue et on arrive avec une fraction de retard. De bonnes et de moins bonnes choses. D'un côté, j'ai eu la chance de participer à la conquête d'un titre, d'Une Supercoupe et d'une Coupe en l'espace d'un an et demi à peine, ce qui n'est pas donné à tout le monde. D'un autre côté, je suis resté sur ma faim en Coupe d'Europe. L'année passée, c'était Fenerbahçe qui nous avait privés des poules de la Ligue des Champions mais nous nous étions rattrapés malgré tout en UEFA. Cette fois, par contre, c'est le néant. De manière plus personnelle, j'ai connu des fortunes diverses aussi. Mais j'ai réussi à conserver ma place dans le onze de base malgré la concurrence de Guillaume Gillet d'abord, puis de Nemanja Rnic. Mes propos ont été mal interprétés. J'ai dit que mon épouse avait des difficultés d'adaptation, c'est tout. Il n'a jamais été question de quitter la Belgique pour une autre destination. Depuis lors, Asia a trouvé son chemin ici. Elle a de toute façon de quoi s'occuper puisqu'elle a donné naissance à une petite Suzanna il y a quatre mois. Ce n'est donc pas le travail qui manque. La déception d'avoir échoué de peu mais aussi un certain soulagement. A force d'entendre dire que le Standard est bon et qu'Anderlecht ne vaut soi-disant rien, un petit doute s'était quand même installé dans les esprits. Je crois qu'on a su prouver à Sclessin qu'il faudra compter sur le Sporting cette année. A nous, en tout cas, il n'a pas dit ça. Et puis, avec l'histoire de mon épouse, j'ai appris qu'il ne fallait pas toujours croire ce qui est écrit dans les journaux ( il rit). par bruno govers- photos: reporters/gouverneur