"Nous n'avions plus vu ça depuis le Mondial 2006 ", se réjouit Bernd Hoffmann (47 ans), le président du Hamburger SV, en apercevant les 200 journalistes venus du monde entier pour assister à la présentation de Ruud van Nistelrooy (33 ans), transféré en janvier dernier du Real. Hoffmann est un patron comblé car il déborde d'ambition. Il veut rendre au HSV sa grandeur d'antan, personnifiée par le centre avant mythique Uwe Seeler qui ne joua que pour ce club dans sa carrière (de 1953 à 1972, avec 72 sélections pour l'Allemagne).
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"Nous n'avions plus vu ça depuis le Mondial 2006 ", se réjouit Bernd Hoffmann (47 ans), le président du Hamburger SV, en apercevant les 200 journalistes venus du monde entier pour assister à la présentation de Ruud van Nistelrooy (33 ans), transféré en janvier dernier du Real. Hoffmann est un patron comblé car il déborde d'ambition. Il veut rendre au HSV sa grandeur d'antan, personnifiée par le centre avant mythique Uwe Seeler qui ne joua que pour ce club dans sa carrière (de 1953 à 1972, avec 72 sélections pour l'Allemagne). Or, si le HSV est présent sur la scène européenne depuis cinq ans, sans discontinuer, et fait partie des premiers pelotons de Bundesliga, il n'arrache aucun trophée. Pire, alors qu'il évoluait en Ligue des Champions en 2006-2007, il a lutté contre la relégation en deuxième Bundesliga. Et l'été dernier, Dietmar Beiersdorfer, le manager sportif, a claqué la porte suite à une divergence de vues avec Hoffmann. Le HSV vient à peine de lui trouver un remplaçant, Urs Siegenthaler (62 ans), responsable du scouting au DFB. Chiper un de ses employés à la Fédération allemande, c'est aussi un joli coup,... même si le Suisse n'entrera en fonction qu'après le Mondial. En Allemagne, le HSV ne figure pas parmi les clubs les plus médiatisés, malgré ces jolis coups et la nomination à la vice-présidence d'une femme, Katja Kraus (39 ans, ancienne internationale allemande), ou un budget record de 146,7 millions (qui a doublé en l'espace de cinq ans et place le club à la onzième place mondiale). Bref, le club hanséatique reste coincé sur les rives de l'Elbe et a du mal à séduire l'Allemagne. Tout au plus Rafael van der Vaart et son épouse, Sylvie, avaient-ils gagné la sympathie du pays, avant leur départ pour l'Espagne. L'été dernier, le transfert de Zé Roberto (35 ans, ex-Bayern) a constitué un premier signal d'ambition à court terme. L'arrivée d'un avant de l'envergure de Van Nistelrooy, qui a brillé au PSV, à Manchester United et au Real Madrid, rend heureusement du panache au HSV. DavidJarolim (30 ans), le médian tchèque, commente : " Son transfert est un indice de notre statut. " Mladen Petric (29 ans), le partenaire d'attaque du Néerlandais, loue ses qualités sportives et humaines. Et si la presse allemande ne parle toujours pas beaucoup du HSV, Van Nistelrooy est omniprésent dans ses colonnes. Pourtant, sportivement, il n'a pas encore été à la hauteur de sa réputation, hormis deux buts contre le VfB Stuttgart (3-1), qui ont mis fin à la série de cinq victoires des Souabes. Ruud van Nistelrooy n'a joué qu'un seul match pour le Real depuis son opération au genou en novembre 2008. A son arrivée, il souffrait d'une déchirure au mollet et il y a deux semaines, une contracture tenace l'a privé de deux matches. La semaine dernière, il a préféré faire l'impasse sur sa sélection en équipe nationale des Pays-Bas. Pourquoi choisit-il Hambourg alors qu'il avait d'autres opportunités, en Angleterre et en Turquie ? Il s'en tire avec une pirouette : " Mon père m'a immédiatement dit : Hambourg, c'est Uwe Seeler. " En réalité, il veut jouer pour assurer sa sélection pour le Mondial et Van der Vaart l'a convaincu que le HSV était le bon choix. Le coach Bruno Labbadia (44 ans et Allemand malgré son nom) doit user de toute sa persuasion pour réfréner les ardeurs de son nouvel avant, alors même qu'il a besoin de cet homme de rectangle, de cette garantie de buts. " Je lui ai proposé un plan de reprise progressive. Même quand il ne joue qu'une demi-heure, il est décisif. Cependant, je n'adapterai pas mon style de jeu à son arrivée. Même s'il excelle dans le rectangle, j'attends de lui qu'il redescende et appelle le ballon. " Confronté à l'absence jusque fin mars de José Paolo Guerrero (26 ans), qui a l'habitude d'attaquer depuis la deuxième ligne mais achève sa revalidation au Pérou, l'entraîneur du HSV doit confier sa tâche à Van Nistelrooy, au Suédois Marcus Berg (23 ans) ou au Croate Mladen Petric. Mais si Berg fut excellent en Eredivisie et transféré pour 9,5 millions du FC Groningue, il n'a toujours pas le rythme de la Bundesliga et son rendement est faible. Il pourrait d'ailleurs faire les frais du retour en forme du Batave, malgré sa complémentarité avec un Petric qui était encore le meilleur buteur du HSV avec... six réalisations en championnat avant le week-end passé. Le HSV possède un noyau étoffé dont chaque élément peut être décisif. En début de saison, sa priorité allait à une qualification pour la Ligue des Champions. Il a entamé le championnat sur les chapeaux de roue, prenant 21 points en neuf matches, son meilleur début de tous les temps, puis Bruno Labbadia a été confronté à une cascade de blessures : Petric a souffert d'une déchirure, Zé Roberto a été opéré à la cheville et n'a effectué son retour que fin février, Guerrero s'est déchiré les ligaments croisés et d'autres joueurs ont également été confinés à l'infirmerie. La victoire contre Stuttgart a rendu espoir à des Hanséatiques dans le creux de la vague : jusque-là, ils n'avaient remporté que trois victoires en treize matches. Détaché du peloton qui lutte pour le titre, le HSV doit même surveiller ses arrières afin d'assurer sa qualification pour la prochaine Europa League, même si le président continue à parler du bal des champions. Le HSV développe un football dominant mais moins décidé depuis cette avalanche de blessures. " Il se crée beaucoup d'occasions mais marque peu ", explique SebastianWolff, un journaliste du Kicker. " Il encaisse aussi beaucoup de buts en fin de partie, soit à cause d'erreurs sur des phases arrêtées, soit par manque de concentration. Cela lui a coûté des points contre Schalke 04, le VfL Bochum, le Bayern, le Borussia Mönchengladbach, Hanovre 96 et le FSV Mainz 05, entre autres. " Le retour de Zé Roberto devant la défense va peut-être pallier ce problème. Devant, le HSV compte donc sur sa nouvelle idole, Van Nistelrooy, pour autant qu'il soit en bonne santé. Celui-ci assume parfaitement son statut et la pression qui pèse sur ses épaules, même s'il enrage de ne pouvoir jouer davantage . " Je me sens prêt à disputer l'intégralité d'un match mais l'entraîneur veut vraiment me ménager ", soupire celui qui, en 2000, avait surmonté avec un courage exemplaire une déchirure des ligaments croisés qui avait retardé d'un an son transfert à Manchester United. " Le HSV est aussi victime d'une vieille maladie ", note le journaliste Wolff : " Il perd sa résolution quand un match revêt une grande importance. Ainsi a-t-il été battu 1-0 à Dortmund alors qu'il avait l'occasion de rallier le peloton de tête en cas de succès. Il n'a pas su confirmer son succès face à Stuttgart non plus. "Anderlecht va-t-il affronter un grand malade ? Non, le tombeur du PSV aligne toujours plusieurs footballeurs capables de faire la différence. L'attaquant hollandais, Eljero Elia a marqué cinq buts et délivré sept assists en 21 matches. Marcell Jansen (24 ans), international allemand, s'épanouit depuis qu'il a quitté l'arrière gauche pour le flanc. Il raffole des espaces, des longs sprints suivis de passes précises. Il est l'auteur de cinq buts et de quatre assists en 15 matches, malgré le crédit de temps que son changement de position a requis. Quant à Zé Roberto, il présente le même bilan chiffré que Jansen, en 14 matches. La presse alémanique décrit un HSV à la peine en Bundesliga mais elle se réfère aux ambitions initiales du club et elle est d'un naturel très sévère. Après tout, Hambourg est quatrième, derrière le Bayern, Leverkusen et Schalke 04 mais devant d'autres grands noms, le Borussia Dortmund et le Werder Brême. Il dispute semaine après semaine des matches au rythme élevé, très serrés, parfois contre des adversaires surmotivés à l'idée d'affronter un Zé Roberto ou un Van Nistelrooy. Fred Rutten, l'entraîneur du PSV, a eu ces mots après son élimination face au HSV : " Il a plus de maturité que nous au plus haut niveau. Je n'incrimine pas l'arbitrage : nous nous sommes laissés piéger. Hambourg a été malin et très efficace. " A l'aller, Petric a poussé Manolev à la faute dans le rectangle. Résultat : penalty et but - le seul. A Eindhoven, le HSV a été battu 3-2. Rapidement mené 2-0 et malmené en première mi-temps, il est revenu à 2-1 sur une action géniale de Petric, il a résisté à la pression néerlandaise et même à dix contre dix, il n'a jamais perdu le fil de son jeu ni ses nerfs, contrairement à Salcido, qui a commis une faute sur Boateng dans le rectangle (l'histoire se répète), offrant à Trochowski un penalty que celui-ci a froidement converti. Hambourg s'est qualifié sans gloire mais avec efficacité. En se battant jusqu'à la dernière seconde de jeu... par pascale piérard - photos: reporters