Glasgow, ville de la Reine Mary. Glasgow, où il fait rarement vraiment froid. En cinq hivers passés au Celtic, Joos Valgaeren ne se souvient que d'une seule chute de neige importante... Mais où le soleil ne brille pas souvent et où le mercure dépasse rarement les 20 degrés. Glasgow, l'ancienne ville industrielle de l'ouest de l'Ecosse qui a économiquement beaucoup souffert mais qui semble entamer une seconde vie. Glasgow est devenu un lieu de fête, aisément accessible par des vols à bas prix, de tous les coins de l'Europe. Ceux qui aiment la musique et les sorties sont ici comme des coqs en pâte. Le centre est plein de vie, les pubs sont combles.
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Glasgow, ville de la Reine Mary. Glasgow, où il fait rarement vraiment froid. En cinq hivers passés au Celtic, Joos Valgaeren ne se souvient que d'une seule chute de neige importante... Mais où le soleil ne brille pas souvent et où le mercure dépasse rarement les 20 degrés. Glasgow, l'ancienne ville industrielle de l'ouest de l'Ecosse qui a économiquement beaucoup souffert mais qui semble entamer une seconde vie. Glasgow est devenu un lieu de fête, aisément accessible par des vols à bas prix, de tous les coins de l'Europe. Ceux qui aiment la musique et les sorties sont ici comme des coqs en pâte. Le centre est plein de vie, les pubs sont combles. C'est ici, dans cette ville de contrastes, avec, à l'est, des rues de maisons populaires quasi identiques en briques rouges et, de l'autre côté, des espaces résidentiels de luxe que Thomas Buffel (24 ans) va normalement passer les quatre années et demi à venir. Nous assistons à ses débuts pour les Glasgow Rangers, à domicile, contre un Dunfermline handicapé par de nombreux forfaits et qui n'est déjà pas une grande équipe. Après 21 journées, elle est huitième, à quatre points de la lanterne rouge. Les supporters des Rangers sont fidèles au poste. Ils sont plus de 48.000. Ici, un ticket coûte au moins 30 euros. C'est cher pour le travailleur moyen, même s'il sait faire preuve de créativité. Il achète un abonnement, peut ainsi assister aux matches qu'il veut et revend les autres via le site web du club. Alex McLeish, le manager, fait commencer Buffel. Logique, car notre compatriote est son transfert le plus onéreux : 3,5 millions d'euros. L'ancien joueur d'Aberdeen est à sa troisième saison à Ibrox et doit rendre un élan à l'équipe. Sa première saison a été fantastique : les Rangers ont réalisé le treble, même s'ils n'ont chipé le titre au Celtic qu'avec un seul but de différence. Ensuite, le club a eu moins de succès. Pas de Ligue des Champions cette année : pendant les qualifications, le CSKA Moscou a été trop fort. Plus de Cup non plus : au début du mois, les Rangers ont été éliminés par le Celtic sur leurs terrain en huitièmes de finale. Buffel n'avait pas joué tout le match, obtenu une occasion mais a tiré à côté. Le journal s'était déjà posé des questions à son sujet. Le Belge a-t-il assez de coffre pour réussir en Ecosse ? McLeish a volé au secours de son transfert, clamant qu'il était unfair de juger Buffel sur cette seule action. Pour marquer 32 buts en deux saisons à Feyenoord (2002-2004), il faut être un bon avant... Le terrain est mauvais, le rythme étonnamment bas. Ce match contre Dunfermline est déjà le 33e de la saison pour les Rangers. C'est une formalité. Un coup d'£il aux Rangers News nous apprend que Buffel est le 31e joueur aligné par les Bleu et Blanc. Le niveau n'est pas terrible, même si l'équipe locale prend l'avantage après six minutes. Le défenseur lituanien AndriusSkerla calcule mal son intervention destinée à intercepter Buffel et Steven Thompson, le partenaire d'attaque de Thomas, en profite. Le match est gagné car Dunfermline n'arrive pas dans les parages du gardien capitaine, Stefan Klos. Les Rangers ne montrent pas grand-chose, le public grogne, la radio parle d'un poor game. Buffel reste devant mais les longs ballons peu précis qu'on lui balance arrivent rarement à sa portée. La défense reste derrière et les lignes sont trop distantes. Pour les resserrer, l'ancien joueur de Feyenoord finit par reculer régulièrement dans l'entrejeu. Sa touche de balle lui permet de réaliser quelques ouvertures mais le Belge ne se crée pas de véritables occasions et sa condition lui joue des tours en deuxième mi-temps. Après 82 minutes, le manager McLeish le retire. Le score est de 3-0, le public en a assez et quitte le stade, après une version abrégée de God save the Queen. Buffel est satisfait de ses premières minutes de jeu à Ibrox : " L'essentiel était de gagner. L'équipe n'a sans doute pas livré son meilleur match, je pense que nous avons du mal à faire le jeu ". Il comprend que les combinaisons ne soient pas passées systématiquement par lui et maîtrise aussi l'art anglais de l' understatement. " Je ne suis ici que depuis une semaine. Je dois faire la connaissance de tout le monde. En principe, l'entraîneur m'avait permis de rôder autour de Thompson (l'avant de rechange, le Croate DadoPrso faisant banquette et l'Espagnol NachoNovoétant suspendu, alors que le premier a marqué 11 buts et le second 17, cette saison) mais les longs ballons n'étaient pas très précis. Je suis allé les chercher mais je manque encore de rythme et de condition. Cela viendra. L'ambiance est en tout cas chouette et j'ai l'impression que le groupe est soudé ". La semaine précédente, Buffel a surtout bavardé avec le Néerlandais FernandoRicksen. " Je vis provisoirement à l'hôtel et le premier jour, il est venu me chercher en voiture pour aller à l'entraînement. Il m'a présenté à tout le monde. Le soir, il m'a emmené dîner. Sur le plan des entraînements, l'entraîneur physique Jan Wouters accomplit un fameux travail. Il emploie des méthodes néerlandaises, ce qui me convient ". Ce transfert a-t-il été effectué compte tenu de l'équipe nationale ? " Oui. AiméAnthuenis m'a téléphoné. Il était content que j'aie plus de clarté ". Clarté oui, assurance, non. Buffel balaie l'argument selon lequel, de stature fine, il risque de peiner dans ce championnat rude : " Je veux accomplir un pas en avant dans ma carrière. Peut-être les autres équipes, hormis le Celtic, sont-elles un rien inférieures mais ce club est ambitieux et a chaque année l'occasion de participer à la Ligue des Champions. Ce sera plus facile qu'à Feyenoord. D'un autre côté, les championnats belge ou le néerlandais sont-ils vraiment plus forts ? Dunfermline était en tout cas plus solide que le RBC. Seul le climat est un peu embêtant mais le soleil ne brille pas toujours en Belgique non plus ". Deux heures après le match, un petit sprint sous une averse, jusqu'à l'hôtel. Buffel insiste encore sur le fait qu'il se sent vraiment bien ici, même s'il y vit seul pour l'instant : " Mon amie a donné son préavis mais elle a encore une série de choses à régler. Elle ne sera libre que dans un mois ". Le chien, lui, ne viendra qu'après l'été. " Je pensais qu'il pouvait maintenant nous accompagner mais il n'était pas en ordre de vaccination. Il faut attendre six mois ". Glasgow Rangers est un grand club, jusque dans les moindres détails : " Notre complexe d'entraînement est incroyable. Si un joueur ne peut s'y épanouir, il n'y parviendra nulle part ailleurs. Engins de musculation, grande salle avec du gazon artificiel, sauna, jacuzzi, bains à bulles dans les vestiaires, deux masseurs et deux kinés à temps plein, un médecin. On peut y déjeuner et y dîner, car le club estime important que les joueurs se soignent, y compris en matière de diététique. Tout est réglé dans les moindres détails ". L'entraîneur le suivait depuis longtemps, y compris en équipe nationale. Buffel : " Le club a même tenté de m'embaucher en juillet mais le prix était trop élevé. Comme j'ai moins joué à Feyenoord, mon prix a chuté en quelques mois et les Rangers ont pu faire une nouvelle offre. Comme elle était élevée, les autres clubs intéressés ont vite renoncé ". Malgré une dette assez importante, le club écossais a offert 3,5 millions d'euros pour les services de Buffel. " Cela prouve que l'entraîneur me voulait vraiment. Cette somme m'indique que je puis leur être utile ". Au Nouvel An déjà, il savait que c'était les Rangers et non Benfica ou Anderlecht. " Feyenoord a marqué son accord mais j'avais déjà pris des renseignements, y compris auprès de Joos. J'ai essayé de le contacter plusieurs fois mais il n'a jamais répondu ". Deux Ecossais l'abordent. Accepterait-il de poser pour la photo ? Buffel s'exécute. Encouragés, ils lui demandent pourquoi il a rejoint les Rangers. Il éclate de rire : " Tout le monde se pose la question... Beaucoup de joueurs ont progressé ici et évoluent maintenant dans de grands clubs étrangers. C'est mon ambition. BrianLaudrup, HenrikLarsson, GiovanniVan Bronckhorst, tous sont de bons techniciens qui ont joué en Ecosse. Si nous parvenons à mieux construire le jeu depuis l'arrière, tout ira bien. Je pense que chaque match nous offre des espaces, sauf les duels contre le Celtic. Cette équipe a besoin d'un football robuste car elle a des avants auxquels ça convient. Sinon, les tacles brutaux ne me font pas peur, pas plus que les duels car je joue aussi sur mon caractère. Pour toutes ces raisons, ma décision n'était pas si difficile à prendre ". Feyenoord ne lui a guère accordé de crédit mais il n'est pas amer. Ses sentiments ne sont même pas mitigés. " Pas le moins du monde. J'y ai travaillé avec plaisir pendant huit ans. Il est devenu mon deuxième foyer et j'y ai beaucoup d'amis mais un footballeur doit regarder de l'avant. Ces six derniers mois ne vont pas changer mon opinion. Les supporters n'ont pas oublié que j'ai marqué 32 buts. Chaque fois que je faisais banquette, ils scandaient mon nom. J'ai été déterminant à plusieurs reprises en fin de match et cela m'a empli de joie. Rien que pour ça, je n'ai pas envie de critiquer Feyenoord ". Il est fataliste : un entraîneur croit en vous ou non. " RuudGullit a effectué son choix et n'en a pas démordu, même quand ça allait moins bien. Un entraîneur est le décideur et donc le responsable final. Nous n'avions guère de contacts, restons-en là. Se lamenter n'aurait aucun sens, je dois poursuivre ma carrière. C'est ça qui compte. En fait, l'entraîneur pouvait m'utiliser à plusieurs postes mais il n'a pas modifié son point de vue. Conclusion : c'est de l'histoire ancienne. Quand un club comme les Rangers se manifeste, il est facile de franchir le cap. Vous savez, quand vous êtes bon, les clubs se manifestent, contrat ou pas ". Peter T'Kint, envoyé spécial à Glasgow" Quand LES RANGERS SE MANIFESTENT, il est facile de franchir le cap "