Si le PSV, champion en titre et détenteur de la Coupe, n'a pas de souci sur le terrain, il n'en manque pas en dehors. L'employeur de Timmy Simons a essuyé une perte de 11,3 millions durant l'année comptable 2004-2005. L'année précédente, il avait limité la perte à 5 millions, mais il y a deux ans, le PSV avait déjà perdu 15 millions. Le président Rob Westerhof s'avoue catastrophé. Pourtant, le PSV reste sur une excellente campagne en Ligue des Champions : il n'a été éliminé qu'en demi-finales, par l'AC Milan, et a récolté 15,6 millions d'euros bruts. C'est une des meilleures saisons de son histoire. Westerhof sait maintenant à quels problèmes son prédécesseur Harry van Raaij a été confronté quand le conseil des commissaires a tiré la sonnette d'alarme, début 2004. Pour résumer, le PSV dépense 50 millions d'euros alors que ses recettes ne s'élèvent qu'à 35 millions. Westerhof se démène pour trouver de nouvelles rentrées mais ce n'est pas évident : le PSV a déjà atteint son plafond en recettes, en sponsoring et en droits de retransmission.
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Si le PSV, champion en titre et détenteur de la Coupe, n'a pas de souci sur le terrain, il n'en manque pas en dehors. L'employeur de Timmy Simons a essuyé une perte de 11,3 millions durant l'année comptable 2004-2005. L'année précédente, il avait limité la perte à 5 millions, mais il y a deux ans, le PSV avait déjà perdu 15 millions. Le président Rob Westerhof s'avoue catastrophé. Pourtant, le PSV reste sur une excellente campagne en Ligue des Champions : il n'a été éliminé qu'en demi-finales, par l'AC Milan, et a récolté 15,6 millions d'euros bruts. C'est une des meilleures saisons de son histoire. Westerhof sait maintenant à quels problèmes son prédécesseur Harry van Raaij a été confronté quand le conseil des commissaires a tiré la sonnette d'alarme, début 2004. Pour résumer, le PSV dépense 50 millions d'euros alors que ses recettes ne s'élèvent qu'à 35 millions. Westerhof se démène pour trouver de nouvelles rentrées mais ce n'est pas évident : le PSV a déjà atteint son plafond en recettes, en sponsoring et en droits de retransmission. Westerhof a déjà fait part de son intention de conquérir le marché chinois et de développer plus d'activités dans le stade et dans ses environs. Il élabore un nouveau fonds des joueurs et proteste auprès du G14 et de l'UEFA contre la répartition des droits TV, qui défavorise les petites nations et est déterminée à l'avance. Le président a calculé qu'il est presque plus avantageux de terminer troisième de sa poule comme le Club Bruges et de poursuivre sa campagne en Coupe UEFA, où les clubs peuvent gérer eux-mêmes leurs droits TV. À titre de comparaison, Chelsea, éliminé la saison passée au même stade que le PSV, a touché 12,5 millions de plus, grâce à la disparité de la distribution de l'argent. Cinq joueurs clefs ont quitté le club l'été passé, parmi lesquels Mark van Bommel (Barcelone) et Johann Vogel (AC Milan), libres. Les transferts de Ji-SungPark, Young-Pyo Lee et Wilfred Bouma ont généré quelque 13 millions mais le PSV a dû en dépenser une bonne partie pour enrôler Mika Väyrynen (Heerenveen) et Arouna Koné (Roda JC). La construction du transfert de Koné illustra parfaitement la disette du PSV : le joueur a été loué pour une somme élevée parce que son transfert définitif coûte environ 9 millions. Le PSV est confronté aux frais énormes du stade Philips, qui lui coûte 11 millions par an. Rénové, il a obtenu l'organisation de la finale de la Coupe UEFA. Le club souhaite réduire le coût à quelque 5 millions en obtenant un emprunt à meilleur taux. Autre option : la vente du stade, mais elle reste à l'état de fantasme. Les Pays-Bas signent une belle saison en Coupes d'Europe. Le PSV et l'Ajax restent en lice en Ligue des Champions, ce qui est un fait unique. L'AZ, demi-finaliste la saison passée, et Heerenveen sont en Coupe UEFA. Nos voisins occupent donc la septième place du classement UEFA, à peu de distance du Portugal. Pour conquérir une place supplémentaire en Ligue des Champions, les Pays-Bas doivent espérer une élimination rapide de Benfica en Ligue des Champions. S'ils passent les Portugais, ils pourront inscrire à nouveau deux clubs directement en Ligue des Champions et un autre pour les tours préliminaires dès la saison 2007-2008. Le pays se défait progressivement de son étiquette de tout petit championnat. L'équipe nationale de Marco van Basten vit également des temps heureux. Elle s'est qualifiée pour le Mondial, dans une poule difficile, avec la Tchéquie et la Roumanie, entre autres, elle est troisième au classement FIFA et la sélection a pris un coup de jeune. L'ancien attaquant affirme sa préférence pour des joueurs courageux et les jeunes comme Ron Vlaar, Ryan Babel ou Hedwiges Maduro plutôt que des vedettes saturées style Patrick Kluivert ou Clarence Seedorf. Les grands clubs néerlandais suivent son exemple. Guus Hiddink a lancé Ismail Assaiti et Ibrahim Afellay au PSV, Erwin Koeman a offert leur chance à Jonathan de Guzman et DiegoBiseswar à Feyenoord. L'Ajax n'a pas de leaders ni de buteur spécifique mais Danny Blind donne l'occasion de jouer à des gamins du cru comme Maarten Stekelenburg, Urby Emanuelson, Wesley Sneijder, Ryan Babel, Hedwiges Maduro, Nigel de Jong et John Heitinga, dans une moindre mesure. Semaine après semaine, l'AZ aligne 8 Néerlandais. Marco van Basten peut donc puiser dans un large éventail de joueurs de la D1. Les Espoirs se sont qualifiés pour l'EURO sous la direction de Foppe de Haan, qui s'appuie sur des années d'expérience à Heerenveen, réputé pour la formation des jeunes. Lors du Mondial des -20 ans, organisé par les Pays-Bas l'année dernière, les amateurs de football ont pu constater que l'avenir était assuré avec des jeunes comme Quincy Owusu-Abeyie (Arsenal) et Tim Vincken (Feyenoord). Henk Kesler, le directeur du football rémunéré, a donc pu présenter un show de bonnes nouvelles : le succès des équipes nationales, moins de problèmes de sécurité dans les stades et une grande chance que le monde politique cesse d'envoyer l'addition des frais de sécurité. On attend avec impatience les playoffs de fin de saison. Comme dans les sports professionnels américains, les 8 premiers vont se départager les prix. Le football batave espère ainsi aviver le suspense. Revers de la médaille, le championnat régulier perd de sa valeur. Le PSV, Feyenoord et l'AZ s'y livrent à une lutte farouche alors que l'Ajax paie le tribut d'années de mauvaise gestion. Suite à de multiples erreurs de transferts, le nouveau directeur technique, Martin van Geel, va devoir donner du balai dans la sélection actuelle pour la rééquilibrer. En plus, Maxwell, Steven Pienaar, Hatem Trabelsi et Nigel de Jong, en fin de contrat, vont probablement quitter le club au terme de la saison. L'AZ a ce qui fait défaut à l'Ajax : équilibre et expérience. Il applique mieux que l'Ajax le sacro-saint 4-3-3, le premier club d'Amsterdam se contenant du 4-4-2 et du contre. Ce n'est évidemment pas étonnant quand on sait que Louis van Gaal entraîne l'AZ. L'ancien sélectionneur continue sur la lancée de son ami Co Adriaanse et doit veiller à ce que l'équipe ne connaisse pas son traditionnel passage à vide à la reprise. La sélection ayant été améliorée, il ne devrait pas éprouver de mal à la maintenir en forme. Seul Jan Kromkamp a quitté l'équipe de la saison passée. L'AZ continue donc à talonner les candidats au titre. Son budget est limité (16 millions) mais son rendement maximal, avec des joueurs inconnus ( Demy de Zeeuw, Kenneth Perez) et des internationaux ( Barry Opdam et Joris Mathijsen) ainsi qu'un transfert particulièrement réussi ( Shota Arveladze). L'AZ continue donc à harceler le Top 3 traditionnel. FRÉDÉRIC VAN HEULE