Sclessin continue à panser ses plaies. Le 2-0 reçu à Anderlecht restera dans les annales, sauf si le championnat bascule une nouvelle fois au cours des deux dernières journées ; bref, si le verdict est finalement favorable au Standard. Les Rouches ont quitté Anderlecht avec une tête de chien battu. Les habituels gais lurons du groupe étaient conscients de la gravité du moment. Siramana Dembele (29 ans), qui venait de disputer son premier clasico à la sauce belge, pestait comme tous ses potes : " Si Anderlecht remporte le titre, on pourra dire que le Standard a raté un grand rendez-vous avec l'Histoire ".
...

Sclessin continue à panser ses plaies. Le 2-0 reçu à Anderlecht restera dans les annales, sauf si le championnat bascule une nouvelle fois au cours des deux dernières journées ; bref, si le verdict est finalement favorable au Standard. Les Rouches ont quitté Anderlecht avec une tête de chien battu. Les habituels gais lurons du groupe étaient conscients de la gravité du moment. Siramana Dembele (29 ans), qui venait de disputer son premier clasico à la sauce belge, pestait comme tous ses potes : " Si Anderlecht remporte le titre, on pourra dire que le Standard a raté un grand rendez-vous avec l'Histoire ". Arrivé de Setubal (D1 portugaise) en janvier dernier, Dembele est un des cracks du deuxième tour. Il n'a raté qu'un seul match alors qu'il était inconnu à son arrivée et qu'il n'avait encore jamais connu mieux que la D3 française il y a un an. Il était censé remplacer Mathieu Assou-Ekotto, parti à Willem II, et a directement répondu à l'attente. Retour, lettre par lettre, sur une intégration hyper rapide. " Etre battu sans avoir l'impression d'avoir démontré son potentiel, c'est frustrant. On peut poser plein de questions, les journalistes ne s'en privent d'ailleurs pas. Tout le monde se demande pourquoi nous n'avons pas mieux géré ce choc. Aucune idée. Rien n'a marché. Nous étions parfaitement sereins en début de match, bien en place. Le penalty raté de Pär Zetterberg nous a encore confortés dans l'idée que ça pouvait marcher pour nous. Puis, il y a eu ce premier but. Le tournant de la soirée. C'était fini pour nous. Le Standard a ensuite déçu tout le monde. Nous n'avons pas tenu notre rang. Nous avions banni le mot " défaite " de notre vocabulaire mais il nous est subitement revenu en pleine figure. Nous avons décidé de tourner rapidement la page, de nous concentrer directement sur le déplacement à Roulers. Tant qu'il y a un espoir mathématique de gagner le championnat, il faut s'y accrocher. Ce n'est pas fini ". " Après autant d'années sans titre de champion, le public du Standard est excité à fond en voyant un Standard qui se bagarre pour les lauriers toute la saison. J'ai découvert la Cité ardente, une ville où ça brûle tous les jours depuis mon arrivée. J'aime ça. Et je remarque qu'une complicité naît doucement entre les supporters et moi. Je me remets en tête ce que je vivais autrefois. J'ai été abonné pendant six ans au PSG et je ne rêvais que d'une chose : avoir des contacts avec les joueurs, mes idoles. Aujourd'hui, quand j'ai l'occasion de transmettre un peu de ma joie de vivre à des fans du Standard, je ne m'en prive pas car je me transpose quelques années en arrière et je suis conscient du bien que ça peut leur faire. Dans les bureaux aussi, on sent une impatience insupportable. Evidemment, les dirigeants sont moins directs avec nous que les supporters. Ils ne peuvent pas se permettre de nous dire que nous devons absolument être champions car cela pourrait nous tétaniser. Ils nous font passer leur message autrement. Avec des phrases du style : -Ne lâchez surtout pas si près du but, ce serait trop bête. Ou : -Encore deux coups de collier et ça doit marcher. Michel Preud'homme connaît la musique, il sait que ce serait une erreur de nous mettre une pression trop forte, trop visible, trop directe ". " Sérgio Conceiçao n'est pas un rebelle mais un maestro ! Son Soulier d'Or résume parfaitement la situation. Il n'était pas apprécié uniquement au Standard mais dans toute la Belgique. On reconnaît ses mérites ici comme on l'a fait avant au Portugal et en Italie. Le lendemain de son exclusion contre Zulte Waregem, Sérgio s'est excusé devant les joueurs et nous étions mal à l'aise. Pourquoi devait-il se mettre à genoux devant nous alors que nous ne l'avions pas félicité chaque fois qu'il nous avait fait gagner un match ? Il a fait une erreur ce soir-là, mais tous les joueurs en font, les dirigeants et les arbitres aussi. Nous avons eu peur quand on a parlé d'une possible suspension de plusieurs années. Et soulagés en apprenant le verdict. Dès la troisième journée de la saison prochaine, il sera de nouveau dans l'équipe comme capitaine. Il est toujours aussi concerné que quand il était dans l'équipe. Sa rage de vaincre à l'entraînement est toujours aussi spectaculaire, il nous titille, continue à nous inculquer son allergie à la défaite. Il vient dans le vestiaire avant les matches et à la mi-temps, il nous remonte, donne des consignes. Sa tête est toujours dans le 11 de base ". " Dès que je suis arrivé ici, on m'a parlé de Mathieu. Je le connaissais un peu quand il jouait en France et je garde le souvenir d'un gars qui savait jouer au foot, qui ne se contentait pas de défendre. On m'a demandé de ne pas trop m'aventurer devant, de jouer en pare-chocs de la défense. Je ne suis pas venu pour remplacer Assou-Ekotto poste pour poste ou pour faire exactement ce qu'il faisait. Je suis venu ici avec ma personnalité, mes qualités et mes défauts ". " L'équilibre dans notre ligne médiane est intéressant. Il y a quatre patrons dans cette zone, comme il y en a un dans le but, quatre en défense et deux en attaque... Dans cette équipe, chacun est patron dans sa zone. Quand Conceiçao jouait, il se mettait au-dessus de la mêlée par son aura, sa personnalité, son charisme. Il était craint et respecté, tranchait quand c'était nécessaire, écoutait et déléguait. Depuis qu'il est absent, ces responsabilités reposent sur les épaules de tous. Et les rôles dans l'entrejeu sont très bien distribués et appliqués. Je reste devant le défense, je mets les pieds dans le cambouis de la première à la dernière minute, je ferme les angles, je sers de relais entre la défense et la ligne médiane, j'équilibre l'ensemble. Karel Geraerts est sur la même ligne que moi au départ mais lui, il peut monter, privilégier le jeu sans ballon, percer la défense adverse. A gauche, Milan Rapaic se concentre à la fois sur son jeu défensif et l'alimentation des attaquants par des centres extrêmement précis. A droite, AlmaniMoreira mise plus sur ses qualités de dribbleur pour faire la différence. Nos qualités, fort différentes, donnent de la variété au jeu de l'équipe en zone médiane. Ce fut souvent déterminant ". " Je n'entrerai pas dans le débat d'un arbitrage globalement défavorable au Standard. J'ai toujours cru en l'intégrité totale des arbitres. Ils sont critiqués alors qu'ils méritent avant tout d'être protégés et servis par de meilleures conditions de travail. Finalement, on les lâche au milieu d'un truc très compliqué... Ce serait plus chouette s'ils étaient tous aussi souriants et accessibles que Jérôme Efong Nzolo, mais ce n'est pas indispensable non plus. Je comprends parfaitement ceux qui dressent un mur entre les joueurs et eux. C'est une manière de se protéger, de marquer leur territoire, de montrer qui est le patron ". " Plusieurs joueurs du noyau pourraient profiter du fait qu'ils peuvent converser en italien, en portugais ou en serbo-croate, et ainsi éviter l'effort d'apprendre le français. Mais personne ne tombe dans cette facilité. Chaque gars est capable de se débrouiller en français, comme s'il voulait montrer son respect envers un club, une langue, une région. Le discours tactique de l'entraîneur se fait à 90 % en français. Il utilise seulement quelques mots d'italien et Stéphane Demol manie un peu de portugais quand il est nécessaire d'être très pointu. C'est un beau résultat quand on fait le compte des pays représentés dans notre groupe : Belgique, France, Croatie, Brésil, Etats-Unis, Sénégal, Portugal, Ukraine, etc ". " Deux cartes jaunes en 13 matches complets pour un médian défensif, c'est une statistique. Je suis conscient de mes défauts, alors je m'adapte. Je suis petit et j'essaye de compenser par une bonne lecture du jeu et peu de fautes dans les zones décisives. Faire des fautes inutiles, c'est augmenter le risque de cartes jaunes et rouges, et de coups francs dangereux. J'y pense en permanence et ça me réussit. Je sais que je dois être parfaitement au point sur le plan physique pour anticiper un maximum de ballons. Et je ne m'aventure pas dans des petits jeux où je n'aurais aucune chance : les duels de la tête par exemple. Je laisse ça aux aux deux grands gabarits qui jouent dans ma zone : Jorge Costa et Oguchi Onyewu. Dès qu'il y a un ballon à prendre de la tête, ils vont à l'abordage, et moi, je me mets tout près d'eux puis j'en profite avec mes petites jambes pour piquer la balle quand elle retombe, puis relancer ! Mon truc, c'est le jeu au sol ". " Je suis très satisfait de mon bilan personnel. Je n'ai raté qu'un seul match depuis mon démarrage en janvier : contre Zulte Waregem. Chaque fois que je me suis retrouvé dans le 11 de base, j'ai aussi joué le match complet. Dès mon arrivée, je m'étais préparé à fond pour être directement dans le coup, mais c'est quand même une surprise d'avoir joué autant. Si le Standard décroche le titre, je pourrai me considérer comme un champion à part entière. Même en n'ayant joué qu'un demi-championnat ". " La tache sombre de ma demi-saison, c'est l'élimination en Coupe contre Zulte Waregem. Nous avons fait un match plus que correct chez eux, mais nous avons payé au prix fort les quelques petites absences du match chez nous. Mais ce n'est pas une honte d'être éliminé en demi-finale, même contre une équipe de semi-pros. Zulte a le niveau et l'a suffisamment prouvé. Certains diront que la Coupe nous a coûté cher, que ça ne valait pas la peine de consentir autant d'efforts contre Gand et de perdre Igor De Camargo dans ce match. Mais ce Standard-ci ne choisit pas ses matches : c'est un noyau de compétiteurs, de vrais ". " Posséder la meilleure défense de D1, ça ne veut pas seulement dire que notre ligne arrière est au-dessus du lot. Bien sûr, elle a une sacrée allure, avec tous des gars hyper expérimentés et intelligents. Notre défense, c'est... un beau mariage. Pour surprendre un de ces gars-là en situation d'un contre un, il faut se lever tôt. Mais j'insiste sur le fait que toute l'équipe abat un boulot défensif extraordinaire. Il faut voir Mémé Tchite se démener comme un beau diable pour chasser des ballons impossibles et empêcher l'adversaire de relancer. Sérgio, Milan, Christian Negouai et tous les autres mettent aussi les pieds dans le cambouis ". " Les commentaires ont été presque unanimes après la blessure d'Igor et la suspension de Sérgio, il ne fallait plus rêver du titre. Moi, je constate que tous les remplaçants ont répondu présent. L'absence de pions clés n'a jamais été frappante sur le terrain. Ce n'est pas une équipe mais tout un groupe qui démontre sa compétitivité et son envie de gagner ". " Un titre de champion, c'est ce qui manque à Dominique D'Onofrio pour qu'on arrête enfin de dire qu'il est pistonné. Qu'est-ce que ça doit être frustrant pour lui ! Il ne nous montre jamais son agacement sur cette question, mais je devine que c'est dur à vivre. Citez-moi un seul entraîneur devenu champion national par hasard ou par accident. Ça n'existe pas. Réussir quatre ou cinq matches explosifs dans une même saison, ça peut arriver à n'importe quelle équipe. Mais quand on termine le championnat à la première place, ça veut dire qu'on a été régulier, ambitieux, performant, etc. Quand une équipe rate son parcours, on dit facilement que c'est la faute de l'entraîneur. Nous avons l'occasion de retourner la situation : si le Standard est champion, il faudra bien signaler que le mérite de Dominique D'Onofrio aura été immense ". " Tout le monde rêve de la Ligue des Champions. Tout le monde ! Jorge Costa l'a jouée plusieurs fois et gagnée, mais quand il évoque une présence du Standard dans cette compétition, ses yeux pétillent. C'est la magie à l'état pur. Rien qu'à entendre l'hymne qui précède les matches, j'ai envie d'y être. Nous ne pouvons pas nous contenter de viser les tours préliminaires, via la deuxième place en championnat : tomber sur un crack anglais ou italien après avoir fait autant d'efforts pendant un an, ce serait rageant. Si nous y allons directement, je suppose qu'on nous reprochera de profiter du coefficient alimenté par Bruges et Anderlecht, d'être le premier club belge de l'histoire à accéder aux poules sans passer par les tours préliminaires, grâce aux résultats des deux équipes qui ont collectionné les titres belges au cours des dernières années. Cela ne me dérange pas. Les Brésiliens ont pris une raclée contre la France en finale de la Coupe du Monde au moment où ils étaient les patrons incontestables du foot mondial : c'est la vie, il faut simplement pouvoir être là au bon moment, prendre les trophées quand ils se présentent ". " Je n'ai encore jamais eu l'occasion de choisir entre la France et la Côte d'Ivoire, mais si la possibilité se présentait, je n'hésiterais pas : je foncerais pour la Côte d'Ivoire. Pour mes parents, ce serait une fierté phénoménale. Ils sont venus en France pour offrir une meilleure éducation à leurs enfants, mais leurs racines et leurs attaches sont toujours au pays. Pour le moment, je ne fais pas du tout partie des priorités de la Fédération ivoirienne. Je ne suis même pas sûr qu'un titre avec le Standard y changerait quelque chose. Il y trois costauds au poste où je joue : Didier Zokora (Saint-Etienne), Yaya Touré (Olympiakos) et Emerse Faé (Nantes). Le choix du sélectionneur est tout à fait logique ". Siramana Dembele est né le 27 janvier 1977 à Paris FRA Double nationalité franco-ivoirienne 1m70, 70 kg Clubs 1998-2002 Les Lilas FRA - CFA 2002-2003 Alès FRA - National 2003-2004 Cannes FRA - National 2004-2005 Nîmes FRA - National 2005-déc 2005 Setubal POR - D1 Depuis jan 2005 Standard 13mPIERRE DANVOYE