Cossu, le beau bureau d'Abbas Bayat est situé près de l'Abbaye du Bois de la Cambre à Ixelles. Un drapeau du Sporting de Charleroi symbolise sa présence à la tête du vieux club qui soufflera ses 100 bougies en 2004. Un bail marqué, ces derniers temps, par de graves problèmes : trésorerie en loques, recherche de nouveaux investisseurs, avenir assez incertain, rentrée dans le jeu de Jean-Claude Van Cauwenberghe, saga libyenne, rendez-vous au Tribunal de Commerce, voyage en Italie afin de décrocher des fonds auprès de la Lafico de Saadi Kadhafi, etc. Quand il débarqua au c£ur du Pays Noir, en 2000, Abbas Bayat avait des rêves en tête, pas des cauchemars. Trois ans plus tard, il a vendu ses eaux minérales à Coca-Cola mais reste présent sur le marché des soft drinks. Le front de l'homme d'affaires s'est un peu ridé. Le regard reste sympa mais on devine très facilement qu'il a pris des coups dans le monde du football.
...

Cossu, le beau bureau d'Abbas Bayat est situé près de l'Abbaye du Bois de la Cambre à Ixelles. Un drapeau du Sporting de Charleroi symbolise sa présence à la tête du vieux club qui soufflera ses 100 bougies en 2004. Un bail marqué, ces derniers temps, par de graves problèmes : trésorerie en loques, recherche de nouveaux investisseurs, avenir assez incertain, rentrée dans le jeu de Jean-Claude Van Cauwenberghe, saga libyenne, rendez-vous au Tribunal de Commerce, voyage en Italie afin de décrocher des fonds auprès de la Lafico de Saadi Kadhafi, etc. Quand il débarqua au c£ur du Pays Noir, en 2000, Abbas Bayat avait des rêves en tête, pas des cauchemars. Trois ans plus tard, il a vendu ses eaux minérales à Coca-Cola mais reste présent sur le marché des soft drinks. Le front de l'homme d'affaires s'est un peu ridé. Le regard reste sympa mais on devine très facilement qu'il a pris des coups dans le monde du football. Abbas Bayat : Je me souviens de ce match qui a bien fixé les potentialités populaires de ce club. Elles sont énormes et le problème est que nous ne sommes plus parvenus à mobiliser les foules autour de nous. Nous avons commis des erreurs dans le recrutement et le payement des contrat des joueurs, domaines que j'avais confiés à Enzo Scifo et Lucien Gallinella. Je ne les accuse pas. C'était un autre monde. Les clubs belges ont été surpris par l'effondrement de la cote financière des joueurs, la crise des télés dans de grands pays où des empires médiatiques se sont écroulés en même temps que leur cote à la Bourse. Il y a trois ans, les joueurs recevaient partout des contrats plus intéressants que des cadres supérieurs. Nous n'avons pas été trop généreux : le marché était ainsi fait. Les clubs essayent désormais de boucher les trous, de se défaire de leurs gros contrats, engagent des joueurs libres et misent sur leurs jeunes. Je suis ouvert à tous et à tout, j'aimerais que d'autres se joignent à moi. J'ai envie que d'autres s'investissent à Charleroi. A eux, surtout s'ils sont de la région, de prouver que leur confiance à l'égard des Zèbres est aussi forte que la mienne. Les discussions sont loin d'être closes. Si quelqu'un vient avec assez d'argent, il peut prendre le contrôle du club. Oui, évidemment. Oui. A la Bourse, les cotations ont souvent chuté de moitié ou d'un tiers. Nous ne sommes pas cotés mais la dépréciation peut être identique. Il ne faut pas oublier que le capital du départ, avancé par Chaudfontaine, a servi en partie à apurer des dettes historiques du club. Pour le reste, les discussions sont privées et confidentielles, je l'espère, et la conclusion sera révélée en temps utile. Je suis favorable à tout effort ou entrée dans le capital si cela m'aide à assurer la pérennité du club. Cela a toujours été mon ambition. Si quelqu'un nous apporte plus de moyens, je collaborerai. Dans un contexte intéressant, je ne chercherai pas à conserver le pouvoir. Etre président ou pas, ça ne n'intéresse pas. Je n'aime pas être à la une des médias, vous le savez. Il n'y pas de tactique dans tout cela : si les solutions proposées pour le moyen et le long terme sont valables, ça ira. Oui. Comme tous les clubs. C'est sérieux pour tout le monde mais Charleroi n'a pas que des soucis. C'est dur mais nous équilibrerons le budget cette saison (quatre millions d'euros) et le but est même de dégager un bénéfice pour réduire la dette. Le football est dans le creux mais il en sortira. Tout est cyclique et il y aura encore de très beaux jours, c'est certain. Il faudra peut-être deux ou trois ans avant de stabiliser les choses. L'équilibre sera bientôt de mise. Le football pro n'est pas condamné en Belgique. La réalité économique génère un nettoyage. La D1 subira peut-être une cure d'amaigrissement mais Charleroi est une des plus grandes villes belges et détient la cinquième moyenne du nombre de spectateurs. Ce sont des atouts importants. Aux Etats-Unis, le sport professionnel est rentable. Il répond à un besoin commercial et à l'attente du public. Peut-être, on discute. Aucune décision n'a été prise, aucun accord n'a été signé. Une part pour 25.000 euros, ce n'est qu'un des dix points à aborder, et à résoudre, avant de trouver une solution. On discute dans l'espoir d'aboutir à un accord. Non, je ne suis pas obligé mais je cherche des solutions pour le club et qui conviennent à mes actionnaires. Le climat n'est actuellement pas favorable aux investissements dans le monde des affaires. Tout le monde se méfie. Les banques aussi. Avec ce qui s'est passé sur les places boursières internationales, de grandes compagnies d'assurances, par exemple, ont perdu d'immenses capitaux dans leurs placements. Il y a eu des réactions en chaînes et tous les secteurs de la vie économique, dont le football, sont concernés. Tout le monde souffre, de Vivendi aux petits porteurs, et il n'est pas facile de trouver un investisseur. L'épargne est importante, certainement en Belgique, mais l'argent est placé calmement, malgré des taux d'intérêt très bas, car beaucoup veulent se refaire une réserve. Coca-Cola a signé un accord de sponsoring avec Charleroi mais cela n'ira pas plus loin car une telle société ne s'investit pas dans le quotidien d'un club comme Charleroi. Le football, c'est du business, certes, mais son rôle social est important et une représentation régionale dans le capital peut accentuer cet aspect des choses. Je travaille dans une ambiance sereine avec Jean-Claude Van Cauwenberghe. Je ne mets pas la pression sur ceux qu'ils représentent, ils ne mettent pas la pression sur moi. En ce qui concerne la notoriété, ma réponse est de toute évidence positive. Mais il n'en est pas de même en ce qui concerne l'aspect financier. En fait, Chaudfontaine, marque belge, s'est comporté comme un bon citoyen belge. D'autres sociétés wallonnes devraient imiter cet exemple et faire des efforts de sponsoring en faveur de leur région. Le football est et restera un fabuleux vecteur de communication. J'ai identifié Chaudfontaine aux jeunes car j'ai toujours estimé que j'avais, en plus de mes obligations d'homme d'affaires, un rôle social à respecter. Tous ceux qui s'engagent dans le football savent que c'est important. A d'autres de rendre service à leur région. Je ne pense pas que j'ai envie de le faire. J'ai assez investi dans le football. Il est temps que d'autres joignent le geste à la parole. Environ cinq millions d'euros, en injectant des liquidités, sans compter le prêt de 2,5 millions d'euros garanti en premier rang. J'ai fait mon devoir. Pourquoi pas ? Mais c'est une hypothèse et je ne peux m'avancer que sur du concret. Et quand on dit " si ", ce n'est pas concret. On verra, certainement si une nouvelle majorité se dégage. Non, non... Non, l'aspect social le préoccupe. C'est un homme qui a du poids à tous les niveaux et il est obligé de faire des choses pour le club : c'est bien. Je le rejoins dans cette préoccupation : je suis un homme d'affaires, je dois gagner de l'argent mais il n'y a pas que cela. Si l'obsession de l'argent ne permet pas à un club de remplir son rôle social, c'est insuffisant. Il faut trouver son équilibre par rapport à ces deux obligations et ce n'est pas facile. Nous sommes en négociations avec notre dernier sponsor, Net Net, et nous espérons trouver un nouveau terrain d'entente. Pas grand-chose. Je n'ai vu personne de ce pays. J'ai été approché par des personnes évoquant une possibilité menant à la Lafico et à Saadi Kadhafi. Oui, j'ai rencontré Nicolas Dewalque et les frères El Moutaani. J'ai trouvé un accord avec le Ministre-Président de la Région Wallonne : il gère ce dossier mais je n'ai aucun contact libyen. Le monde du football est confus, pas sain. Tout le monde se mêle de tout et des opportunistes essayent de prendre leur commission au passage. Il y a pas mal de pertes d'efficacité, et d'argent, suite à l'implication des agents, etc. Dans les gros transferts, comme celui de Beckham, beaucoup de gens ont gagné pas mal d'argent. Il y a énormément de capitaux dans le monde du football. S'il y a du concret, ce sera positif. Mais ce n'est pas la peine de parler dans le vide. Attendons la suite des événements. Je suis un passionné. Je suis un supporter. Je me suis promis de mieux me contrôler cette saison. Le dossier de la Bourse est gênant mais on ne peut pas nous reprocher de chercher de l'argent partout. A la Ligue Pro, je me suis battu et les droits de télé ont été revus à la hausse alors que les télés tentaient d'imposer une baisse. Il y avait même moyen d'obtenir plus, certainement dans le chef de Canal +. Le foot est vital pour cette chaîne qui fait des bonnes affaires en Belgique. Mais Canal + est trop généreux dans les grands pays et les petits championnats payent la note. Je crois toujours qu'une télé privée aurait généré de très gros revenus. Mais, maintenant, je préfère me concentrer sur les dossiers de Charleroi. Non, je suis le président, je dirige et j'ai mis des cellules en place. Je suis satisfait du travail de l'entité sportive (Dante Brogno, Raymond Mommens, Mogi Bayat), de l'équipe administrative (Pierre-Yves Hendrikx) et du service commercial de Jean-Jacques Cloquet. Quand cela ne tourne pas comme prévu, il y a des tensions. Tout le monde exige sa part de lauriers mais personne ne veut de reproches. C'est une bonne structure... Non. Mandaric vient de propulser Portsmouth en Premier League, c'est évidemment magnifique. Il va hériter de 20 millions d'euros rien que pour les droits de télévision alors que les contrats des joueurs sont revus à la baisse. J'adore le football anglais et nous devons avoir le même modèle de Ligue Pro : solide, moderne, riche en idées. Pour les hommes d'affaires, l'Angleterre, c'est le paradis, mais la D1 belge aussi. L'objectif suprême pour le prestige et les finances, c'est la Ligue des Champions. Il est plus facile de l'atteindre via la Belgique que l'Angleterre. " J'ai assez investi dans le football. Il est temps que d'autres joignent le geste à la parole "