En calligraphie chinoise, le caractère qui signifie crise est une combinaison des signes danger et chance. Quand le Standard a entamé l'exercice avec un zéro sur six, Johan Boskamp a provoqué une sorte de crise en offrant sa chance dans l'axe médian à Marouane Fellaini (17 ans) un des trois jeunes du cru repris dans le noyau A des Rouches. Un produit non fini, affirme Christophe Dessy, le directeur de l'école des jeunes de Sclessin pendant deux ans. Dessy: "Marouane est un joueur d'avenir mais (il soupire), vous connaissez le club comme moi: le Standard est un club difficile pour les jeunes. Il mérite sa chance, une vraie chance, mais il n'a pas achevé sa formation, il a besoin d'un plan de travail pour appren- dre à se développer. Or, je crains qu'il n'y ait pas de plan".
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En calligraphie chinoise, le caractère qui signifie crise est une combinaison des signes danger et chance. Quand le Standard a entamé l'exercice avec un zéro sur six, Johan Boskamp a provoqué une sorte de crise en offrant sa chance dans l'axe médian à Marouane Fellaini (17 ans) un des trois jeunes du cru repris dans le noyau A des Rouches. Un produit non fini, affirme Christophe Dessy, le directeur de l'école des jeunes de Sclessin pendant deux ans. Dessy: "Marouane est un joueur d'avenir mais (il soupire), vous connaissez le club comme moi: le Standard est un club difficile pour les jeunes. Il mérite sa chance, une vraie chance, mais il n'a pas achevé sa formation, il a besoin d'un plan de travail pour appren- dre à se développer. Or, je crains qu'il n'y ait pas de plan". Il considère Fellaini comme un diamant brut, un talent athlétique. Dessy: "A son arrivée, en lui faisant subir les tests physiques, nous n'en avons pas cru nos yeux. Marouane pouvait courir à 20 km/h au moins pendant cinq minutes. Par contre, le joueur, que j'ai moi-même recruté - il vient de Charleroi mais appartenait aux Francs Borains - est loin du compte sur le plan technique. Pour ne citer qu'un exemple, il jouait beaucoup de l'extérieur du pied. Nous avons travaillé cet aspect en le faisant s'exercer de l'intérieur des deux pieds. La coordinationà Il peut réussir, d'abord en Belgique puis, dans une seconde phase, peut-être à l'étranger, mais il n'est pas encore prêt". Deuxième produit local, Yanis Paparassarantis (18 ans). Dessy: "Un gaucher venu d'Anderlecht au moment où les deux clubs étaient en brouille. Anderlecht avait piqué Jonathan Legear au Standard, les Liégeois ont riposté avec Yanisà Un bon pied gauche, un bon coup franc mais un garçon à la croisée des chemins. Ecarter Milan Rapaic de l'équipe me semble impossible. Je pense qu'il doit prendre une décision pendant le mercato. Pour poursuivre sa progression, il a besoin de jouer. Il perd son temps en Réserve. Yanis serait intéressant pour un club moyen comme Charleroi ou Lokeren". Axel Witsel, (17 ans aussi) a les meilleures possibilités, sur papier. Dessy: "Il va encore grandir un peu. Il est le plus complet des trois, physiquement et techniquement, en talent. Witsel peut devenir un très bon médian axial, quelqu'un qui récupère le ballon mais aussi qui marque facilement". Dessy, qui a £uvré pendant six ans au projet de l'AS Nancy pour les jeunes, a travaillé deux ans à Liège mais a dû dégager au profit de Tomislav Ivic au moment où le centre de formation (selon le site web du Standard, "une priorité absolue pour le club") voit ses premiers jeunes percer. Dessy: "Je n'avais pas le choix. Je ne souhaite à personne de vivre la situation que j'ai connue. Le problème des gens, là, est qu'en dépit de tous leurs soi-disant projets, ils n'ont pas de concept, pas de modèle. Vous n'avez aucune prise sur l'aspect technique. On écarte un quadragénaire au profit d'un homme de 73 ou 74 ans. Je ne vais pas crier que c'est une mafia, je ne vis pas avec ces gens, mais j'espère qu'à cet âge, je n'aurai plus envie de faire ça et de prendre le pain d'un quadragénaire. Monsieur Ivic est un des quatre administrateurs du club, il touche un salaire à tomber à la renverse et séjourne dans une suite chic de l'hôtel Mercure, qui coûte 3.000 euros par mois au club. Louis-Dreyfus lui a promis que le Standard le reprendrait s'il se trouvait sans travail et c'est arrivé. Le projet? Ah, on a le soutien du monde politique, de Michel Daerden, mais je vous le dis: il faut plus qu'une infrastructure pour parler de projet. Actuellement, les gens aspirent au confort et ce qu'on a construit va dans ce sens, mais il faut aussi un contenu. Il apparaît qu'il n'y en a pas. C'est le drame du football belge. Croyez-moi: il n'a pas encore touché le fond. Nous faisons encore match nul contre des équipes comme le Kazakhstan mais bientôt, nous serons battus. Avec cette mentalitéà L'UB ne fait qu'observer, peinée, mais ne met pas de frein à l'afflux d'étrangers et laisse la formation telle qu'elle est. Le 17 juillet, jour de mon limogeage, j'ai compris beaucoup de choses". Selon nos informations, le Standard a proposé la succession de Dessy à Vincent Ciccarella. Chargé de cours à l'Union Belge, ce dernier est bien connu dans le monde de la formation. Enseignant au sport/études de Waremme, il a £uvré au FC Liège au moment où son école des jeunes tournait à fond et, depuis un an, a pris en charge les sélections de la province de Liège. S'il accepte, il abandonnera cette mission qui, jusqu'à présent, lui a valu pas mal de satisfactions.