"Si j'ai accepté en 1997 la demande de Nico Silvagni, de m'occuper des Cadets nationaux du Sporting, c'est parce que les dirigeants qui, cinq ans avant, m'avaient plongé dans la merde, n'étaient plus là. Sinon j'aurais catégoriquement refusé.. En avril 2001, Nico m'a proposé sa succession à la tête de l'école des jeunes. A plein temps, et j'ai dû renoncer à enseigner au Foot-études de la Garenne. Mais je reste employé de la ville de Charleroi, et je suis simplement détaché au club. Je ne remercierai jamais assez la Ville de m'avoir engagé après mon transfert de Mons au Sporting. C'est du stable. A l'époque, je voulais déjà assurer mes arrières, contre les blessures et autres problèmes. Le foot n'est pas un métier très stable. Mais il permet aujourd'hui d'élever à Montigny-le-Tilleul mes enfants Dieter (16 ans) et Maité (13 ans) dans une certaine aisance".
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"Si j'ai accepté en 1997 la demande de Nico Silvagni, de m'occuper des Cadets nationaux du Sporting, c'est parce que les dirigeants qui, cinq ans avant, m'avaient plongé dans la merde, n'étaient plus là. Sinon j'aurais catégoriquement refusé.. En avril 2001, Nico m'a proposé sa succession à la tête de l'école des jeunes. A plein temps, et j'ai dû renoncer à enseigner au Foot-études de la Garenne. Mais je reste employé de la ville de Charleroi, et je suis simplement détaché au club. Je ne remercierai jamais assez la Ville de m'avoir engagé après mon transfert de Mons au Sporting. C'est du stable. A l'époque, je voulais déjà assurer mes arrières, contre les blessures et autres problèmes. Le foot n'est pas un métier très stable. Mais il permet aujourd'hui d'élever à Montigny-le-Tilleul mes enfants Dieter (16 ans) et Maité (13 ans) dans une certaine aisance". Ce que sera le futur du Sporting après les bouleversements de fin de saison, Didier se le demande comme tout Carolo, mais entre Etienne Delangre, entraîneur principal, et lui, ça devrait coller. Ils se connaissent bien, jouèrent l'un contre l'autre et décrochèrent, en même temps, le diplôme de l'Ecole des entraîneurs du Heysel. Dans les années 80, le jeune Beugnies, attaquant de pointe blond et léger, cisaillait finement les défenses d'un crochet aigu et parachevait souvent d'un but malicieux. Un talent évident que Guy Thys songea un moment à emmener à Mexico 86. Mais n'anticipons pas. Les premières balles du blondinet, issu d'une famille d'ouvriers, dans les rues de Frameries, ne manquent pas de piment. Le Bosquetia Frameries, respectant le règlement fédéral d'alors de refuser toute affiliation avant 10 ans, n'ose pas le transférer."Un boulanger du coin, constatant que je me débrouillais très bien face à des gamins plus âgés, me présenta à Mons, alors en D2. J'y reçus un écolage de qualité, et si un certain talent me fut reconnu par la suite, c'est grâce aux entraîneurs des jeunes. Le Yougoslave Mika Radosov, les Brésiliens Robert Gambassi et Luis Dotto, et Freddy Quittelier pensaient technique, et permirent que je répète mille fois ce crochet qui fit ma réputation en D1. Quittelier m'a défendu bec et ongles contre ceux qui misaient surtout sur le physique. Il disait: -C'est un diamant brut, laissez-lui le tempsl Maurice Jamin m'a, sans doute, donné le coup de pouce décisif. En Juniors, j'étais mal barré: l'entraîneur, un physique, ne me sentait pas, et je jouais avec les Régionaux. Un matin, Maurice, entraîneur de l'équipe Première, visionnait les Nationaux et s'ennuyait. C'est du moins ce que j'ai appris plus tard. Il se retourne vers l'autre terrain et questionne l'entraîneur: -Qui c'est le p'tit blond ? Tu me l'amènes demain en Réserve. Je joue, et je marque un but, mais Maurice me sort au repos. Pourquoi ? Au fond, je n'ai que 17 ans, me dis-je, mais il m'explique: - Demain tu es sur le banc de l'équipe Première. J'arrive, très fébrile, tu penses! Des Régionaux en Première. Et Maurice me dit: -Tu joues ! J'ai su que la veille, il avait repéré deux ou trois joueurs dans les bistros. Il les avait écartés et m'offrait une place". En 84, à 23 ans, Didier quitta Mons pour Charleroi en D2. Pour un salaire ridicule, dit-il: "500 euros bruts par mois, mais bon, je n'insiste pas parce que le contrat offert me satisfaisait".Meilleur buteur de D2, le lutin blond fut, avec Sylvano Goretti, l'élément décisif du tour final pour la montée en D1: "Avec un petit problème, mon exclusion contre St-Trond. Je félicite D'Hondt pour son but, Velkeneers me heurte et je le repousse. Carte rouge. J'ai donc manqué le premier match en D1 contre le Club Brugeois". La saison du retour parmi l'élite fut très difficile, mais marquée par un exploit indélébile du blondinet. "Nous n'avions que 4 points sur 22 et la direction se décida à engager Petar Mraz, un meneur de jeu yougoslave. Je me souviens aussi vaguement d'une prime spéciale pour les trois matches suivants, mais l'apport de Petar a surtout été déterminant. Il me filait des ballons en or et, coup sur coup, on a battu le Standard, Lokeren et l'Antwerp. Les Anversois menaient 0-1,mais en 35 minutes j'ai scoré quatre fois: une balle en profondeur, deux volées et un penalty. Mon garde du corps, RudiSmidts, alors au début de sa carrière, fut remplacé au repos". Didier atteignait son max de popularité et enregistra un disque " Go go Carolo", troisième au hit-parade derrière le Grand Jojo et Sandra Kim. Et, à l'approche du Nouvel An, une photo grandeur nature de son duel avec Smidts était visible à tous les carrefours. Comme exemple pour les gosses, et avec les voeux de la Ville et de son bourgmestre Jean-Claude Van Cauwenberghe. "Des supporters ont même cassé des vitres pour s'emparer de la photo". Et le Mondial 86A quelques semaines du Mondial 86 au Mexique, les journaux du cru, et d'autres, poussèrent sa candidature. En vain. "J'y ai vaguement cru, mais comme je n'ai pas été retenu pour un match de préparation en Espagne, j'ai compris que Guy Thys ne pensait pas à moi pour Mexico. J'étais pourtant le deuxième buteur de D1 derrière Vandenbergh mais devant Papin". En 87, Didier entra en conflit larvé avec son entraîneur André Colasse, qui l'estimant en perte de rendement face au but. En cinq ans, trois à Mons et les deux premières au Sporting, il avait accumulé plus de 100 buts. "Une moyenne de 20, et puis je n'en ai plus réussi que 10-15 par saison. Pourquoi ? Cela ne tenait pas qu'à moi. A mon avis, le départ de valeurs sûres comme Goretti, D'Hondt, Taibi, et surtout Mraz, a fait que je n'atteignais plus le haut niveau. Et puis, le Sporting forçait la dose, voulait aller trop vite. On valait la deuxième colonne du classement, la direction visait le haut de la première, et le public appâté espérait un flirt avec une coupe européenne. Un flagrant manque de réalisme". En novembre 91, le drame. "A la fin de la quatrième heure d'entraînement de la journée, MarcoCasto est tombé sur ma jambe tendue. Il était épuisé et moi aussi. Le Docteur Martens m'a fait une arthroscopie, m'a convoqué à plusieurs reprises, et a conclu que quelques semaines de repos suffiraient. Heureux que j'étais, mais la suite... Je reprends donc l'entraînement en février, rejoue en mars avec la Réserve, et, fin du mois, Peruzovic me met sur le banc face à La Gantoise. A la 75e minute, 0-1, je monte avec une infiltration dans le genou. Sur une balle profonde, je sens une gêne, je continue, mais au bout de sept minutes, le genou craque et je suis évacué: ligaments croisés et latéraux, ménisque, tout était fichu. Je reste convaincu que Martens aurait dû m'opérer. Je l'ai été en avril par le Docteur Swinnen et je devais être opérationnel en janvier. Mais, à 32 ans et au bout de mon contrat, sur quelle base discuter du suivant ? Peruzovic fut très clair: impossible de me caser dans son noyau de départ. Quant aux dirigeants, certains du moins, ils me proposèrent le minimum, via l'Union Belge: 625 euros nets par mois. Et on rediscuterait en décembre. J'aurais accepté si le club m'avait facilité la vie, mais non. N'étant plus pro et retournant à plein temps à la Ville, la possibilité m'était refusée d'aller aux soins. Sans ce suivi, comment revenir en condition ? Je devais me démerder tout seul. Heureusement, il y eut la Ville. Cette polémique est du passé, je veux l'oublier, et pas question de fourrer tous mes dirigeants d'alors dans le même sac, mais pour les services rendus et la croûte de pain de mes deux premières saisons, j'étais en droit d'espérer un autre traitement. Il n'y pas de return en football. Il fallait que je parte. Eventuellement à l'étranger, mais certains m'avertirent charitablement : - T'es fou, tu perdras ton emploi à la Ville. Faux, j'aurais pris un congé sans solde, et il me fut confirmé que la Ville ne me laisserait pas tomber. Le Sporting exigeait 110.000 euros. Je suis entré en contact avec Yves Baré, pour me dénicher un club. Quelques années plus tôt, comme entraîneur de Seraing, il m'avait téléphoné, mais je choisis Charleroi. Cette fois, il me proposa un retour à Mons que présidait mon ex-entraîneur Maurice Jamin". Avec l'accord ou non de son entraîneur André Colasse?De la prairie à la salle"Je n'en sais rien, mais nous n'étions plus sur la même longueur d'onde les derniers mois. J'ai travaillé comme un fou pour revenir à la surface, et Colasse m'aligna en Réserve, mais pas question de Première, à part quelques rares minutes en fin de match. Au derby La Louvière - Mons, aucun des deux clubs ne pouvait perdre, j'ai reçu ma chance, mais nous avons été exécrables et balayés 3-0. M'a-t-il jugé sur cette seule partie? En tout cas, j'ai compris que c'était fini. Après une franche explication avec Maurice, j'ai quitté avant la fin de la saison, fixe et frais de déplacement réglés. Peu après, dans la tribune de l'Olympic, Monsieur Brahy, président de Namur, m'expliqua qu'il était un inconditionnel de Beugnies à Charleroi et il qu'il voulait travailler avec moi. D'accord, et je n'ai rien eu à redire pendant six mois, puis, comme souvent à Namur, il y eut des problèmes d'argent. Pour toucher, il a fallu faire le forcing via l'Union Belge et appeler un avocat à la rescousse. Marchienne, en Promotion, insista pour m'embaucher, mais apprenant que Charleroi voulait me louer comme à Mons et à Namur, je me rebiffe. J'étais à quelques semaines de mes 35 ans, et j'ai pris la décision de renoncer au foot actif. Je me trompais, j'étais loin d'être au bout de ma carrière. Car Jamioulx, en 3e Provinciale, est venu me trouver. D'accord, mais pas un franc au Sporting! Ainsi dit, ainsi fait. Un beau souvenir, Jamioulx. J'étais libero, je dirigeais mes jeunes partenaires très à l'écoute. De plus, je m'amusais aussi en salle le vendredi soir avec La Garenne, en 1ère Nationale. On a gagné la Coupe de Belgique, et je suis passé au minifoot de Trivières". Suit un épisode assez cocasse: à la demande de Nico Silvagni, Didier signe un transfert en blanc et part en vacances en Espagne, comme d'habitude. Là-bas, il rencontre Silvano, frère de Nico:- Alors, t'as signé pour Trivières ? - Oui, la salle me plaît. - Mais t'es aussi affilié à Trivières en Provinciale gazon."Mon franc tombe, c'est le transfert blanc. La même saison, j'ai donc joué à Trivières en salle et sur prairie"En 95, il se blesse en s'entraînant, joue avec une attelle et croit, une fois de plus, que c'est la fin. Nenni, l'ex-petit prince du Mambourg repart au front à Ecaussines comme entraîneur-joueur en salle. Puis, Marchienne-au-Pont le jugeant encore efficace, lui offre le même rôle sur prairie. "J'ai stoppé après deux saisons mais continué en salle, et à cette époque, j'ai accepté d'enseigner au Foot-Etudes et de diriger les Cadets nationaux du Sporting".Une dernière, bonne, surprise, l'attendait en fin de saison: Mont-sur-Marchienne prairie vint frapper à sa porte.- On joue le tour final de 3e Provinciale et on aimerait bien que tu nous aides à monter en 2e. - Comment ça? Je ne suis plus affilié. .- Si si, quand tu es parti, on a prolongé ton affiliation pour une saison. - Mais que vont dire les autres ? Ils jouent toute une saison ensemble, ont l'honneur de disputer le tour final, et puis, moi, je débarque et un garçon doit céder la place. - Ne t'en fais pas, nous sommes tous d'accord. "Ce tour final, on l'a gagné". Henry GuldemontAvant Mexico, j'étais deuxième buteur de Belgique derrière Vandenbergh mais devant Papin"