Tout y baigne ! Aujourd'hui, Glen De Boeck est un mec magique, un sorcier, réunissant paraît-il d'imprécisées mais gigantesques qualités à la fois de tacticien, de rassembleur, de psychologue : coaches de Belgique, un Messie nous est né ! Aujourd'hui, Albert Cartier est un mec viré, parce que Johan Vermeersch l'a décrété incapable au sens propre : désormais impuissant à organiser, rassembler, motiver. Hier pourtant, Cartier fut lui aussi le mec magique du moment, vent des médias en poupe, comme à d'autres périodes Francky Dury, José Riga, Marc Brys ou bien d'autres. Demain ou après-demain, De Boeck sera un mec viré en ayant les mêmes qualités qu'aujourd'hui, et davantage d'expérience. C'est idiot et ça s'appelle le monde du football : lequel a l'impérieuse manie de relier toute performance d'une ...

Tout y baigne ! Aujourd'hui, Glen De Boeck est un mec magique, un sorcier, réunissant paraît-il d'imprécisées mais gigantesques qualités à la fois de tacticien, de rassembleur, de psychologue : coaches de Belgique, un Messie nous est né ! Aujourd'hui, Albert Cartier est un mec viré, parce que Johan Vermeersch l'a décrété incapable au sens propre : désormais impuissant à organiser, rassembler, motiver. Hier pourtant, Cartier fut lui aussi le mec magique du moment, vent des médias en poupe, comme à d'autres périodes Francky Dury, José Riga, Marc Brys ou bien d'autres. Demain ou après-demain, De Boeck sera un mec viré en ayant les mêmes qualités qu'aujourd'hui, et davantage d'expérience. C'est idiot et ça s'appelle le monde du football : lequel a l'impérieuse manie de relier toute performance d'une équipe-surprise-avec-entraîneur-neuf à l'éclosion d'un oiseau rare révolutionnant la profession de coach... même si l'oiseau s'avère toujours moins rare, et moins révolutionnaire, sur le long terme ! Messies à la pelle, mais non pour l'éternité... Les limogeages m'horripilent depuis longue lurette parce que le manque de résultats de tout un club se focalise alors sur un seul homme qui n'a pourtant pas l'importance qu'on croit, qui n'est jamais le magicien qu'on voudrait qu'il soit. Et dans la foulée, revenait jusqu'il y a peu l'immanquable ritournelle du choc psychologique à tenter : " Il faut bien faire quelque chose, et il est plus facile de changer un entraîneur que toute une équipe... "Air connu. Sauf qu'aujourd'hui, désabusement oblige, les limogeages m'assassinent moins les nerfs, se fondant davantage dans une masse de C4 et de mouvements divers : car depuis l'apparition immonde de tous ces mercatos ou mercati (qui font la petitesse du sport et non sa grandeur, honte à ceux qui les cautionnent !), quand ça ne va pas, on change l'entraîneur ET toute l'équipe ! Si l'on peut bazarder tout le monde en plein milieu de compète, y'a plus de raison que le coach y échappe plus qu'un autre... Je ne suis pas supporter inconditionnel d'un club de foot, je suis supporter conditionnel d'un état d'esprit en foot. Cela veut dire que cette année et si les choses restent ce qu'elles sont, je souhaite davantage le maintien de Mons qui n'a pas viré José Riga que le maintien du Brussels qui a viré Cartier. Mais je souhaiterai davantage le maintien de Malines que celui de Mons si Malines s'excite moins que Mons à ce mercato d'hiver ! Pour le titre, je n'ai rien contre le Club Bruges, fort stable depuis l'été... et je serais cette année davantage rouche que mauve : vu que le Sporting semble avoir repris au Standard son rôle triste de gare-de-transit-avec-arrivées/départs-permanents (depuis la journée inaugurale de championnat, 3 ou 4 mouvements à Sclessin, au moins 12 à Anderlecht...). Mais il me plairait que le Cercle Bruges nique tout ce beau monde ! Parce que le Cercle n'a pas 36 prétendants permanents à son onze de base, pas (encore) de stars adulées, pas de pulsions mégalomanes à l'occasion de ce mercato (seulement peut-être Tony Sergeant : renfort humble, judicieux, symptomatique), parce que son budget n'est pas celui des grands. Comme toujours en pareil cas marginal, le Cercle champion, ce serait la défaite du pognon : défaite momentanée, mais c'est toujours ça de pris. Je lis que le Cercle va toutefois craquer " vu l'étroitesse de son noyau ". Peut-être qu'il va craquer, mais son noyau n'est pas étroit, c'est celui des autres qui est dit plantureux. Et un noyau plantureux n'est en fait qu'un noyau de gars connus plutôt qu'inconnus, tous en concurrence médiatique parce que tous connus. A l'entraînement, au Cercle, y'a autant de gars qu'à Anderlecht ! On connaît toutefois peu le noyau, d'autant que le Cercle renoue avec le vieux principe du onze de base, toujours aligné sauf en cas de pépin : mais ça ne veut pas dire que les réservistes peu connus ne sont pas capables ne nous épater à l'occasion, comme nous épatent en ce moment ces titulaires peu connus que sont Denis Viane, Frederik Boi ou Anthony Portier... Attention, je n'affirme pas comme une généralité que le onze de base est la recette-miracle d'une grand-mère footeuse oubliée, à l'opposé d'un turnover qui ne serait en définitive qu'une mode imbécile ! Je pense simplement que les actuelles bonnes performances du Cercle sont au contraire dues à cette apparente étroitesse de noyau : dans un groupe, moins tu as de concurrents directs, moins tu les redoutes et mieux tu les connais ! Et ça, même si ce n'est pas magique, faut reconnaître que c'est le choix de Glen De Boeck." par bernard jeunejean