Une semaine à peine après le transfert de Lewis Hamilton chez Mercedes, une nouvelle bombe a fait trembler le paddock. Dès son arrivée à Suzuka, où Sebastian Vettel a remporté son 24e GP, relançant le suspense pour le titre, Michael Schumacher a convoqué la presse pour lui annoncer sa retraite.
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Une semaine à peine après le transfert de Lewis Hamilton chez Mercedes, une nouvelle bombe a fait trembler le paddock. Dès son arrivée à Suzuka, où Sebastian Vettel a remporté son 24e GP, relançant le suspense pour le titre, Michael Schumacher a convoqué la presse pour lui annoncer sa retraite. Le week-end dernier, si les observateurs, les commentateurs et les autres acteurs de la F1 faisaient preuve d'un profond respect à son égard dès qu'il apparaissait, derrière son dos, ils éprouvaient plutôt de la pitié. Bien sûr, pendant son discours, Schumi a bien dit qu'il sentait sa motivation s'étioler. Naturellement, il a déclaré que ses batteries se vidaient. Et il a expliqué son départ de manière crédible : " Je ne fais rien si je ne suis pas motivé à 100 %, c'est dans ma nature. " Mais en F1, c'est un secret de polichinelle : l'Allemand de 43 ans a frappé comme un désespéré à la porte de Sauber pour avoir un volant la saison prochaine. Sans succès : on n'a pas voulu de lui non plus. L'ancien demi-dieu doit donc quitter la Formule Un, la réputation entachée. Depuis son retour, il a participé à 53 courses, en comptant les cinq qui restent au programme, et n'est monté sur le podium qu'une seule fois. En deux ans et demi, il n'a jamais donné l'impression d'être encore capable de rivaliser avec l'élite. La manière dont Mercedes l'a écarté souligne aussi la perte d'influence du patron de l'équipe, Ross Brawn. Jadis, le Britannique, maintenant âgé de 58 ans, a suivi Schumacher de Benetton chez Ferrari. Ils étaient comme les doigts de la main, disaient-ils. Willi Weber, l'ancien manager de Schumi, a évoqué à demi-mot cette perte de pouvoir : " Annoncer l'arrivée de Lewis Hamilton sans laisser le temps à Michael d'annoncer sa retraite ou un autre événement témoigne de bien peu de respect de la part de Mercedes... " C'est exact, ou plutôt : jamais Brawn n'aurait traité son ami de cette façon mais il n'est plus le seul décideur chez Mercedes. Depuis peu, le management de l'équipe compte en effet un certain... Niki Lauda, qui occupe un rôle de conseiller. L'Autrichien, âgé de 63 ans, consultant de RTL + ces dernières années, a été sollicité pour négocier les nouveaux accords Concorde entre Mercedes et Bernie Ecclestone. En réussissant à surmonter la crise, Lauda a acquis beaucoup de crédit au sein de la direction de Mercedes et il a donc eu son mot à dire sur l'avenir de l'écurie F1. Il a agi à sa façon, sans demi-mesure. Lauda a fait pression pour engager Lewis Hamilton et a du même coup trompé Schumi. Ironie du sort : en 1994, quand Ferrari l'avait embauché comme conseiller, la formation italienne souffrant de disette depuis des années, Lauda avait fait le ménage : tout le monde avait été renvoyé et remplacé par le team à succès de Benetton : Ross Brawn, le designer Rory Byrne et... Michael Schumacher. Lauda vient d'appliquer la même recette à Mercedes. Mais cette fois, c'est au détriment de Schumi... JO BOSSUYT