On le sait : la Belgique doit battre la Croatie ce soir...

Georges Heylens : A mes yeux, ce match servira de révélateur pour l'équipe nationale. Placée au pied du mur, on verra ce qu'elle a réellement dans le ventre. Car pour le moment, elle s'est surtout distinguée comme championne du monde des matches amicaux. On en a eu un petit aperçu face à la Hollande, récemment, et je ne doute pas un seul instant qu'elle réussira une nouvelle fois au-delà des espérances l'hiver prochain, quand elle sera appelée à se mesurer à la France à l'occasion d'un autre galop d'entraînement. Par contre, dans les matches à véritable enjeu, les Diables Rouges nous ont laissés singulièrement sur notre faim depuis le début de ces qualifications pour l'EURO 2004. Dans un groupe comprenant la Bulgarie, ...

Georges Heylens : A mes yeux, ce match servira de révélateur pour l'équipe nationale. Placée au pied du mur, on verra ce qu'elle a réellement dans le ventre. Car pour le moment, elle s'est surtout distinguée comme championne du monde des matches amicaux. On en a eu un petit aperçu face à la Hollande, récemment, et je ne doute pas un seul instant qu'elle réussira une nouvelle fois au-delà des espérances l'hiver prochain, quand elle sera appelée à se mesurer à la France à l'occasion d'un autre galop d'entraînement. Par contre, dans les matches à véritable enjeu, les Diables Rouges nous ont laissés singulièrement sur notre faim depuis le début de ces qualifications pour l'EURO 2004. Dans un groupe comprenant la Bulgarie, la Croatie, l'Estonie et l'Andorre, les données étaient très simples : il s'agissait de faire carton plein contre les sans-grade et de remporter ses matches à domicile face aux rivaux directs tout en spéculant sur la conquête de l'un ou l'autre points en déplacement devant ceux-là. Jusqu'à présent, la Belgique n'a rempli que la première partie de ce contrat, en faisant joujou avec les plus faibles. En revanche, elle n'a obtenu qu'un piètre un sur six contre la Bulgarie et n'a toujours rien engrangé devant les Croates. En guise d'explications, on a avancé bon nombre de circonstances atténuantes. Tantôt c'était la faute à pas de chance, tantôt c'était le pauvre Francky Vandendriessche qui était dans un mauvais soir, tantôt encore c'était sur le meilleur arbitre du monde, l'Italien Pierluigi Collina, que l'on pointait un doigt accusateur. C'est beaucoup. Dès lors, ou bien les Diables Rouges se situent réellement à leur véritable place en occupant le troisième rang actuel derrière la Bulgarie et la Croatie, ou bien ils peuvent réellement prétendre à plus. Mais, dans ce cas, ils ne pourront plus avancer la moindre excuse après ce soir. C'est pourquoi, poussés dans leurs derniers retranchements, on devrait vraiment pouvoir mesurer contre ces Croates les véritables possibilités de nos internationaux. Comme Aimé Anthuenis le soulignait à juste titre dans ces colonnes dernièrement, il y a deux manières, pour les meilleurs, d'étoffer leur registre. Soit en disputant des rencontres à enjeu avec la sélection, soit en livrant des joutes d'une importance similaire, en formation de club, sur la scène européenne. Et, à cet égard, les Diables Rouges sont vernis puisque de Daniel Van Buyten à Wesley Sonck en passant par Joos Valgaeren et Walter Baseggio, pour ne citer qu'eux, les trois quarts de nos internationaux vont devoir se produire incessamment en Ligue des Champions. C'est du pain béni pour eux et, indirectement, pour le coach fédéral aussi puisque certains éléments d'avenir vont s'aguerrir. Je songe à un garçon comme Vincent Kompany par exemple, qui entrera en ligne de compte pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2006, ou encore à Stein Huysegems s'il continue à progresser. Ma seule réserve concerne celui qui devrait s'ériger en patron de l'équipe. Depuis le retrait de Marc Wilmots, c'est le vide. La Bulgarie est dirigée par Krassimir Balakov et la Croatie a plusieurs grandes gueules. Thomas Buffel, que je considère pourtant comme la révélation de cette campagne qualificative, manque un peu de coffre pour assumer ce rôle. Et Walter Baseggio n'a pas de réelle emprise non plus sur les autres. Le seul à pouvoir se hisser au-dessus de la mêlée, au propre comme au figuré, me paraît Daniel Van Buyten. Mais il doit alors convaincre de manière définitive en équipe nationale et confondre une partie de la presse flamande qu'il n'a encore guère séduite jusqu'ici. Bruno Govers