Après avoir passé un mois en Chine, et fait un détour de quelques jours par la Belgique pour revoir la famille et assister au match de l'Excel contre Malines, le président Philippe Dufermont est de retour en Espagne. Avant de prendre l'avion pour Valence, il a eu le temps d'acheter notre magazine. " Rassurez-vous, l'incendie est éteint ", lance-t-il d'emblée. Allusion au titre du dernier article sur son club, dont la situation au classement est devenue préoccupante. " J'ai eu Enzo Scifo au téléphone tous les jours et il m'a confié que le groupe avait retrouvé un moral d'acier ".
...

Après avoir passé un mois en Chine, et fait un détour de quelques jours par la Belgique pour revoir la famille et assister au match de l'Excel contre Malines, le président Philippe Dufermont est de retour en Espagne. Avant de prendre l'avion pour Valence, il a eu le temps d'acheter notre magazine. " Rassurez-vous, l'incendie est éteint ", lance-t-il d'emblée. Allusion au titre du dernier article sur son club, dont la situation au classement est devenue préoccupante. " J'ai eu Enzo Scifo au téléphone tous les jours et il m'a confié que le groupe avait retrouvé un moral d'acier ". PhilippeDufermont : Je crois réellement en lui. Je suis toujours persuadé qu'il est l'homme de la situation. Je sens qu'il y a une meilleure entente dans le groupe. La motivation est de retour. L'ambiance est redevenue positive. Plus relax, aussi. Il manque simplement le déclic. Lorsque la machine sera lancée, tous les problèmes seront oubliés. J'attends la première victoire avec impatience. Je ne suis pas un spécialiste du football, je le reconnais. C'est la raison pour laquelle je ne me permettrai jamais de me mêler de l'aspect technique. Je choisis simplement mon entraîneur et c'est lui qui décide des options sportives. Lors de la conversation que j'ai eue avec lui, j'ai eu un bon feeling. Il fait partie du patrimoine sportif belge et il méritait qu'on lui tende la main. Et depuis qu'il est là, on parle de l'Excel, non ? Même lorsqu'on perd ! Oui, c'est vrai. J'aime que l'on parle de mon club. Mais, avec tout le vécu que possède Enzo, on ne peut tout de même pas mettre ses connaissances footballistiques en doute ? On sent d'ailleurs, aujourd'hui, que les joueurs respectent énormément leur entraîneur. Non. Pas du tout. Marc était un véritable professionnel, doublé d'un homme très correct. Je suis resté en contact avec lui. Récemment, au téléphone, il m'a encore confié qu'il était très peiné de voir le club dans une telle situation. Il a ajouté qu'il avait gardé de bons souvenirs de son passage au Canonnier et qu'il restait à notre disposition, si on avait besoin de lui. Mais je crois qu'on devait s'en séparer. Il ne convenait pas à l'Excel. Même si je ne suis pas physiquement présent tous les jours, je suis au courant de tout ce qui se passe au club. Je sentais que le vestiaire se diluait. Je constatais une baisse de régime, lente mais inéluctable. La condition physique, aussi, commençait à s'effilocher par rapport aux méthodes d'entraînement. Il est aidé par de bons préparateurs. On lui a aussi adjoint Geert Broeckaert, qui s'est substitué à Gilbert Van den Bempt comme T2 et qui, en matière de caractère, n'a de leçons à recevoir de personne. Non. La mayonnaise va prendre. Si on n'avait pas les joueurs, je serais inquiet. Mais on a les joueurs. Seulement, certains étaient blessés. On les récupère progressivement. Bertin Tomou était à la CAN. Il est revenu. D'autres n'ont plus joué depuis six mois. Ils doivent retrouver leur condition, apprendre à jouer ensemble également. C'est juste une question de temps. Cela met un peu de suspense dans la compétition. C'est bien, non ? Lorsque l'on aura conquis une première victoire, tout ira mieux. Attendons encore quelques semaines. Elle va s'améliorer, j'en suis persuadé. Dans le cas contraire, Scifo serait le premier affecté. Lui aussi joue gros dans cette affaire. Sa réputation de joueur n'est plus à faire. Sa réputation d'entraîneur, en revanche, oui. Il sait, mieux que quiconque, qu'il a tout intérêt à réussir. C'est une situation transitoire. Il faut attendre jusqu'en juin. Là, huit ou neuf joueurs partiront. Deux ou trois autres arriveront. On aura alors un noyau aux normes belges. On s'en occupe et cela se passe bien. Certains ont déjà été relégués dans le noyau B, pour une question de mental surtout. Les deux ou trois cas problématiques qui restaient sont bien gérés. On pleurera pendant 15 jours. Puis, on reformera une équipe. Et on repartira. Lorsqu'on recommencera à gagner, les gens retrouveront le sourire. Vous me direz : - D'accord, maisonperdralesdroitsTV ! Peut-être. Mais en D2, on peut déjà former une bonne équipe avec deux millions. Ce n'est pas un problème. Le monde ne s'arrêtera pas en cas de descente. On mettra tout en £uvre pour remonter le plus rapidement possible. Aucun. Je le répète, j'apprécie ces situations où il faut lutter. Cela me motive. Après la défaite contre Malines, je suis descendu en salle de presse, ce que je ne fais jamais en temps normal. J'ai fait face aux supporters également. Je suis un battant et je continuerai à me battre. Je ne partirai pas. Je m'amuse beaucoup, même dans la situation actuelle. On parle de l'Excel avec toute la famille. Mes enfants sont devenus au moins aussi passionnés que moi. C'est fantastique, ce que je vis. par daniel devos