Eric Joly est l'un des leaders de Mons. La saison dernière, il était parvenu de belle manière à tirer le groupe vers le haut. Cette saison, cela marche moins bien. Le Français ne fuit pas ses responsabilités. Il sait faire son autocritique... comme celle du groupe.
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Eric Joly est l'un des leaders de Mons. La saison dernière, il était parvenu de belle manière à tirer le groupe vers le haut. Cette saison, cela marche moins bien. Le Français ne fuit pas ses responsabilités. Il sait faire son autocritique... comme celle du groupe. EricJoly : Mons a perdu un joueur important en la personne de Cédric Roussel, c'est évident. D'autres attaquants sont arrivés pour le remplacer, comme Louis Gomis. Il a déjà inscrit deux buts. C'est mieux que Cédric, qui à cette époque-ci, n'avait pas encore trouvé le chemin des filets. Il faut lui laisser le temps de travailler et de trouver complètement ses marques. De toute façon, à mes yeux, ce n'est pas tellement en attaque que le bât blesse, mais plutôt en défense. Nous encaissons trop de buts, et en milieu de terrain, nous n'avons pas non plus le rendement escompté. Tout cela explique que l'équipe ne tourne pas, pour l'instant. Je le pense. Nous n'avons pas encore retrouvé la solidité qui était la nôtre la saison dernière. Nous devons retrouver cet état d'esprit qui faisait notre force, cette joie de jouer qui était l'apanage de l'Albert. On l'a fait, par moments, en deuxième mi-temps contre Lokeren, mais c'est trop peu. Lorsque la défense et le milieu de terrain fonctionneront mieux, le ballon parviendra plus facilement vers l'avant, et nous inscrirons davantage de buts. Cela part de la base. Je n'en connais pas la raison exacte. Peut-être, inconsciemment, avons-nous pensé que tout serait plus facile. La saison dernière, nous avons assuré notre maintien très rapidement et nous avons produit, par moments, un très bon football. Dans l'esprit de certains, il était sans doute évident que nous rééditerions sans trop de difficultés les mêmes prestations. C'était oublier que Mons dispute sa deuxième saison parmi l'élite, souvent considérée comme la plus difficile. Nous devons retrouver nos vertus de la saison dernière : l'humilité, la générosité et l'enthousiasme. Nous n'avons pas une équipe pour figurer dans le Top 5. Mais nous n'avons pas non plus une équipe pour terminer à l'une des cinq dernières places. D'abord, parce qu'il faut confirmer. Arriver au sommet est un exploit, et l'on a parfois tendance à oublier que l'on peut redescendre tout aussi vite. Ensuite, l'effet de surprise ne joue plus. L'adversaire se méfie davantage. La saison dernière, on nous a sous-estimés, surtout durant la première partie du championnat. C'est seulement ensuite que les équipes ont commencé à nous prendre au sérieux. Cependant, plutôt que de chercher des explications dans le comportement de l'adversaire, je crois qu'il faut avant tout faire son autocritique. Les fautifs, c'est nous, pas les autres. Mons est resté une bonne équipe. Nous n'avons pas perdu, du jour au lendemain, toutes nos qualités. Le groupe n'a pas beaucoup changé non plus. A quelques exceptions près, ce sont pratiquement les mêmes joueurs. C'est juste une question d'état d'esprit. La saison dernière, nous étions engagés dans une spirale positive. Actuellement, c'est un peu l'inverse. Certaines personnes, surtout à l'extérieur du club, ont placé la barre plus haut. Nous sommes actuellement incapables de monter en régime. Nous nous sommes mis en tête l'idée de réaliser un très bon championnat, en oubliant que l'objectif prioritaire, comme la saison dernière, devait rester le... maintien. Lorsque cet objectif sera réussi, nous pourrons éventuellement viser plus haut, mais il faut d'abord assurer l'essentiel. Le club est en train de grandir. On a investi dans le stade et dans bien d'autres choses. Il faut d'abord le stabiliser. Pendant les deux ou trois prochaines années, la priorité sera de rester en D1. Mons est encore un... petit club, il ne faut pas perdre cela de vue. Oui, c'est clair. Ce collectif qui était le nôtre, nous ne l'avons pas encore retrouvé en match. J'ai l'impression que nous n'avons pas encore réellement débuté notre championnat. On a beaucoup mis l'accent sur le départ d'une individualité, mais lorsque nous aurons retrouvé le collectif, d'autres individualités ressortiront. Absolument. Le problème, c'est... qu'il n'y a pas de problème. J'ai connu des clubs où il régnait une mauvaise entente. A Gand, par exemple, il y avait régulièrement des tensions. Ici, ce n'est pas le cas : tout le monde s'entend bien. Il y a un super groupe. A la limite, l'ambiance est... trop bonne. C'est ennuyeux, parce que comme il n'y a aucune animosité, aucune brebis galeuse. Dans ces conditions, on peut difficilement cerner ce qui ne va pas. On ignore d'où provient le malaise. On a un bon entraîneur, on travaille bien, la confiance règne. Tout va bien... sauf les résultats. Pas du tout. Il ne faut pas que les gens autour de nous paniquent, car les qualités sont là. Nous n'avons encore disputé que quatre journées de championnat, et si nos deux points constituent un maigre viatique, il n'y a encore aucune raison de paniquer. D'autant que nous avons déjà affronté le Standard et Lokeren, deux équipes qui termineront probablement parmi les cinq premiers. Nous avons encore tout le temps de nous ressaisir, mais il ne faudrait pas non plus perdre trop de temps, car si nous attendons la dixième ou quinzième journée pour retrouver notre rythme, nous risquons d'être largués. Les deux ou trois journées qui arrivent seront donc capitales. En ces occasions, nous devons retrouver le Mons de la saison dernière. Il ne faudrait pas que le groupe se mette à douter. Au contraire, il faut rester serein. Personnellement, je le suis, car j'ai confiance en moi et en mes partenaires. La machine va se remettre en route, j'en suis persuadé. Nous avons simplement besoin d'un déclic, sous la forme d'une victoire, et j'espère qu'elle se produira le plus rapidement possible. La deuxième mi-temps contre Lokeren fut encourageante, et il faut la prendre en exemple, mais il faut que chacun se retrousse les manches et revienne les pieds sur terre après avoir vécu sur un nuage la saison dernière. Tout à fait. Dès le début de la préparation, j'ai senti que nous allions au devant d'une saison très difficile. Pas nécessairement à l'entraînement, mais dès les premiers matches amicaux. Je n'ai jamais retrouvé le niveau de jeu qui était celui de l'Albert la saison dernière. Je pensais qu'un déclic se produirait avec le championnat. Mais non. Nous avons perdu notre solidité. Ce n'est pas de la mauvaise volonté. Lorsqu'on monte sur le terrain, on est réellement animé d'une grosse envie de bien faire, mais on n'y parvient pas. A la mi-temps du match contre Lokeren, il a poussé un gros coup de gueule. Je n'avais jamais vu le coach dans un état pareil. Mais cette colère était justifiée, car nous n'étions nulle part. Ce n'était pas possible de continuer à jouer comme en première mi-temps. Effectivement, il y a eu une réaction. C'est dommage qu'elle soit venue tardivement. En première mi-temps, nous avions trop reculé. Nous étions comme paralysés, nous n'osions rien entreprendre. Sans aucun doute, et c'est normal. Il y avait le score, et aussi la manière, qui avait été en dessous de tout. A Sclessin, nous avons baissé les bras. Ce n'est pas dans les habitudes de Mons. Personne n'est sorti du lot. Tout le monde doit être placé dans le même sac et il n'est nullement question de trouver des boucs émissaires. Ce n'est pas en fusillant un ou deux joueurs que le groupe s'en sortira. Pas vraiment. Il travaille dans la continuité, en plaçant toutefois la barre un peu plus haut. La préparation a été un peu plus dure que la saison dernière. Il se montre plus exigeant envers nous également, car tout le monde a désormais l'expérience d'une saison de D1. Mais à part cela, les entraînements sont bien dosés. On ne fait pas n'importe quoi. Il s'est déjà entretenu plusieurs fois avec les leaders de l'équipe : Liviu Ciobotariu, Olivier Suray, moi-même. Il estime, à juste titre, qu'il n'est pas normal de devoir toujours taper sur le même clou, et il nous le fait savoir. La saison dernière, il n'avait jamais été obligé de le faire : tout coulait de source. Cela va de soi. Lorsque Mons m'a engagé, c'était entre autres pour tirer l'équipe vers le haut, avec deux ou trois autres joueurs. Cette saison, nous ne remplissons pas notre rôle de leaders. Pour nous aussi, un déclic est nécessaire. Bien sûr que non. Je ne fuis pas mes responsabilités : je peux mieux faire, moi aussi. Et je n'ai pas besoin de lire les journaux ou d'écouter les gens de l'extérieur pour le savoir. Je suis assez humble pour me rendre compte, par moi-même, des difficultés que j'éprouve pour l'instant. Mais je sais, aussi, qu'elles ne sont que passagères. Je ne me fais donc pas de soucis. Je travaille pour revenir à mon meilleur niveau. Et je réussirai. Mon rendement, tout simplement. Je dois parvenir à faire tourner l'équipe comme je l'avais fait la saison dernière. Je ne suis pas le seul à avoir un rendement insuffisant. On est tous responsables. Mais moi, plus que les autres, parce que j'incarne l'un des leaders et que mon rôle est précisément d'emmener le groupe. Un 4-3-3 en phase offensive qui se transforme en 4-5-1 en perte de balle, effectivement. Louis Gomis a besoin d'être alimenté par les flancs. Contre Mouscron, il a inscrit ses deux buts en reprenant de la tête des centres aériens. Il a un peu des qualités similaires à celles de Cédric Roussel. Pas vraiment. Je me retrouve toujours en milieu de terrain : Olivier Su-ray un peu plus à gauche, moi un peu plus à droite. Contre Mouscron, Marc Grosjean m'avait demandé de me déporter davantage vers la droite que d'habitude, pour perturber le système adverse, mais cela ne m'avait pas dérangé. Pas du tout. Cela concerne tout le monde. On a coutume d'affirmer que les premiers défenseurs sont les attaquants, et c'est la vérité. Pour l'instant, le groupe ne défend pas trop bien. Il manque cette solidarité qui avait fait notre force. Peut-être avons-nous besoin d'être piqués au vif ? Contre Lokeren, lorsque nous avons été réduits à neuf en deuxième mi-temps, nous avons été capables de défendre... mieux qu'à onze. C'est bien la preuve que c'est dans la tête. C'est peut-être moins dans son tempérament, mais il se fait violence. Je ne peux rien lui reprocher à ce sujet. Un peu, malgré tout : on ne remplace pas du jour au lendemain le meilleur buteur du championnat de Belgique. Il faut laisser un peu de temps à son successeur de trouver ses marques. J'ai connu cela à Gand, lorsque nous avons perdu Ole-Martin Aarst, qui était aussi à cette époque le meilleur réalisateur de la compétition. C'est Alexandros Kaklamanos qui lui avait succédé. Ses débuts avaient été laborieux, mais regardez ce que l'attaquant grec est devenu. Je l'espère. Effectivement, il y a un peu plus de concurrence sur le plan offensif, cette saison. Cela ne peut pas faire de tort. Zoran Ban nous apportera son expérience, son envie d'inscrire des buts, sa volonté. Il a soif de revanche, et à ce propos, il arrive un peu dans les mêmes conditions que nous étions arrivés, voici un an. J'espère qu'il pourra, lui aussi, emmener le groupe dans son sillage : nous devons nous inspirer de son envie pour retrouver la nôtre. " Contre Lokeren on a mieux défendu à 9 qu'à 11 "" La succession de Roussel ? Le problème est en défense et dans l'entrejeu ! "