Quel sentiment éprouve- t-on en se levant chaque matin dans la peau du président du football mondial ? Le Suisse Sepp Blatter rit : " Pour commencer, chaque matin, je suis heureux d'être en vie. C'est la base de tout. Et en travaillant à la FIFA, je réalise mon £uvre idéale. Le football, c'est davantage que de shooter dans un ballon et marquer... Je concrétise ce que j'ai toujours considéré comme faisant partie de ma vie ".
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Quel sentiment éprouve- t-on en se levant chaque matin dans la peau du président du football mondial ? Le Suisse Sepp Blatter rit : " Pour commencer, chaque matin, je suis heureux d'être en vie. C'est la base de tout. Et en travaillant à la FIFA, je réalise mon £uvre idéale. Le football, c'est davantage que de shooter dans un ballon et marquer... Je concrétise ce que j'ai toujours considéré comme faisant partie de ma vie ". Sepp Blatter : J'ai changé. Au début, j'avais beaucoup de contacts avec le football, étant moi-même joueur amateur. Le football n'est plus le même non plus. Qui influence qui ? Nous avons grandi ensemble. Le football est ma vie : il est bon, en ce monde, qu'il y ait quelque chose comme le football. C'est une interprétation erronée. J'ai toujours eu comme politique de ne pas assister aux matches de la Suisse. Mes premières paroles ont été prononcées par le citoyen suisse : -Félicitations à l'équipe helvétique pour sa qualification. Tous mes autres propos venaient de la bouche du président de la FIFA. Le président de la Fédération turque de football m'a assuré qu'il comprenait ma position. A mon poste, je ne puis qu'affirmer qu'il y a eu un problème de fair-play. J'espérais que l'enquête serait plus rondement menée mais il s'est avéré impossible de réaliser une enquête en profondeur en interrogeant les joueurs, les entraîneurs et les officiels avant la fin 2005. L'affaire passera devant notre Commission de discipline les 6 et 7 février et n'aura pas de conséquences sur le Mondial 2006, de toute façon. J'ai assisté à trop de rencontres avant lesquelles on sifflait et huait les hymnes nationaux. La seule solution est d'éduquer le public. Les gens ne peuvent pas confondre hymnes et nationalisme. Certainement. Elle requerra l'attention de la prochaine réunion du Comité exécutif. Nous l'avons expérimentée au Mondial des -17 ans au Pérou puis à la Coupe du Monde des clubs. J'ai eu énormément d'échos positifs mais nous n'en avons pas encore tiré de conclusions. Tant que nous n'avons pas de certitudes, nous devons continuer à faire de notre mieux sans aide supplémentaire. Je pense que cela s'était déjà produit dans un important match de Coupe d'Europe mais je ne me souviens plus duquel. Le fait est qu'il y avait une faute technique et que l'Ouzbékistan a introduit une plainte. S'il n'avait pas protesté, nous aurions peut-être laissé le résultat tel quel mais l'Ouzbékistan a réagi et demandé qu'on modifie le score final en 3-0 en sa faveur. Pour être franc, j'ai été surpris que les juges de ligne et le quatrième officiel aient laissé botter le penalty. Ce genre de situation est pourtant clairement exposé dans la Loi 12. Il s'agissait d'une faute technique et non pas de l'interprétation subjective de l'arbitre. Laissez-moi le formuler ainsi. Si un arbitre commet une faute pareille durant une finale de Coupe du Monde sans que son entourage (quatrième arbitre, commissaires) le remarque, alors, il y a quelque chose qui ne va pas. L'organisation est mieux huilée mais le plaisir d'assister au tournoi restera le même pour moi. Je l'admets : la tâche de la FIFA est plus simple quand la Coupe du Monde a lieu tout près et qu'il n'y a pas de problèmes linguistiques. En 2002, la situation était complexe, avec deux langues différentes qui ne sont guère pratiquées dans le monde. Oui. Je viens de rencontrer Thabo Mbeke, le président, et son vice-président. Ils travaillent d'arrache-pied. Il reste encore beaucoup de problèmes, comme le stade du Cap. Il faudra construire une nouvelle arène. Le stade actuel du Cap a une capacité de 22.000 personnes et le stade de rugby peut en accueillir 34.000. Aucun n'est donc idéal. C'est une question de circonstances. Les contrats commerciaux des Mondiaux 2002 et 2006 étaient établis avant que nous sachions où ils auraient lieu. Maintenant, nous avons un pays organisateur pour 2010 et nous allons renégocier ces contrats. Quand nous avons établi une tournante afin d'aider l'Afrique à obtenir cette organisation, il existait une certaine retenue au sein du Comité exécutif de la FIFA. Depuis, la valeur économique du Mondial a pris le dessus sur la valeur économique du pays organisateur. Le Mondial conserve sa valeur où qu'il ait lieu : en Angleterre, en Allemagne, en Italie ou au Brésil. Il conserve même sa valeur si un de ces pays n'est pas qualifié. C'est l'épreuve elle-même qui compte. Ainsi, les droits de retransmission de la Coupe du Monde de football sont nettement supérieurs à ceux des Jeux Olympiques. Nous avons décidé que le Mondial 2010 aurait lieu en Afrique et l'édition 2014 en Amérique du Sud. Ensuite, nous réétudierons la question avant de prendre une décision. Ainsi, si nous partons du principe que l'Amérique du Sud est une partie de l'Amérique, la CONCACAF ne sera pas heureuse. Si nous poursuivons la rotation, ce sera au tour de l'Asie en 1018. Normalement, nous appliquons l'ordre suivant : Asie, Europe, Afrique, Amérique. Je doute cependant que le Comité exécutif opte encore pour une rotation complète après 2014. Avant le Mondial 2010. Nous avons décidé d'accorder notre préférence à un seul pays organisateur pour le Mondial. Si une autre situation se présente, nous devons être souples. Si on s'en tient à la rotation, le Mondial 2018 va à l'Asie. L'organisateur pourrait être la Chine, l'Inde ou quelques autres pays. L'affaire Charleroi n'est pas un problème de compensations mais d'assurance. Un joueur doit être assuré selon les règles de la FIFA pour toute joute internationale. Ces règles ont étés approuvées par l'Union européenne et l'assurance relève de la responsabilité des clubs. Peut-être nous retrouvons-nous ici dans une situation où un club dit à sa fédération nationale : -Notre assurance ne couvre pas les blessures encourues en équipe nationale. Dans ce cas, la fédération nationale en question doit trouver une solution. Il serait évidemment fou de disputer des matches internationaux de haut niveau avec des joueurs qui ne sont pas assurés. Quelqu'un doit prendre une initiative pour résoudre le problème. C'est pour cela que la FIFA a conclu une assurance spéciale pour tous les joueurs qui participeront au Mondial 2006. A l'avenir, nous devrons en effet veiller à ce qu'un joueur convoqué en équipe nationale soit assuré. Mais si un grand club anglais qui a des joueurs d'une valeur de 7,5 millions d'euros ou plus estime que l'assurance de l'équipe nationale - comme le Togo - ne suffit pas, les deux parties devront trouver un terrain d'entente. C'est une question de responsabilité. La FIFA a pris les siennes pour le tour final du Mondial à venir. Les matches de qualification tombent sous l'administration des confédérations. A ce niveau, les fédérations nationales doivent se porter garantes des assurances des joueurs. Il n'y aurait jamais eu d'affaire Charleroi si le Maroc l'avait fait. Les clubs ne doivent pas s'adresser à la FIFA ni à l'UEFA mais à leur fédération nationale, à ce propos. Les fédérations dont les équipes représentatives participent au Mondial allemand perçoivent un fameux paquet d'argent. On parle de sommes colossales, d'un total de 215 millions d'euros. Chaque équipe reçoit 1,3 million d'euros par match, soit un minimum de 3,9 millions d'euros, plus 650.000 euros pour la préparation. Nous proposons que les fédérations nationales résolvent le problème de compensations à verser au club comme beaucoup de pays le font déjà - l'Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas et, je crois, l'Italie et l'Espagne. Mais les clubs ne doivent pas être trop gourmands. Ils doivent aussi comprendre que leur valeur croît quand un de leurs joueurs se produit en équipe nationale. Les clubs veulent les meilleurs joueurs, c'est logique. Mais les fédérations aussi ont besoin des meilleurs footballeurs. Pourquoi les clubs sont-ils si réservés ? Notamment parce que les fédérations nationales organisent parfois des joutes amicales à des dates non prévues. D'un autre côté, les clubs ne respectent pas non plus toujours les périodes de repos dont les joueurs ont besoin. Une fois la saison terminée en Europe, certains effectuent des tournées en Chine, au Japon, en Afrique du Sud ou aux Etats-Unis pour gagner de l'argent, au lieu de donner deux ou trois semaines de vacances à leurs joueurs. Non. Ils sont nécessaires à la préparation des équipes nationales, qui ne se rencontreraient plus qu'en compétition, autrement. Les entraîneurs et les joueurs doivent réaliser des essais. Les deux groupes de travail qui examinent les finances et les compétitions sont au travail. Un troisième groupe va se pencher sur les influences politiques et la communication. La Task Force présentera un rapport au congrès de 2006. On y présentera des mesures qui entreront en vigueur en 2007. De telles mesures n'entreront en vigueur qu'en 2010, sans doute. Nous voulons un dialogue et non une confrontation. Ce que je suggère revient à une composition démocratique du Comité : idéalement, il y faudrait au moins un représentant des arbitres, un des entraîneurs, un des clubs, quelqu'un de la commission médicale - même s'il y a toujours un de ses membres au Comité. Ce serait idéal mais nous avons réalisé qu'il était très difficile de modifier les structures. Nous avons tenté de réviser les statuts mais les confédérations préfèrent le statu quo. Je pense que l'introduction d'une limite du nombre des mandats serait une bonne chose. D'autre part, un mandat est actuellement trop court à mes yeux. Après sa première élection, le président de la FIFA ne dispose que de quatre ans. Il utilise avant tout ce laps de temps à consolider sa position. J'apprécie le système du Comité International Olympique : son président est élu pour huit ans. Six années suffiraient déjà. Naturellement, le CIO a une limite d'âge, ce que je n'apprécie pas. Il y a des octogénaires en pleine forme intellectuelle et des sexagénaires qui ont l'air d'avoir 90 ans. Oui. KEIR RADNEGDE, ESM