Thierry Siquet ne tient pas de comptabilité personnelle. Donc il ignore qu'à la faveur de la victoire remportée à Lommel il disputait son 330e match en D1. Mine de rien, voilà un parcours qui commence à compter réellement. Bientôt 17 ans de professionnalisme. Dans un monde où les joueurs voyagent davantage et plus souvent que les pigeons, seulement quatre clubs: le Standard, le CS Bruges, Germinal Ekeren et La Louvière. Pour le compte de cette dernière entité, le Hutois désormais établi dans la campagne namuroise, dispute sa quatrième campagne. A bientôt 34 ans (il les fêtera le 18 octobre prochain), Thierry Siquet devient une référence au Tivoli. Un ancien que l'on écoute. Au sein de cette jeune formation, il lui appartient de prêcher la bonne parole. Il est devenu l'index tendu qui montre le chemin à suivre. L'ancien rebelle, parfois lunatique et bougon, souvent taciturne n'hésite plus à parler au nom de la meute. De manière ouverte. Ainsi, il n'apprécie nullement certaines critiques visant le jeu louviérois. Une constante dans le passé récent du club. Ainsi qu'une valse des entraîneurs qu' Ariel Jacobs paraît en mesure d'interrompre. Parce que ses options tactiques sont différentes de ses prédécesseurs?
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Thierry Siquet ne tient pas de comptabilité personnelle. Donc il ignore qu'à la faveur de la victoire remportée à Lommel il disputait son 330e match en D1. Mine de rien, voilà un parcours qui commence à compter réellement. Bientôt 17 ans de professionnalisme. Dans un monde où les joueurs voyagent davantage et plus souvent que les pigeons, seulement quatre clubs: le Standard, le CS Bruges, Germinal Ekeren et La Louvière. Pour le compte de cette dernière entité, le Hutois désormais établi dans la campagne namuroise, dispute sa quatrième campagne. A bientôt 34 ans (il les fêtera le 18 octobre prochain), Thierry Siquet devient une référence au Tivoli. Un ancien que l'on écoute. Au sein de cette jeune formation, il lui appartient de prêcher la bonne parole. Il est devenu l'index tendu qui montre le chemin à suivre. L'ancien rebelle, parfois lunatique et bougon, souvent taciturne n'hésite plus à parler au nom de la meute. De manière ouverte. Ainsi, il n'apprécie nullement certaines critiques visant le jeu louviérois. Une constante dans le passé récent du club. Ainsi qu'une valse des entraîneurs qu' Ariel Jacobs paraît en mesure d'interrompre. Parce que ses options tactiques sont différentes de ses prédécesseurs? Couvreur sous Grosjean.En 1999, Thierry Siquet dépose son sac à la RAAL pour aider les Loups à s'extirper de l'enfer constitué par la deuxième division. Le quatuor formé de Pirard à droite, Moury à gauche, Siquet et Delbeeke au centre a fière allure. Les flancs jaillissent bien tandis que les pions axiaux ferment la porte. "Nous pratiquions une zone. Avec marquage à l'intérieur de ce territoire et couverture alternative", explique Siquet. "Je m'entendais bien avec Fabien Delbeeke. Généralement, je me positionnais un peu derrière lui. Sauf sur les dégagements du portier adverse, où, profitant de mon jeu de tête, j'allais à l'interception. Cette formule a fonctionné à merveille. Aboutissant à notre accession parmi l'élite. Nous avons poursuivi sur notre lancée. Alexandre Bryssinck remplaçant simplement Manu Pirard. Puis la machine s'est détraquée. Nous perdions. Encore et toujours. Le doute s'est installé, comme cela se produit partout en semblable occasion. On avait beau s'appliquer, aller au charbon, il manquait toujours ce petit je ne saisquoi pour faire la différence. On le sait, dans ces cas-là, l'entraîneur voit arriver la note sous la forme d'un C4". Telle fut l'issue. Demi défensif sous Leclercq.Arrive Daniel Leclercq. Le Français suit l'équipe drivée par Alain Roland, son futur adjoint, et une réflexion lui vient à l'esprit. A l'instar de la majorité des grandes équipes européennes, le Druide souhaite une assise plate. Défense en ligne. Surprise, au lieu de conforter Thierry Siquet dans son rôle, il le déplace sur l'échiquier. D'emblée, ça marche. Au FC Malines, pour son entrée en matière, Daniel Leclercq innove et arrache un 0-0 en misant sur Bryssinck, Olivieri, Turaci et Delbeeke. "Quant à moi, je me trouvais juste devant ce quatuor. Intronisé demi défensif. Franchement, je n'aimais pas. Question de feeling, rien d'autre. Il faut être né pour occuper ce poste. Or, je n'ai pas la routine et l'envie d'un Hellers à son époque liégeoise. Ou la vocation d'un Yves Vanderhaeghe aujourd'hui. Ces gens font à merveille le sale boulot. Sans état d'âme, tout en donnant même l'impression d'y prendre du plaisir. A l'inverse, il fallait que je me force. Je dois toutefois admettre que cette construction avait du bon. La Louvière s'est mise à gagner. Les résultats reflétaient non seulement un certain réalisme, mais également du panache. Le maintien représenta une fête immense. Hélas, la reprise qui se présentait sous de bons auspices tourna au cauchemar. Nous étions entre-temps revenus à une défense s'articulant autour du libero. Pour notre première rencontre, nous avons totalement explosé, encaissant huit buts au GBA. Daniel Leclercq en était vert de rage". Aujourd'hui, un de ses anciens équipiers, qui ne manque assurément pas de culot, affirme dans les beaux salons que Siquet a eu la tête de Daniel Leclercq. Comment? En sabotant purement et simplement des rencontres. Thierry, qui en a vu d'autres dans sa déjà longue carrière, adopte sagement le principe qui veut que les chiens aboient pendant que la caravane passe. "Bien sûr que j'ai eu des problèmes avec Leclercq. Croyez-vous que j'étais seul dans le cas? Inutile de répondre. Une grosse divergence de vue est intervenue après notre déplacement à Genk. Il faisait une chaleur étouffante. On se serait cru en plein désert. Un moment, ma tête s'est mise à tourner. J'ai senti mes jambes me lâcher. Je me suis écroulé dans le rond central. Daniel Leclercq a été l'un des seuls à prendre de mes nouvelles. A m'inciter au repos". Pendant ce temps, les Loups prenaient un cuisant 5-2 dans les gencives."L'entraîneur ne m'en a pas voulu. Il savait que je ne jouais nullement la comédie, évidemment. Pourtant, à propos d'un autre sujet dont je ne veux plus parler, une dispute a éclaté durant la semaine. C'est ainsi que Fabien Delbeeke m'a doublé".Permutation inutile. Le fossé continue à se creuser. Dangereusement. Après une visite aux Buffalos, l'homme par qui le miracle était arrivé s'en va."Si j'effectue le bilan, je retiens que Daniel Leclercq nous a sortis du trou alors que nous étions mal embarqués. Raison suffisante à mes yeux pour ne pas le critiquer. Est simplement apparu un obstacle relationnel..."Stopper sous Ariel JacobsLe groupe tremblait devant la poigne de fer de l'ancien champion de France avec Lens. Un pédagogue s'indique. Ariel Jacobs en l'occurrence. Qui dit nouveau stratège, dit méthodes propres. Jacobs ne se met pas à tourner autour du pot. Pour rendre confiance, stabiliser, grignoter les unités salvatrices, il faut ériger de nouvelles fondations. Devant Olivieri, deux stoppers à l'ancienne prennent en charge les pointes adverses. Mission dévolue à Olivier Suray et Thierry Siquet. Aliaj, de retour en grâce, et Bryssinck se postent aux ailes. Nouveaux coup de poker. La magie du changement s'opère. Amenant les Loups en milieu de classement. Performance aussi remarquable que méritée. Durant cette période, personne ne songe à gratter le vernis. Seul compte le maintien. Acquis dans les flonflons de la joie. Alors, pourquoi cette saison, divers analystes font-ils la fine bouche remettant en cause un schéma qu'ils applaudissaient hier? "Cela me semble d'autant plus injusteque le constat est non seulement incorrect mais réducteur", tonne Siquet. "Parce que nous disposons des services de Domenico Olivieri, la formation s'appuie sur la compétence d'un couvreur. Et alors? Où est le problème? Je ne veux pas effectuer de folles comparaisons, mais à ce que je sache, l'AS Roma et le Milan AC ne procèdent pas autrement. La Louvière joue avec trois défenseurs disposés en triangle. Ernst, jusqu'ici remplit une tâche identique à celle de Cafu. Klukowski a aussi le loisir d'arpenter le couloir. Ariel Jacobs laisse à chacun le soin de s'exprimer offensivement. Il demande juste de la rigueur dans les coulissements. Une bonne organisation n'a jamais été synonyme de béton armé. Est-ce donc cela qui dérange? Non, nous gagnerons encore parce que nous avons de la rectitude. Que notre jeu est pensé. Réfléchi. Pas parce que nous bouchons le but. Ce n'est pas vrai. Nos adversaires se plaignent car ils se cassent les dents sur la méthode employée par La Louvière. Maintenant, j'admets volontiers que les jours où le ballon ne roule pas, le spectacle n'a rien d'exaltant. Toutefois, dans ces cas, le groupe a les capacités de faire le gros dos. Vous savez, ne pas encaisser signifie au moins une chose: un point tombe dans l'escarcelle". Thierry Siquet tient enfin à insister sur un élément essentiel à ses yeux: "Nous avons ramené le partage du Lierse en marquant à la 93e minute. Idem face au GBA en réalisant quasi le même exploit. Et le succès a couronné le déplacement à Lommel dans des conditions identiques. N'y voyez pas une condition physique supérieure à la moyenne, nous autorisant à émerger dans les arrêts de jeu. Pas du tout. Ce petit brin de réussite s'appelle la mentalité! Cette jeune phalange va jusqu'au bout de ses forces. N'abdique pas. Ne renonce jamais. Le reste à mes yeux, n'est que littérature..."Daniel Renard"Nous avons la bonne mentalité, pas de la réussite"