Petit flash-back pour introduire le sujet. Au lendemain du match face au Bayern, à la une de ma gazette, j'ai lu qu'Anderlecht ne méritait pas la défaite. Mais que si ! On a beau admirer un collectif qui se démerde honorablement face à plus fortiche que lui, si son attaquant de pointe obtient trois ou quatre occasions franches et qu'il les loupe pitoyablement, le collectif mérite sa déroute : " on gagne ensemble, on perd ensemble ", ainsi que le prêche Sainte Solidarité ! En tout cas, " Le Mystère Lukasz Teodorcyck" prend désormais place dans notre petit monde : on a beau savoir que coexistent des périodes de forme et de méforme, il est rarissime de constater pareil contraste entre ce qu'un footballeur a réussi la saison passée et ce qu'il rate à présent !
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Petit flash-back pour introduire le sujet. Au lendemain du match face au Bayern, à la une de ma gazette, j'ai lu qu'Anderlecht ne méritait pas la défaite. Mais que si ! On a beau admirer un collectif qui se démerde honorablement face à plus fortiche que lui, si son attaquant de pointe obtient trois ou quatre occasions franches et qu'il les loupe pitoyablement, le collectif mérite sa déroute : " on gagne ensemble, on perd ensemble ", ainsi que le prêche Sainte Solidarité ! En tout cas, " Le Mystère Lukasz Teodorcyck" prend désormais place dans notre petit monde : on a beau savoir que coexistent des périodes de forme et de méforme, il est rarissime de constater pareil contraste entre ce qu'un footballeur a réussi la saison passée et ce qu'il rate à présent ! Explication-bateau servie en pareil cas : la perte de confiance. À croire que le footballeur en général, et le buteur en particulier, est un petit être fragile, sous-équipé psychologiquement, tétanisé par la concurrence, tremblant comme une feuille dès qu'il ne secoue plus les filets. Sornettes ! Le vrai buteur, c'est-à-dire celui qui dure, n'a qu'une idée en tête après un but loupé, c'est planter le suivant n'importe comment. Le vrai buteur est un tueur froid. Alors, de deux choses l'une. Soit Teodorcyck a crevé de chance durant quelque mois, et maintenant c'est fini, le Bon Dieu a d'autres miracles à fouetter, et Lukasz retrouve son vrai niveau, qui est très moyen pour un club comme Anderlecht. Soit il est aujourd'hui en train de crever de malchance, mais la poisse ne peut pas coller aux mêmes studs ad vitam, et ça va bientôt re-rigoler du côté de son compteur/buts...peut-être même qu'il vient de refonctionner à Lokeren ! En tout cas, à vous de choisir. Ah, la malchance ! Comme elle a bon dos, pour mieux gémir quand les résultats foirent ! Certes, l'issue d'un match de foot relève d'une bonne dose d'aléatoire, même que cette dose est trop forte à mon goût. Mais il y a malchance et malchance. Ainsi, que de fois est-elle invoquée, à tort, par le clan qui s'est ramassé un but dévié ! Alors que des buts déviés, tu n'en ramasseras pas si tu campes devant le but adverse : si tu en ramasses, c'est que tu es en train de subir. Et le plus souvent, c'est que tu subis mal : c'est que tu laisses à l'adversaire un espace de frappe suffisant, au lieu de le harceler mollets contre mollets. Les frappes sur le cadre sont, elles aussi, décrétées malchanceuses. Mais ce n'est qu'une façon de voir : le mec qui réussit un piquet rentrant, ou gaïole pile dans le coin, c'est aussi un mec plus adroit que celui qui s'offre un piquet/piquet ou un piquet sortant, non ? D'ailleurs, un péno botté sur le cadre est un péno franchement raté ! Autre chose, les absences pour blessure peuvent être malchanceuses, mais pas toujours : celui qui se claque tout seul comme un grand, c'est qu'il s'est mal préparé, ou qu'il connaît mal ses limites, vu qu'il était grenouille et rêvait d'être boeuf, non ? Alors, selon Bibi, quand surgit-elle, la vraie malchance ? Quand tu perds 1-0 mais que tu as frappé six fois le cadre, ça oui, d'accord. Ou en championnat, quand tu rates une montée ou que tu te tapes une descente, alors que la victoire à deux points au lieu de cette connerie à trois points t'aurait permis de monter ou de te maintenir. Ou en coupe, quand tu es éliminé à cause dudit but prépondérant à l'extérieur, hypocrisie n'ayant jamais amené personne à jouer plus offensivement. Et en coupe encore, quand tu perds aux tirs au but, après 30 minutes de prolongations chez l'adversaire, puis des bottés sous les vociférations d'une foule évidemment hostile. Et surtout, très, très, très souvent, quand tu perds le match sur un détail, et que ce détail est une décision arbitrale hautement polémique. Ouais, je sais et je veux même bien le croire, sur 40 matches de championnat, ça s'équilibre, comme on dit. N'empêche que si ça se passe en finale de coupe, t'auras pas 40 finales pour te rattraper via le siffleur de service, faut pas croire au Père Noël. Ni au grand Saint-Nicolas dont c'est la fête aujourd'hui...