Un coup de sonnette, une porte qui s'ouvre, à l'arrière de la maison familiale, à Lommel. Le scénario se répète à plusieurs reprises. Johan Van Summeren (24 ans) n'est pas issu d'une famille de cyclistes. Que du contraire ! Son père est médecin. Le Dr Van Summeren a certes pratiqué le vélo en amateur mais il n'a pas permis à Johan de rouler avant ses 16 ans, les études étant prioritaires. Le jeune homme ne s'est pas rebiffé et n'a émergé que durant sa troisième année, gagnant dix courses. Il est passé de l'équipe d' EddyMerckx à Domo-Farm Frites et à Quick-Step-Davitamon, pour lequel il a gagné Liège - Bastogne - Liège en Espoirs. A ce moment, il a renoncé à s'inscrire à la Vrije Universiteit van Brussel au grand dam de ses parents.
...

Un coup de sonnette, une porte qui s'ouvre, à l'arrière de la maison familiale, à Lommel. Le scénario se répète à plusieurs reprises. Johan Van Summeren (24 ans) n'est pas issu d'une famille de cyclistes. Que du contraire ! Son père est médecin. Le Dr Van Summeren a certes pratiqué le vélo en amateur mais il n'a pas permis à Johan de rouler avant ses 16 ans, les études étant prioritaires. Le jeune homme ne s'est pas rebiffé et n'a émergé que durant sa troisième année, gagnant dix courses. Il est passé de l'équipe d' EddyMerckx à Domo-Farm Frites et à Quick-Step-Davitamon, pour lequel il a gagné Liège - Bastogne - Liège en Espoirs. A ce moment, il a renoncé à s'inscrire à la Vrije Universiteit van Brussel au grand dam de ses parents. Après une première saison pro chez Relax-Bodysol, il est passé à Davitamon-Lotto et il vient de vivre son premier Tour. Le géant, chargé de bidons de ravitaillement, a travaillé sans répit pour RobbieMcEwen. Dès le troisième jour, il s'était attiré les compliments de Lance Armstrong : - Tu as de bonnes jambes ! Son heure de gloire a sonné dans la 13e étape, une journée de transition après les Alpes. Au kilomètre 17, cinq coureurs s'échappent et prennent dix minutes d'avance. Wim Vansevenant, Mario Aerts, Christophe Brandt et Johan Van Summeren ont alors accédé à la demande de Mc Ewen : ils se sont lancés à leur poursuite et l'Australien a gagné à Montpellier. " Je ne suis pas rapide mais je récupère vite. Je peux rouler pour le classement. L'année prochaine, je voudrais d'ailleurs rouler la Vuelta, où je peux briguer une bonne place, et le Tour. Je vise aussi les classiques wallonnes. Cependant, travailler pour un autre ne me déplaît pas. Au Tour, cela m'a délivré de toute pression ". Le Tour, où il termine finalement 136e, l'a impressionné. Il lui a fallu plusieurs jours pour se défaire de sa nervosité. " Mon prologue a été catastrophique (il rit). Même au lit, mon pouls atteignait les 100 pulsations tant j'étais stressé. Je voulais tellement bien faire... J'étais sublimé à l'idée de rouler pour Robbie, un gars fantastique, si reconnaissant du travail qu'on abat pour lui. A la Vuelta, l'année précédente, on m'avait dit que le Tour était plus rapide. C'est vrai. En outre, quel cirque tout autour ! Le public, la caravane, la presse qui pourchasse les coureurs - encore que je n'ai pas été beaucoup sollicité, évidemment. C'est l'épreuve la plus chic. Il est cependant difficile de se concentrer avec cette foule qui se presse autour des coureurs, surtout dans les cols. C'est encore pire en Pays basque. J'ai sérieusement envisagé de mettre des boules quies quand j'étais aux côtés d' IbanMayo ! " Summie, comme on le surnomme, ne s'était pas ressenti de la Vuelta 2004 mais le Tour l'a laissé fatigué et affamé. " J'ai calculé que j'avais brûlé 90.000 calories en trois semaines. J'ai mangé énormément pour compenser cette perte et ensuite, mon corps a continué à réclamer les mêmes quantités. J'ai également souvent piqué du nez l'après-midi mais maintenant, j'ai progressivement retrouvé la forme ". Il pensait être repris pour le Mondial mais ne fut que réserve. Modeste, réaliste, le Lommelois peut se muer en lion en course. Patrick Sinkewitz en a fait les frais il y a cinq ans : " Nous grimpions le Portet d'Aspet. Il ne parvenait pas à passer et m'a poussé sur la cuisse. Je l'ai frappé. Evidemment, se venger en football est une chose mais on ne peut pas risquer d'entraîner la chute d'un coureur " Johan ne supporte pas l'injustice. Lorsqu'il se souvient d'une amende reçue en France pour une histoire de bidon, son sang ne fait qu'un tour... Ah, les bidons ! On reconnaît aisément le Limbourgeois dans le peloton. Il doit détenir le record du nombre de bidons qu'il charrie pour ses coéquipiers. Sa puissance et sa taille constituent un atout mais il a un truc pour ne pas perdre les précieuses flasques : " J'en mets d'abord trois dans les poches arrières de mon maillot. Sinon, il est impossible de remplir le maillot sans que les bidons ne dégringolent par le bas. J'en mets alors quatre ou cinq dans mon dos, j'ouvre mon maillot et j'en glisse cinq autres devant. Je peux en placer deux sur le vélo, sans oublier les gels énergétiques ". LOES GEUENSTOUJOURS AU SERVICE DES AUTRES, IL NE LUI RESTE PLUS QU'À GAGNER UNE COURSE EN PROS POUR S'IMPOSER.