C'est à l'académie Harry Hopman à Saddlebrook, en Floride, que la Rochefortoise a trouvé le calme nécessaire pour recouvrer ses esprits suite à ses faux pas d'Indian Wells et de Miami. L'expérience sera répétée cet été, pendant la saison américaine sur ciment. Rencontre.
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C'est à l'académie Harry Hopman à Saddlebrook, en Floride, que la Rochefortoise a trouvé le calme nécessaire pour recouvrer ses esprits suite à ses faux pas d'Indian Wells et de Miami. L'expérience sera répétée cet été, pendant la saison américaine sur ciment. Rencontre.Justine Henin: Je vais être honnête. A partir du moment où on ne se donnait pas 100% de chances de gagner ce match, ma motivation était différente. On avait une très bonne équipe à Madrid, et se retrouver déforcées était dommage. Sur le coup, je me suis demandé si je jouerais ou pas. Je n'ai jamais donné de réponse officielle parce qu'au fond de moi, le doute était toujours présent. J'en ai beaucoup parlé avec mon entourage. Sportivement parlant, il est vrai que les semaines s'enchaînent et que le programme devient fort chargé. Mais d'un autre côté, le fait d'avoir deux matches sur terre rouge (NDLA: par opposition à la terre battue américaine, de couleur grise et plus rapide) pour préparer la suite de la saison était une bonne chose. J'ai aussi pensé à notre victoire à Madrid et au fait que mon absence au Léopold aurait été triste. Pour moi d'abord, pour l'équipe ensuite et pour le public qui souhaitait nous voir jouer. J'ai pris la décision la plus sage. "La Fed Cup n'a pas la magie de la Coupe Davis"De manière inconsciente ou indirecte, j'ai vite senti que beaucoup de personnes souhaitaient ma présence. Je peux tout à fait le comprendre. Il aurait été triste pour la Fédération que je ne sois pas présente alors que le match se disputait en Belgique. Mais j'ai pris ma décision avant tout pour moi, pour ma satisfaction personnelle d'être à nouveau en groupe. L'expérience de Madrid m'avait apporté beaucoup de satisfaction. J'avais envie de la renouveler parce que j'aime l'ambiance de la Fed Cup.On peut voir les choses comme ça, mais moi, j'aime être dans une équipe qui est prête à 100% pour jouer. J'ai espéré jusqu'au bout, après avoir donné ma décision, que Kim allait pouvoir jouer malgré sa blessure à l'épaule. J'estime que, de nos jours, une équipe doit être au maximum de ses possibilités pour s'imposer, quel que soit l'adversaire.La formule de l'année dernière avec une seule semaine consacrée à la poule finale) était meilleure mais on a vu qu'elle n'a pas empêché de nombreux forfaits. Cette année, les Américaines Capriati et Seles ont été malgré tout présentes parce que le premier tour constituait une excellente préparation pour la saison sur terre battue. A cette période de l'année, toutes les joueuses ont besoin de matches. Trois semaines, c'est peut-être un peu beaucoup. En ce qui nous concerne, si le match face à l'Australie avait eu lieu en Australie, cela aurait été une catastrophe car nous aurions sans doute joué sur gazon!Il est trop tôt pour le dire, même si cette semaine sera très mal placée dans le calendrier. Pourquoi ne pas demander par exemple aux deux équipes de trouver une date qui convienne à tout le monde? L'agenda de la Fed Cup est trop strict et les joueuses ne se sont aucunement consultées. C'est un problème réel. L'autre problème vient du fait que, pour beaucoup de joueuses, la Fed Cup n'a pas la même magie que la Coupe Davis chez les hommes. Physiquement, c'est une épreuve de plus dans une année déjà fort éprouvante. Les garçons sont habitués à jouer beaucoup plus."On a encore dit que Justine avait craqué mentalement"Oui. J'ai accusé une grosse fatigue musculaire, surtout au niveau des adducteurs. La pluie a fortement perturbé le déroulement du tournoi à Amelia Island qui était, ne l'oublions pas, mon premier tournoi sur terre battue de la saison. J'ai été obligée d'attendre deux jours avant de disputer mon deuxième tour. J'ai même dû enchaîner mon quart de finale et ma demi-finale en une journée avec une demi-heure de battement entre les deux! La finale contre Venus Williams a été la goutte qui a fait déborder le vase. J'avais besoin de repos, sans quoi je risquais de compromettre la Fed Cup.A la limite, j'ai eu moins de regrets qu'à Anvers, sans doute parce que je ne jouais pas à la maison. Sur le coup, j'ai été bien sûr très déçue parce qu'une défaite reste une défaite, surtout après avoir été si proche de la victoire. Je crois d'ailleurs avoir joué le meilleur tennis de ma carrière pendant un set et demi. Tout le monde a dit que Justine avait encore une fois craqué mentalement. Tout le monde a son avis sur la question mais il faut aussi voir comment Venus a réussi à changer de tactique à cet instant de la rencontre en devenant plus régulière et en cherchant à casser mon rythme. De plus, j'ai eu le mérite de me battre à nouveau dès l'entame du troisième set et d'y croire jusqu'à la fin. Cela, personne ne peut me l'enlever. J'ai vraiment eu le sentiment d'avoir perdu contre la meilleure joueuse du monde car le match fut superbe. Mais au-delà du résultat, j'ai surtout retenu mon attitude très positive après ma défaite à Miami. Tout le monde sait qu'Indian Wells et Key Biscayne n'ont pas été terribles pour moi mais j'ai su réagir.Si! Je dois reconnaître que ce n'est pas toujours facile de travailler en Belgique car, qu'on le veuille ou non, la pression y est plus importante. J'ai passé six semaines aux Etats-Unis et, à la fin, je me sentais vraiment bien parce que je jouais pour moi, sans me tracasser de ce que peuvent penser les autres.Florient Etienne, ,"Contre Venus, j'ai joué le meilleur tennis de ma carrière"