C'est du 12e siècle, lorsque Hambourg a rejoint la Ligue Hanséatique, regroupant plusieurs villes du nord de l'Europe et négociant le trafic commercial de la mer du Nord et de la mer Baltique, que date l'essor de cette ville d'Allemagne. Et c'est encore grâce à son port et à son rayonnement sur l'Europe que cette cité baignée par l'Elbe a pu continuer à prospérer malgré un terrible incendie en 1842.
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C'est du 12e siècle, lorsque Hambourg a rejoint la Ligue Hanséatique, regroupant plusieurs villes du nord de l'Europe et négociant le trafic commercial de la mer du Nord et de la mer Baltique, que date l'essor de cette ville d'Allemagne. Et c'est encore grâce à son port et à son rayonnement sur l'Europe que cette cité baignée par l'Elbe a pu continuer à prospérer malgré un terrible incendie en 1842. C'est peut-être en rejoignant une autre Ligue, celle des Champions, que le HSV pourrait renouer avec cette gloire européenne qui fut la sienne dans le monde du ballon rond lorsqu'en 1983, sous la houlette des Felix Magath, Horst Hrubesch et autre Manfred Kaltz, Hambourg avait gagné la Coupe des Champions. Depuis 22 ans, Hambourg n'a plus brillé, s'offrant juste une pige en Ligue des Champions il y a quelques années. Pourtant, un vent nouveau souffle sur la toute pimpante AOL Arena. Pointant à quelques longueurs du Bayern, Hambourg se met même à rêver. " Aujourd'hui il n'y a que quelques dizaines de supporters car il fait très froid ", nous glisse Daniel Van Buyten, qui accepte de signer quelques autographes pour ces fans qui l'ont attendu plus de deux heures dans la froidure de l'hiver. " Généralement, ils sont une petite centaine. On le sent en ville. Quand je vais faire mes courses, je n'arrête pas d'être alpagué pour une photo ou un autographe. Les résultats suivent et cela se ressent dans l'atmosphère générale ". Après la séance matinale sur les terrains adjacents à l'Arena, inauguré il y a un peu plus d'un an en vue de la prochaine Coupe du Monde, le capitaine du HSV n'a pas manqué de passer aux mains des kinés avant de nous rejoindre dans la kantine plongeant dans l'immensité du stade. " Vide, c'est déjà impressionnant. Alors, il suffit d'imaginer ce que cela peut être quand il y a 55.000 spectateurs à chaque rencontre ". Daniel Van Buyten : Pour moi, c'est un peu une confirmation de la saison passée. C'est vrai que l'on n'arrête pas de me dire que je suis pour une grande part dans les performances de la défense. Cela me fait plaisir. Je dirige un petit peu plus que les autres mais tout le monde fournit un gros travail. Les nouveaux (Guy Demel et Timothée Atouba) ont apporté beaucoup et mon entente avec Khalid Boulahrouz est idéale. On est opposés. Lui est rodé pour le décrochage avec l'attaquant. Par contre, la couverture, parler, commander et le trafic aérien, c'est plutôt mon domaine. Cela me convient bien. On est complémentaires et c'est pour cette raison que l'on est si forts. Pour le moment, nous avons la meilleure défense d'Allemagne. L'objectif, c'est de faire mieux que la saison passée. On avait fini à la septième place. Moins bien que la cinquième place constituerait donc un échec. Maintenant, si à sept journées de la fin, on est toujours dans le trio de tête, on visera la Ligue des Champions. Mais cela ne sert à rien d'y penser en ce moment. On est une des plus jeunes équipes de la Bundesliga et si on évoque déjà la Ligue des Champions, j'ai peur que l'on se mette une trop grosse pression sur les épaules. Quand on voit notre défaite à Monaco, en Coupe de l'UEFA, on peut voir que l'on connaît encore des périodes de flottement. On avait gagné nos deux premiers matches et eux, ils avaient perdu leur seule rencontre. On était dans des conditions idéales. Un nul nous suffisait pour nous qualifier. Pourtant, sur le terrain, j'ai tout de suite perçu que l'on n'était pas dans le coup. On ratait des passes faciles. Or, moi j'étais motivé. Il s'agissait de mon retour en France et je pensais qu'on allait les taper. Au lieu de cela, on s'est fait avoir comme des gamins. Bien sûr. Quand de tels commentaires élogieux viennent de journalistes, si critiques habituellement, cela fait toujours plaisir. Quand je lis sur le forum des supporters qu'ils sont vraiment satisfaits de moi et que c'était un gars comme moi qu'il fallait au club, que je suis le capitaine rêvé, cela me procure encore plus de bonheur. Que ce soit en Allemagne, à Marseille ou à Manchester, on a toujours loué mes gestes défensifs. En Belgique, on pense différemment et on a décrété que je n'étais bon que quand je montais et que j'inscrivais un but. On ne me voit que trois matches par saison avec l'équipe nationale et on me juge là-dessus. Partout où je suis passé, mon boulot défensif a toujours été prioritaire. Bien sûr, quand je sentais le bon moment, je n'ai jamais hésité à pointer le bout du nez devant. Mais j'essaie toujours de donner le meilleur de moi-même derrière avant d'éventuellement apporter du poids en attaque. Penser défensivement avant de réfléchir offensivement. Peut-être. (Il réfléchit). Pourtant, je ne cache pas que si ma carrière était à refaire, je deviendrais attaquant. Je sais que ce n'est plus réalisable. Maintenant, je suis reconnu comme défenseur. Les dirigeants avaient d'abord pensé à Tomas Ujfalusi mais il est parti à la Fiorentina. Ils voulaient quelqu'un de l'extérieur, qui a une mentalité différente. Quand je suis arrivé, ils m'ont dit qu'ils voulaient un guerrier et qu'ils connaissaient ma réputation marseillaise. Ils ont ajouté que ma compréhension du français et de l'allemand constituait un autre atout. C'est pour cette raison que j'ai également signé ici car j'ai vu qu'ils avaient énormément confiance en moi. J'ai été appelé dans les vestiaires et il y avait le président, l'entraîneur, l'entraîneur adjoint, l'entraîneur des gardiens. Tout le monde était là. Comme je venais d'arriver, je me suis dit : -Que se passe-t-il ? Quelle erreur ai-je commise ? Pendant trois quarts d'heure, ils m'ont expliqué pourquoi ils voulaient me nommer capitaine. J'ai répondu que j'étais flatté mais qu'il fallait que j'en parle avant tout avec mes coéquipiers. Je me suis rendu dans le vestiaire et j'ai demandé que toute l'équipe se réunisse. J'ai dit : -Voilà, la direction veut que je porte le brassard mais je ne veux pas avoir de problème avec le groupe car je suis nouveau. Et tout le monde a suivi et m'a soutenu. Je ne sais pas de quoi mon avenir sera fait. Newcastle était intéressé en juin mais pour moi, le club anglais n'était pas prioritaire. Quitter Hambourg alors que je suis capitaine, que tout se passe bien et que l'on veut bâtir une grande équipe - tout cela pour une formation de même calibre, voire moins huppée -, je n'en vois pas l'intérêt. Ici, ils visent dans les prochaines années, dans un premier temps, le Top 20 européen puis le Top 10, et ce ne sont pas des paroles en l'air. Ils sont venus me chercher, puis ils ont attiré Demel, Atouba, Boulahrouz, et Rafaël Van Der Vaart. Pour l'année prochaine, je sais déjà qu'il y a des plans. Ils ne veulent pas n'importe quoi. Je suis certain que ce qui arrivera sera solide ! Pour grandir, le club doit garder les bons joueurs et en acheter de nouveaux. Par contre, je parlerais différemment si c'était le Bayern qui faisait le forcing pour moi. Ils sont venus aux nouvelles en été mais ils lorgnaient aussi Valérien Ismaël. Je n'étais que leur second choix. Je n'avais qu'une année de présence dans le championnat allemand et les Bavarois attendaient que je confirme. Il y a des clubs qui sont bien et d'autres, moins bien. Ici, j'ai de bons rapports avec le président - NDLA : celui-ci mange à une table un peu plus moins, il viendra saluer Van Buyten quelques minutes plus tard -, avec le directeur, avec l'entraîneur, avec tout le monde. Eux, ils veulent me faire signer pour dix ans ! Moi, j'ai des objectifs et je veux encore aller dans un plus grand club. Ce n'est pas à 27 ans que l'on peut dire que c'est fini au niveau des ambitions. D'un autre côté, grandir avec un club, c'est un défi intéressant. J'ai un contrat de trois ans et si à l'issue de celui-ci, je me sens bien, il y aura sans doute un autre contrat de trois saisons. Comme vous voyez, je laisse toutes les portes ouvertes. Je ne sais pas. Ma personne est la même quand je vais en équipe nationale. Je me posais des questions et j'ai demandé à Emile Mpenza si j'étais différent quand je retournais en Belgique. Il m'a répondu que non. A Hambourg, je joue avec des gens que je connais. On vit ensemble, on se voit tous les jours. Je sais exactement comment tout le monde fonctionne. En équipe nationale, le groupe change souvent. On se voit trois jours tous les trois mois. Moi, je crois en mes moyens mais parfois, je me demande si on a confiance en moi. J'ai prouvé de bonnes choses à l'étranger. C'est rare quand je suis sur le banc. A Marseille, j'ai été nominé pour être joueur de l'année. Les deux autres joueurs, c'étaient des attaquants. Pour un défenseur, c'est quand même pas mal ! En Allemagne, cela se passe bien aussi mais en Belgique, je dois encore convaincre les sceptiques. Si j'avais le même soutien, bien sûr que je pourrais le faire. J'ai pris mes responsabilités à Marseille, ici aussi. Je connais les autres Diables Rouges. Je n'ai aucun problème que ce soit avec les Wallons ou avec les Flamands. C'est dans ma nature de commander et de guider les jeunes. Depuis le départ de Franck Leb£uf de Marseille, j'ai pris ce rôle dans chaque club dans lequel j'ai évolué. J'avais 24 ans. L'âge n'a donc pas d'importance. Ce n'est pas cela qui poserait problème. Mais il faudrait qu'on le souhaite. Je veux avoir le sentiment que quand je viens, je suis attendu et respecté. En ce moment, j'ai plutôt l'impression qu'on ne fait que guetter mes erreurs. Moi, j'essaye, je me bats, je me donne à 100 %. Or, on ne retient que le négatif. A Hambourg, c'est l'inverse. Tout le monde commet des erreurs mais si le joueur s'est donné à fond, on met l'accent sur le positif. On ne le charge pas pour sa seule floche. Ce sont surtout les médias qui agissent ainsi mais je ne mets pas tout le monde dans le même sac. Je crois que je supporte assez bien les critiques. Elles sont nécessaires, elles me servent à avancer mais cela ne doit pas devenir de l'acharnement. Quand j'ai commis une erreur contre la Bosnie-Herzégovine, on a mis le but sur mon compte sans voir qu'il résultait de plusieurs autres approximations. Quand moi, je fournis l'effort pour compenser une erreur d'un coéquipier et que cela peut éviter une situation dangereuse, eh bien on ne le voit pas. Moi, j'ai toujours autant de plaisir à porter le maillot de l'équipe nationale. Ne pas participer à la Coupe du Monde, cela fait déjà mal. C'est un tournoi que j'ai connu au Japon, où tu rencontres les meilleures nations, où tu te mets en vitrine. C'est vraiment beau. En plus, c'est en Allemagne. On aurait pu jouer à Hambourg où j'aurais disposé de plein de fans. Ici, tous les jours, on en parle. On n'arrête pas de me dire que c'est dommage que la Belgique n'y soit pas. C'est encore plus décevant de vivre cela de l'extérieur. Dans une phase qualificative, il faut savoir répondre présent aux bons moments. On n'a pas su gagner les matches à domicile. Dès le début, on a pataugé. L'Espagne était beaucoup plus prenable que la Serbie & Monténégro. Après notre rencontre contre les Serbes à Bruxelles, je me suis dit qu'ils étaient intouchables. Ce match-là, on n'aurait jamais pu le gagner. Ce n'est pas là que s'est jouée la qualification. En Bosnie, on devait l'emporter. Il a manqué des joueurs de caractère. Il n'y en avait pas sur le terrain. Sur le but, le Bosniaque arrive à faire une première tête au milieu de trois Belges alors que le ballon monte haut et qu'il ne descend pas très vite. Ce n'est pas normal. Après le match, mon coéquipier Sergej Barbarez m'a dit qu'on avait mal joué, qu'on n'en voulait pas assez et qu'avec notre groupe, on n'aurait jamais dû perdre. Pour moi, Aimé Anthuenis s'est toujours mis en pare-chocs devant le groupe pour le préserver. Il a toujours essayé de trouver des solutions. L'échec n'est pas à mettre à son seul passif. Si on ne va pas à la Coupe du Monde, c'est que les joueurs n'en sont pas capables. Il faut élever son niveau de jeu. Le jour où il y aura un élan positif, les prestations individuelles s'amélioreront. Le changement d'entraîneur va peut-être nous permettre de prendre nos responsabilités, d'essayer de nous surpasser. (Silence). Je ne sais pas. Oui. L'année passée, à Hambourg, on sentait que la moitié du groupe n'était plus derrière Klaus Toppmöller. Dans ces conditions, c'est impossible de continuer. Tu ne saurais pas faire des résultats s'il n'y a qu'une moitié de l'équipe qui le veut. Il n'y avait aucune organisation. Je disais à Toppmöller qu'il fallait réexpliquer aux joueurs les bases du positionnement, mais il me répétait que chacun devait le savoir. Quand Thomas Doll est arrivé, il a repris les fondements et expliqué l'ABC du placement. Cela a fonctionné. Avec Anthuenis, on n'a jamais senti une partie du groupe dépassée par les consignes. Tout le monde a toujours suivi le discours du coach. STÉPHANE VANDE VELDE, ENVOYÉ SPÉCIAL À HAMBOURG " MAINTENANT, JE SUIS RECONNU COMME DÉFENSEUR " " EN BELGIQUE, ON A DÉCRÉTÉ QUE JE N'ÉTAIS BON QUE QUAND J'INSCRIVAIS UN BUT "