Après une saison noire marquée par la poisse et les blessures, Alan Haydock est revenu sous les feux de l'actualité. Ce n'est sans doute pas un hasard si son retour en équipe Première a coïncidé avec l'arrivée d'Ariel Jacobs à La Louvière. L'ancien entraîneur de l'équipe nationale Espoirs le connaît et l'apprécie. A 25 ans, Alan Haydock essaye de plaider sa cause au sein d'un club souvent miné par des conflits internes ces dernières semaines.
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Après une saison noire marquée par la poisse et les blessures, Alan Haydock est revenu sous les feux de l'actualité. Ce n'est sans doute pas un hasard si son retour en équipe Première a coïncidé avec l'arrivée d'Ariel Jacobs à La Louvière. L'ancien entraîneur de l'équipe nationale Espoirs le connaît et l'apprécie. A 25 ans, Alan Haydock essaye de plaider sa cause au sein d'un club souvent miné par des conflits internes ces dernières semaines.Que faut-il penser des récentes déclarations de Jean-Jacques Missé Missé?Alan Haydock: S'il y a une chose que j'ai envie de dire, c'est: -Arrêtons de parler sans cesse de La Louvière en mal! Les dirigeants ont fait des choix, nous devons les respecter. Nous avons connu suffisamment de péripéties depuis le début de la saison et la situation sportive est suffisamment délicate pour ne pas débattre des problèmes internes sur la voie publique. Le championnat est encore long et nous avons besoin de sérénité. Depuis votre arrivée à La Louvière, n'avez-vous pas l'impression d'être tombé dans un drôle de cirque?Si, un peu. Frédéric Tilmant, le plus ancien du club, m'affirme qu'il n'avait jamais connu cela. Autant de remous en aussi peu de temps, c'est incroyable! Le club ne mérite pas cela. La Louvière a tout fait pour arriver en D1. Lorsque le club était en D2, il n'y avait pas tous ces problèmes. Je ne comprends pas. C'est le rêve de tout footballeur d'évoluer en D1. Alors, au lieu de cracher dans la soupe, ne boudons pas notre plaisir.Le club était-il prêt à jouer en D1?Probablement pas. Déjà, au niveau des infrastructures, il est clair que La Louvière n'a pas le stade le plus moderne de la D1. Mais il faut se contenter de ce que l'on a. Le terrain d'entraînement est désormais très acceptable. On a aussi parlé de retard de payements envers l'ONSS. Je n'ai jamais rien constaté d'anormal. S'il y a un problème à ce niveau, il date d'il y a dix ans. Actuellement, nous sommes toujours payés à heure et à temps. J'ai connu bien pire au RWDM, autrefois."Gaone est un homme de tempérament"Si tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, pourquoi tous ces signes de mécontentement? Je me le demande. Certains joueurs sont mécontents parce qu'ils jouent moins. Ils ont le droit de le faire savoir, mais il y a la manière. Je crois aussi que Daniel Leclercq a lui-même propagé certains bruits pour se protéger. Il était un peu parano. Il voyait des ennemis partout. Il pensait que Benoît Thans lui voulait du mal, alors qu'il s'évertuait au contraire à maintenir le calme dans le groupe. On a parlé d'un noyau dur qui s'était formé dans le groupe afin de saboter Daniel Leclercq. C'est faux. Un joueur a son honneur. Manu Karagiannis a quinze ans de professionnalisme derrière lui. Benoît Thans et Thierry Siquet également. Quel intérêt auraient-ils à tout gâcher? Croyez-vous que cela fasse plaisir, un 8-2 au GBA ou un 5-1 à Genk? Ce n'était pas du sabotage. Simplement, il y avait un blocage. Tout le monde était fatigué mentalement. Peut-être avait-on, aussi, placé la barre trop haut. On pensait qu'avec le sauvetage du club, le plus dur était passé et qu'on allait pouvoir viser une place en milieu de tableau. C'était perdre la réalité de vue. Beaucoup d'efforts avaient été accomplis pour maintenir le club en D1. Une certaine décompression s'en est suivie. On n'était plus prêts à se retrousser les manches.Jean-Claude Verbist n'avait-il pas raison lorsqu'il a mis le doigt sur le manque de professionnalisme?Les intentions de Jean-Claude Verbist étaient sans doute louables. Personnellement, je n'ai jamais eu de problème avec lui. On pouvait tout lui demander, il se coupait en quatre. J'ignore ce qui s'est réellement passé entre le président et lui. Ce n'est d'ailleurs pas de mon ressort.Le départ de Verbist n'a-t-il pas entraîné celui de Leclercq?Peut-être. A l'époque, effectivement, on avait pensé que le "ciment" Verbist parti, Leclercq partirait aussi. Pourtant, je constate que Leclercq a signé son contrat alors que Verbist avait déjà quitté le Tivoli. Les résultats n'ont pas suivi, l'ambiance s'est dégradée.Et des déclarations maladroites de Gaone après la défaite à La Gantoise ont précipité la démission de Leclercq...Il faut connaître le président. C'est un homme de tempérament et il a réagi à chaud. Le lundi, il est venu s'excuser auprès des joueurs qu'il avait incriminés. Le connaissant, je savais que ses excuses étaient sincères. Mais je comprends aussi que Nicolas Ouédec et Claude-Arnaud Rivenet aient pu être vexés. A leur place, je l'aurais été aussi. L'incident est clos. Leclercq a-t-il été froissé? Je crois qu'il avait déjà l'intention de partir et que les déclarations du président n'y étaient pour rien. Il a déclaré après coup qu'il voulait provoquer un choc psychologique. Je n'y crois pas. Sinon, il n'aurait pas annoncé son intention de démissionner aux joueurs dès la fin du match. Maintenant, arrêtons de parler du passé et des personnes qui ont quitté le club. La page est tournée. Les gens actuellement en place sont tout à fait compétents."Les visites de Leclercq nous perturbent"Il semble toutefois que Daniel Leclercq vienne encore regulièrement à La Louvière, et qu'une scission se soit opérée entre ceux qui continuent à le fréquenter et ceux qui l'évitent.Nous, les joueurs, ne voyons pas toujours ses visites au stade d'un bon oeil. Elles nous déconcentrent.Pour votre part, vous ne gardez évidemment pas de très bons souvenirs de lui.C'est vrai, mais je ne suis pas le seul: la moitié des joueurs du noyau ne croyaient plus en lui. Il y a deux mois, il n'y avait plus d'âme dans l'équipe, plus d'envie, plus de solidarité. C'était impossible de jouer des matches de championnat dans des conditions pareilles. Il fallait un changement. Il est survenu et c'est très bien ainsi. Leclercq m'a ignoré pendant des mois. Dans les colonnes de votre magazine, il s'est épanché sur mon cas et a prétendu qu'il m'avait toujours défendu. Balivernes. C'est Verbist qui lui avait demandé de me garder dans le noyau. Sans cela, je ne serais plus à La Louvière. Trois semaines avant son départ, Leclercq a enfin découvert à quelle place je jouais.N'est-ce pas compréhensible, dans la mesure où vous étiez blessé lorsqu'il était arrivé?Peut-être. Mais il n'a jamais pris la peine de s'informer à mon sujet. Durant la période de préparation, alors que j'étais guéri, je n'ai pu disputer qu'un seul match amical. J'ai joué au... stoppeur! Leclercq n'était pas satisfait de ma prestation. Je peux le comprendre, puisque je n'avais jamais évolué à ce poste. J'avais beau lui répéter que je n'étais pas un stoppeur, il était fixé sur cette idée. Lors des autres matches amicaux, je n'avais même pas été inclus dans le groupe élargi. A la longue, j'étais heureux d'aller jouer avec la Réserve. Je n'avais plus envie de voir Daniel Leclercq. J'étais déprimé, car j'avais beau me donner à fond à l'entraînement, rien n'y changeait. Heureusement que mon épouse m'a soutenu. Elle me répétait sans cesse: -Un jour, la roue va tourner! J'étais à deux doigts de demander mon transfert lorsque le changement d'entraîneur est intervenu. Pour moi, la donne a changé. Je sais que, désormais, je serai jugé à ma juste valeur. Pour vous, l'arrivée d'Ariel Jacobs est donc un cadeau du ciel?Personne ne me connaît aussi bien que lui. Lorsqu'il était l'entraîneur de Diegem, il m'avait déjà vu à l'oeuvre dans les catégories d'âge. Par la suite, je l'ai côtoyé en équipe nationale des Espoirs, puis au RWDM. Il sait comment m'utiliser. Je savais qu'avec lui, j'aurais ma chance."Karagiannis est un emmerdeur..."Celle-ci est survenue face au Standard, lorsque vous avez été introduit en deuxième mi-temps, puis au RWDM, où vous étiez titulaire.Est-ce un hasard si j'ai retrouvé la pelouse lors du déplacement à Molenbeek, le club de mon coeur? Il faut croire que le Stade Edmond Machtens me porte chance.L'arrivée d'Ariel Jacobs n'a pas été bien perçue par tout le monde. Lors de son premier match, face à Lommel, des supporters ont manifesté leur mécontentement.Ils étaient sans doute déçus par le limogeage de Daniel Leclercq. L'entraîneur français restera évidemment dans l'esprit de beaucoup de sympathisants louviérois comme le sauveur, celui qui a maintenu La Louvière en D1. On ne peut pas nier ses mérites.Que pensez-vous pouvoir apporter à La Louvière.On me connaît. Je ne suis pas capable de dribbler trois hommes dans un mouchoir de poche. Je peux apporter mon abattage et ma mentalité. Je sers de relais entre Karagiannis et le meneur de jeu. On connaît Manu: c'est un emmerdeur. Moi aussi. Mais il faut des joueurs pareils dans une équipe. Grâce à notre travail de récupération, nous soulageons la tâche de Rivenet, alors plus frais et plus lucide à la construction.Où en êtes-vous physiquement?Au niveau des blessures, je suis guéri. Lorsque je joue, je n'ai pas trop de problèmes pour trouver le rythme non plus. Mentalement, je suis libéré et cela m'aide à trouver les ressources physiques. Je sais qu'un jour, je subirai le contrecoup des efforts consentis pour revenir. Mais j'ai faim de ballon, j'ai envie de rattraper le temps perdu.Daniel Devos