Salut à tous, putain, je pète la forme ! Rien à voir avec la photo juste au-dessus où je porte mes 20 ans avec candeur mais presque. L'autre week-end, j'ai pris un coup de jeune. J'ai eu droit à mon premier carton jaune depuis 12 ans. Je pensais ne plus jamais vivre cette sensation (forcément) d'injustice. Extase suprême, cette jaune, je ne l'ai pas eue n'importe où. Non, non, je l'ai prise à Old Trafford ! Eh oui, les mecs, dans la cour des grands. Bon, dans le tunnel, certes. Mais c'est quand même celui qui mène sur la pelouse des très grands.
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Salut à tous, putain, je pète la forme ! Rien à voir avec la photo juste au-dessus où je porte mes 20 ans avec candeur mais presque. L'autre week-end, j'ai pris un coup de jeune. J'ai eu droit à mon premier carton jaune depuis 12 ans. Je pensais ne plus jamais vivre cette sensation (forcément) d'injustice. Extase suprême, cette jaune, je ne l'ai pas eue n'importe où. Non, non, je l'ai prise à Old Trafford ! Eh oui, les mecs, dans la cour des grands. Bon, dans le tunnel, certes. Mais c'est quand même celui qui mène sur la pelouse des très grands. Tout avait mal commencé ce jour-là. Troisième minute de ce ManU-Arsenal et l'objet de mon désir devient supplice. Thomas Vermaelen se troue, Van Persie agrandit le trou avec le ballon. Mon affiche devient avis mortuaire. J'étais là surtout pour Captain Thomas. Je l'avais prévenu par sms, ça semblait OK mais un fait de match change tout. Heureusement, coup de bol, on va rebondir grâce à un coup de boule. Patrice Evra marque. Deux buts en six ans et puis là, 2e en six semaines. Il sera de bonne humeur, parle français, il viendra ! Je suis content. J'entonne la Marseillaise avec, en écho, ce bon vieux " Marseille " Desailly assis derrière moi. 87 minutes de gestion mancunienne plus tard et c'est à moi de jouer. Je dois passer du commentaire à faire commenter. Je rentre dans mon fameux tunnel avec une seule chose en tête. Evra, c'est bien mais pas assez. Je sors alors le lance-missile. Ma cible : le " FloorManager " de la PremierLeague. " Je veux Ferguson, Wenger, Rooney et VanPersie. " La réponse ne demande aucune traduction. A mon regard de fouine, il répond par un regard fait d'incrédulité et de pitié. Genre celui qu'on a avant de caresser un bébé labrador. " You'redreaming, man ! ". Yes et alors ? Cela dit, j'ai vite compris que Wenger ce sera aussi pour une autre fois. Il veut plus entendre parler de Belge. A Canal+, je l'entends a(r)sséner : " Un grand défenseur ne commet pas ce genre d'erreur ". Ça m'excite. J'ai encore plus envie d'avoir Thomas mais, maintenant, pour le réconforter. Ces gars-là, quand ils se plantent, c'est en Mondovision. Bon OK, leur salaire est aussi de niveau mondial mais dans ces cas-là, la seule valeur qui compte c'est l'humaine. Et à la bourse du footballeur pro tu te sens en faillite émotionnelle. Je me poste donc juste à la sortie du vestiaire d'Arsenal. Thomas ne m'échappera pas. Le temps que cette douce pensée effleure mon esprit de vieil adolescent et une voix me ramène à la réalité des adultes. L'arbitre des après-matches me remet à 9,15m. Avec classe, très british : " Sorry Sir, maisc'estinterdit. Considérez que je vous donne une carte jaune. Prochaine fois, c'est la rouge et rapport. " Putain, j'ai du mal mais pour pas porter préjudice au collectif " Betvyen ", je retourne contre le mur. Je vois défiler Ferguson, Rooney, Van Persie. Je deviens fou. Mon collègue français me dit de me calmer. " Fred y a rien à faire. Calme-toi, y a des règles ". OK mais pas question de me contenter de ce qu'on me donne. Je tente le coup Desailly, contrat Canal+ ou pas. J'ai envie d'être surpris par celui qui a l'air inabordable, intouchable. Il sera convivial et touchant. Et puis, surtout pertinent. Le choix des mots est chirurgical. Le jugement radical. Celui qu'il appelle " Vermeulen " a foiré. Et de conclure : " difficile de trouver un très grand défenseur à Arsenal ". Passe alors devant nous un très grand défenseur. RioFerdinand. Il s'arrête et attend qu'on ait finit pour saluer le grand " frère " Marcel. Ils se sont fréquentés à Londres. Du temps où il était " gamin " à West Ham et Marcel " parrain " à Chelsea. Beaucoup de respect dans la poignée de main. Ça fait du bien. Ça existe encore. J'ai même plus envie de prendre ma deuxième jaune. Finalement, et définitivement, c'est avec les pieds qu'un footballeur doit nous offrir l'essentiel. Sur scène ou en coulisses, la Premier League est le plus beau spectacle du monde. " Extase suprême : j'ai pris une jaune à ManU. "