Pour la première fois depuis 1989, Sabine Appelmans ne sera pas présente à Roland Garros. Du moins pas en tant que joueuse puisqu'elle sera, tout au long de la deuxième semaine, consultante pour la VRT. Pensionnée du tennis depuis quelques mois, Sabine Appelmans risque d'ailleurs d'écraser une petite larme à l'occasion de sa visite à la Porte d'Auteuil, théâtre du Grand Chelem qu'elle a toujours préféré.
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Pour la première fois depuis 1989, Sabine Appelmans ne sera pas présente à Roland Garros. Du moins pas en tant que joueuse puisqu'elle sera, tout au long de la deuxième semaine, consultante pour la VRT. Pensionnée du tennis depuis quelques mois, Sabine Appelmans risque d'ailleurs d'écraser une petite larme à l'occasion de sa visite à la Porte d'Auteuil, théâtre du Grand Chelem qu'elle a toujours préféré. Le tennis vous manque-t-il depuis le mois de février et votre départ à la retraite sportive?Sabine Appelmans: Honnêtement, non. Mais depuis l'approche de Roland Garros, je sens que ce sera difficile car j'ai toujours ressenti des frissons au moment de prendre part à cette compétition. Ce n'est pourtant pas à Paris que vous avez obtenu vos meilleurs résultats.Je sais, j'ai été une seule fois en huitièmes de finale (91) mais il se dégage à Roland une atmosphère que l'on ne retrouve pas ailleurs. D'une part, c'est là qu'il y a le plus de Belges dans les allées et, d'autre part, les joueurs n'ont jamais l'occasion de se reposer tant il y a de monde partout. Même dans les vestiaires, il est parfois difficile de trouver un endroit pour se mettre au calme. Heureusement, depuis que des travaux ont été réalisés à ce niveau, nous disposons d'un peu plus d'espace. Quand je dis nous, je pense évidemment aux joueurs professionnels encore en exercice.Comment compareriez-vous Roland Garros et les autres tournois du Grand Chelem?Au niveau du public, il s'agit sans doute de l'étape où ils sont les moins connaisseurs du tennis. Parfois, j'ai l'impression que les Français viennent là comme lorsqu'ils vont dans un parc d'attractions. A Wimbledon, par contre, ils sont très connaisseurs, comme à l'US Open. L'Australian Open est quant à lui le plus cool de tous les tournois car les joueurs sont plus relax et parce qu'il y a aussi plus d'espace. En termes d'organisation, je dois dire qu'ils se valent tous. Roland Garros était un peu en avance sur les autres il y a quelques saisons mais, désormais, ils sont tous les quatre au même niveau.Mais c'est en Australie que vous vous êtes toujours le plus amusée.Oui, c'est vrai. J'ai toujours adoré cette épreuve car elle se déroulait en plein été australien alors que l'Europe est au milieu de l'hiver. D'autre part, j'ai toujours énormément apprécié les Australiens. Mais je répète que, par tradition, j'aurais préféré briller à Paris.Par tradition?Je veux dire par-là que dès que l'on joue au tennis en Belgique, on est abreuvé des images télé qui viennent de Roland Garros. Comme, de plus, la plupart des terrains belges sont en terre battue, on s'identifie aux stars qui jouent à Paris et dès que l'on est en position de gagner un tournoi, on se voit en train de brandir la coupe Suzanne Lenglen. Pour ma part, si j'avais pu choisir entre les quatre tournois majeurs, c'est évidemment sur Roland Garros que se serait porté mon choix.Le fait que ce tournoi soit le plus suivi en Belgique constitue-t-il un avantage ou un désavantage pour les joueurs et les joueuses belges?Tout dépend des joueurs. Dominique Monami-Van Roost n'a ainsi jamais beaucoup aimé se produire à Paris alors que d'autres joueurs aiment l'ambiance très chaude des terrains annexes autour desquels se pressent les spectateurs belges. Pour ma part, je m'y suis toujours sentie très à mon aise même si, je le répète, il ne s'agissait pas du Grand Chelem où je réussissais mes meilleures performances.Comment expliquez-vous, justement, qu'excepté Dewulf, les Belges ne se soient jamais vraiment mis en évidence sur la terre battue parisienne?En ce qui concerne Dominique et moi, il faut rappeler que nous développions un jeu plus efficace sur surface dure que sur terre. Ceci explique donc cela.Pensez-vous qu'il en sera de même pour Justine Henin et Kim Clijsters?Non, je pense que Justine est une joueuse de terre. Quant à Kim, comme elle est convaincue qu'elle peut le devenir, le plus important est fait. Réellement, je suis persuadée qu'elles ont toutes les deux le potentiel pour s'imposer à Paris. Pas tout de suite, sans doute, mais d'ici quelques années, il faudra compter avec elles pour le titre.Et, quand elles seront sur le point de gagner, vous serez là...Je l'espère puisque je vais désormais commenter les tournois du Grand Chelem pour la VRT. Je serai présente lors des deuxièmes semaines de Roland Garros et de Wimbledon et nous sommes en train de négocier pour l'US Open. Votre job à la VRT est pourtant celui de speakerine?Disons que je suis speakerine sept ou huit jours par mois, je peux donc aisément m'absenter une semaine de temps en temps.Comment avez-vous vécu vos débuts à la télé?J'étais évidemment assez stressée lors de mes premiers passages mais, aujourd'hui, je pense que cela va pas mal.Quelles sont les pronostics de la consultante de la VRT pour le tableau féminin de cette saison?A mon sens, Amélie Mauresmo est l'une des grandes favorites d'autant qu'elle adore se produire devant son public comme en témoigne ses deux victoires à l'Open Gaz de France. Je reste cependant convaincue que Martina Hingis a la faculté de s'imposer. D'autant que cette année, elle aura moins de pression et qu'elle ne fait pas figure de favorite numéro 1.Comment expliquez-vous qu'elle n'ait pas encore gagné à Paris?La terre battue est la surface la plus exigeante en terme physique. Or, Hingis est plus légère que les Williams, Davenport et Pierce. Lorsqu'elle arrive en demi-finale ou en finale, elle n'est plus au top de sa condition et n'est plus capable de pratiquer son meilleur jeu. Bernard Ashed