La porte claque. C'est le président Abbas Bayat qui, le nez dans les chaussures, passe en zone mixte sans s'arrêter. Le temps n'est pas à la rigolade après la défaite 1-2 contre Malines. Charleroi est en crise et on peut dire qu'il s'y est mis tout seul. Comme un grand. En semaine, la nervosité se faisait déjà sentir. Après les déclarations de Mouhssine Iajour, le manager Mogi Bayat décrétait une sorte de silenzio stampa. Seuls six joueurs ( Tim Smolders, Sébastien Chabaud, Bertrand Laquait, ...

La porte claque. C'est le président Abbas Bayat qui, le nez dans les chaussures, passe en zone mixte sans s'arrêter. Le temps n'est pas à la rigolade après la défaite 1-2 contre Malines. Charleroi est en crise et on peut dire qu'il s'y est mis tout seul. Comme un grand. En semaine, la nervosité se faisait déjà sentir. Après les déclarations de Mouhssine Iajour, le manager Mogi Bayat décrétait une sorte de silenzio stampa. Seuls six joueurs ( Tim Smolders, Sébastien Chabaud, Bertrand Laquait, Frank Defays, Majid Oulmers et Badou Kere) pouvaient s'exprimer, les jeunes étant priés de garder leurs états d'âme pour eux. Nervosité également samedi soir dans le chef de l'entraîneur, Thierry Siquet, refusant de s'exprimer à la télévision, frustré par la prestation de ses joueurs. Sans doute percevait-il qu'il venait de vivre son dernier match à la tête des Zèbres. Devant la presse écrite, à la question de savoir s'il allait être limogé, il répondait : " Comme je l'ai toujours dit, ce n'est pas moi qui décide. C'est le chef qui prend les décisions. Je n'ai rien d'autre à dire sur ce sujet. "Mais, contrairement à ce qui s'est passé après d'autres défaites, personne dans le club ne tentait de minimiser l'état d'urgence. " On savait qu'en cas de défaite, on était en état de crise ", affirmait Defays, " Maintenant, il va falloir aller à la guerre et je ne suis pas sûr qu'on en ait la mentalité. Les jeunes ne sont pas encore prêts. On a du talent, on a de la maturité. Il est temps que l'alchimie prenne forme et que certains redescendent les pieds sur terre. On sent une équipe qui n'est pas en place. Est-ce que la situation est comparable à ce que j'ai connu il y a quelques années lorsqu'on luttait pour le maintien ? S'il n'y a pas de réaction immédiate, oui. A l'époque, on avait aussi un noyau talentueux. Cela ne garantit rien. Regardez où est le Germinal Beerschot malgré son noyau et l'argent dépensé ! On sent que certains sont à côté de leurs pompes. On parle d'un vestiaire malade alors que c'est exactement le même qu'il y a six mois. On s'entend bien mais on a l'impression qu'il contient trop peu de joueurs heureux d'être à Charleroi. Aujourd'hui, le Sporting est pris comme une plateforme où on arrive pour s'en aller par la suite. Malines possédait moins de talent mais avait un mental de guerrier. Et dans le football belge, aujourd'hui, c'est ça qui fait la différence. Se croire trop fort, c'est commencer par être mauvais. "Des joueurs qui ne se remettent pas assez en question mais également un manque de solidarité sur le terrain. L'entrejeu s'est fait manger par son homologue malinois. Chabaud et Mohamed Chakouri se sont marché sur les pieds au poste de médian défensif. Un cran plus haut, Fabien Camus était isolé, jamais aidé par les trois attaquants qui sont toujours restés en zone offensive, sans penser à meubler l'entrejeu. Les dirigeants sont également conscients du problème : " Quand il n'y a ni courage, ni volonté sur le terrain, je ne peux l'accepter ", affirmait Mogi Bayat. " Rien ne fonctionne : le public nous boude et les joueurs se cherchent des excuses entre eux. "