Patrick Remy a préféré un jeu efficace à un football spectaculaire. Le Français a remporté environ 70% de ses rencontres avec un seul but d'écart. Sans s'intéresser à ce que l'on disait, il a martelé sa devise: "Bien jouer, c'est gagner". Traduction: préserver le nul grâce à une défense très fermée, procéder très vite en contre et espérer que les flancs servent bien le centre-avant.
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Patrick Remy a préféré un jeu efficace à un football spectaculaire. Le Français a remporté environ 70% de ses rencontres avec un seul but d'écart. Sans s'intéresser à ce que l'on disait, il a martelé sa devise: "Bien jouer, c'est gagner". Traduction: préserver le nul grâce à une défense très fermée, procéder très vite en contre et espérer que les flancs servent bien le centre-avant. Au premier tour, sa recette a parfaitement fonctionné. Remy a pu compter sur le gardien, Frédéric Herpoel, le duo défensif central Gery Cipi- Nenad Vanic et sur la révélation, Matthieu Verschuere, l'aspirateur de l'équipe, aligné de concert avec Nasredine Kraouche, chargé de l'aspect créatif. Verschuere et la défense ont parfaitement bouclé leur rectangle. A ce quintette, il faut ajouter Alexandros Kaklamanos et Anders Nielsen, pourtant voués au banc, voire à l'exil, après la première évaluation. Ils ont marqué les buts nécessaires. Du coup, Darko Anic, un meneur de jeu pourtant typique, n'a pas été titularisé aussi souvent qu'il l'aurait espéré. Remy a toujours refusé d'adapter sa tactique en fonction du brillant artiste yougoslave, qui atteint son meilleur rendement en 4-4-2. Rapidement, le système de rotation a provoqué l'irritation de certains joueurs. Les arrières latéraux, Vital Borkelmans et Jacky Peeters, n'appréciaient pas d'être confinés en défense. Ils voulaient entreprendre leurs raids toujours si redoutés. La rotation a privé l'équipe d'automatismes. Le recul systématique de l'équipe quand elle menait a exaspéré les joueurs. Au fil du temps, les Buffalos n'ont plus été en mesure d'imposer leur jeu à leur adversaire, à Gand, faute de variété. Les adversaires isolaient Verschuere, la plaque tournante, et empêchaient ainsi La Gantoise de faire circuler rapidement le ballon. Au second tour, la fatigue mentale, aggravée par les vexations permanentes de Remy, ont influencé le résultat. Engoncés à leur corps défendant dans un carcan défensif, les joueurs aspiraient au calme. Cipi, Vanic et Verschuere n'ont pu maintenir leur niveau et des négligences ont été à l'origine de buts qui auraient été facilement évitables. Longtemps, La Gantoise a conservé l'Europe en point de mire, mais elle a brusquement commencé à gaspiller des points.La diection a compris qu'elle devait intervenir, même si le bon classement de l'équipe masquait beaucoup de problèmes. Elle a agi trop tard. Comme la quatrième place ne donne pas droit à un billet UEFA, celui-ci étant attribué au vainqueur ou le cas échéant au finaliste de la Coupe, La Gantoise doit se contenter de la Coupe Intertoto. L'équipe a conservé sa place dans le Top 5. Sans ses dissensions internes, elle aurait probablement pu achever la saison à une meilleure place.Frédéric Vanheule