LE JEU LA PASSION

Eliminé des huitièmes de finale par la France, sur un Golden Goal, en 1998, puis par l'Allemagne sur un but in extremis de OliverNeuville au même stade quatre ans plus tard, le Paraguay affiche un visage différent. Ses vieux héros fatigués ont cédé leur place à des jeunes, même si le Paraguay peut encore compter sur Carlos Gamarra, capitaine et patron de la défense, sur RobertoAcuna, le régisseur de La Corogne, et ...

Eliminé des huitièmes de finale par la France, sur un Golden Goal, en 1998, puis par l'Allemagne sur un but in extremis de OliverNeuville au même stade quatre ans plus tard, le Paraguay affiche un visage différent. Ses vieux héros fatigués ont cédé leur place à des jeunes, même si le Paraguay peut encore compter sur Carlos Gamarra, capitaine et patron de la défense, sur RobertoAcuna, le régisseur de La Corogne, et JoséCardoso, qui détient le record national avec 24 buts en 79 sélections. L'Albirroja, comme on appelle l'équipe nationale, a conservé son style de jeu, appuyé sur la passion et l'engagement. Elle n'a guère droit à l'erreur dans un pays fana de foot. Pour nombre d'habitants, le football constitue l'unique dérivatif à une existence dépourvue d'espoir : un tiers des six millions de Paraguayens vit en dessous du seuil de pauvreté. Si la dictature a été abolie il y a une vingtaine d'années, la corruption y fait rage. Le changement de génération ne s'est cependant pas fait sans heurts, comme en témoignent quelques revers cinglants durant les qualifications (dont une défaite 1-4 contre le Pérou). De nombreux joueurs de talent ont émigré en Europe, ce qui s'est avéré profitable à l'équipe olympique, médaille d'argent aux Jeux d'Athènes. Surnommé El Mano, l'Uruguayen figure parmi les trois sélectionneurs sud-américains à être resté en poste durant toutes les qualifications. AnibalRuiz, un homme paisible, a effectué ses débuts au Paraguay il y a quatre ans lors d'une joute amicale contre le Brésil, qu'il a remportée par le plus petit écart. Il a profité de cet élan pendant les qualifications. Agé de 64 ans, Ruiz a ainsi pu induire les changements nécessaires dans l'équipe nationale. Confronté à l'exil de nombreux internationaux, il leur téléphone régulièrement pour s'enquérir de leur forme et de leurs éventuels problèmes, mais aussi pour conserver son homogénéité à l'équipe. Le talent n'attend pas les années. Roque Santa Cruz a effectué ses débuts en équipe fanion à 15 ans à l'Olimpia, en D1 du Paraguay. Deux ans plus tard, il était international et en 1999, à 17 ans, il a été transféré au Bayern, où il a connu un début de rêve avec quatre buts en onze matches. Des blessures ont alors entravé la progression du chouchou de ces dames. L'année dernière, alors qu'il vivait ses meilleurs moments en Bundesliga, il s'est déchiré les ligaments croisés. Il est cependant en état de disputer la Coupe du Monde, au parfum spécial, puisqu'elle a lieu dans son pays d'adoption.