R onnyVanGeneugden était un élégant gaucher qui, dans les années 90, distilla ses coups de patte pour le compte l'Antwerp, Lommel, Germinal Ekeren et Lokeren. Sa vocation d'entraîneur est née très tôt : " Joueur, j'étais très attentif aux directives des entraîneurs et à la manière dont ils agençaient leurs entraînements. A 22 ans, j'entraînais les Cadets d'une petite équipe de la région. Toujours joueur, je suis devenu le coordinateur d'un projet en faveur des jeunes de la Province... "
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R onnyVanGeneugden était un élégant gaucher qui, dans les années 90, distilla ses coups de patte pour le compte l'Antwerp, Lommel, Germinal Ekeren et Lokeren. Sa vocation d'entraîneur est née très tôt : " Joueur, j'étais très attentif aux directives des entraîneurs et à la manière dont ils agençaient leurs entraînements. A 22 ans, j'entraînais les Cadets d'une petite équipe de la région. Toujours joueur, je suis devenu le coordinateur d'un projet en faveur des jeunes de la Province... " Après une première tentative de coaching à Veldwezelt (Promotion), il rejoignit le centre de formation de Genk où il travailla cinq ans. Il fut appelé au chevet de l'équipe Première lorsqu' HugoBroos fut limogé en février de cette année : " J'ai toujours eu cette ambition mais je ne pensais pas que cela se produirait aussi tôt. " Une solution d'urgence, pensait-on. Car l'arrivée de Van Geneugden n'avait pas provoqué d'électrochoc : une 9e place finale pour une équipe habituée aux premiers rôles. En mai, certaines rumeurs firent d'ailleurs état de contacts pris par la direction avec d'autres entraîneurs ( AlbertCartier fut cité). Mais elle renouvela sa confiance en Van Geneugden. " Dès le premier jour, on avait pris des accords ", précise l'entraîneur. " Comme rien n'avait été divulgué, le monde extérieur s'est posé des questions. L'officialisation du prolongement a un peu tardé, et les rumeurs se sont alors amplifiées. Mais en ce qui me concerne, tout a toujours été clair. Il y a eu beaucoup de bruit pour rien en mai. De toute façon, je ne suis pas important. L'essentiel est que Genk fonctionne bien. Je suis encore un débutant en D1 et je préfère grandir sans faire trop de bruit. " Ne regrette-t-il pas d'avoir abandonné ces jeunes avec lesquels il y avait encore beaucoup de choses à faire ? " Je pensais continuer le travail avec les jeunes durant quelques années, mais puisqu'on m'a demandé de prendre l'équipe Première en charge, j'avais l'obligation, en tant qu'employé du club, d'y répondre favorablement. Je suis un enfant de la maison, je suis né ici et j'ai effectué mes premiers pas de footballeur dans les équipes d'âge de Waterschei. J'habite à quelques kilomètres du stade, et lorsqu'il fait beau, il m'arrive de venir à vélo. Je connais tout le monde à Genk. Ma mission n'est évidemment plus la même qu'avec les équipes d'âge. La grosse différence est que le résultat est le critère principal. Chez les jeunes, j'ai toujours accordé plus d'importance aux progrès réalisés par les joueurs. En D1, certains s'en f... que les joueurs progressent ou pas, pourvu que l'équipe gagne. Lorsque c'est le cas, on estime que tout va bien. J'estime que l'on doit toujours faire une évaluation à plus long terme. Mais en D1, il faut gagner pour le public, les sponsors, etc. Je dois l'accepter. Un entraîneur de D1 ne fait que passer. Mon sort peut dépendre d'un poteau extérieur ou d'un poteau intérieur. "Dans le contrat de Van Geneugden figure toutefois une clause qui prévoit qu'il serait réintégré au centre de formation, au cas où... Mais on avait aussi passé ce genre d'accord avec FrankieVercauteren à Anderlecht. " J'espère que, le jour où je redescendrai, celui qui me succédera aura la même philosophie que moi. Car, dans la plupart des clubs, lorsqu'un nouvel entraîneur arrive, il débarque avec d'autres idées et tout est remis en question. " Malgré un centre de formation très performant, Genk a fait ses emplettes sur les marchés étrangers durant l'été. Et les produits du cru sont rares dans l'équipe type... encore plus rares qu'à l'époque de Broos. Van Geneugden se défend : " La philosophie était de ne pas acheter ailleurs un type de joueur qu'on avait parmi nos Espoirs. Cette philosophie n'a pas changé. Simplement, on n'avait pas sous la main le type de joueur que l'on recherchait. On avait besoin d'un flanc gauche (ce fut le Tchèque DanielPudil, arrivé du Slovan Liberec), d'un milieu de terrain (le Hongrois DanielTözser, arrivé de l'AEK Athènes), d'un défenseur central (le Brésilien JoaoCarlos, arrivé de Lokeren) et d'un attaquant de pointe en raison de la blessure de GoranLjubojevic (le Slovaque AdamNemec, arrivé de Zilina). On savait que MarvinOgunjimi revenait du RKC Waalwijk, mais on n'était pas sûr qu'il serait immédiatement performant. " Aujourd'hui, Ogunjimi explose. Son passage en D2 néerlandaise lui a donc fait le plus grand bien : " Son séjour là-bas lui a ouvert les yeux et est revenu avec une motivation décuplée. " Ogunjimi n'est pas le premier joueur qui a quitté Genk pour le RKC ( JordanRemacle a fait le même chemin en 2005, mais c'était un transfert définitif et il n'est pas revenu dans le Limbourg) et Van Geneugden lui-même y a joué une saison. " J'avais fait toutes mes classes à Waterschei, mais lorsque la fusion avec Winterslag est intervenue, on m'a fait comprendre que je devrais patienter quelques années avant de pouvoir revendiquer une place en équipe Première. Je n'y voyais pas d'in-convénient, mais j'ai demandé à pouvoir poursuivre mes études. On m'a répondu : - Situpoursuistesétudes, turetournesdanslenoyau B ! Un règlement de l'UEFA prévoyait que l'on pouvait être transféré dans un autre club de la Communauté européenne pour une somme établie en fonction de l'âge et du salaire de la saison antérieure. Je suis donc parti à Waalwijk - à l'époque en D1 néerlandaise - avant de rejoindre l'Antwerp. Lorsque Van Geneugden a repris l'équipe Première en fin de saison dernière, il avait offert une chance aux jeunes qu'il avait formés. Mais ils ont disparu de la circulation. L'attaquant belgo-congolais ChristianBenteke figure rarement dans les 18 et le flanc gauche KevinKis, originaire de Verviers, est dans le noyau B. Seul le petit arrière droit DimitriDaeseleire, capitaine de l'équipe nationale des -17 ans dont EdenHazard était l'inspirateur, a eu droit à quelques matches lorsque HansCornelis s'est blessé. Et pour la première rencontre de la saison face au GBA, le coach avait titularisé le médian hongrois BalazsToth à l'arrière droit ! " Surtout parce que Daeseleire revenait d'un tournoi international de jeunes et n'était pas à 100 % ", précise Van Geneugden. " Par après, je l'ai titularisé. Et il a donné satisfaction. Il peut réussir, malgré sa petite taille, car il compense par une bonne détente et de bons gestes défensifs. Et son style de jeu plaît au public limbourgeois, mais il n'a que 18 ans. En ce qui concerne Benteke, son heure n'est pas encore venue. Il est victime de l'explosion d'Ogunjimi, qui l'a relégué au rang de troisième attaquant de pointe, et aussi du fait qu'on a parfois opté pour un autre système, sans target-man mais avec des joueurs offensifs plus mobiles. Kis a traversé une période difficile durant la préparation et on a décidé de le faire redescendre en Espoirs, pour lui redonner confiance. Il retrouve progressivement son niveau. Je ne suis pas d'accord lorsqu'on affirme qu'il y a aujourd'hui moins de jeunes... L'attaquant JelleVossen est entré plusieurs fois au jeu et a même été titularisé à Westerlo. Le défenseur DavidHubert a également eu droit à des minutes. Lorsque j'ai repris l'équipe, elle était positionnée en milieu de classement. On n'avait plus rien à craindre, ni à espérer et on pouvait lancer des jeunes. A qualités égales, je donnerai toujours la priorité à un jeune du club mais je dois toujours aligner la meilleure équipe possible. " Genk est actuellement placé en embuscade, derrière les trois grands et la révélation Westerlo. Durant la période de préparation, on avait parlé de la formation limbourgeoise comme d'un candidat au titre. Notamment après une étonnante victoire 3-10 face au FC Liège en amical. Le début de championnat fut plus laborieux : un point sur six après un partage à domicile 1-1 contre le Germinal Beerschot et une défaite 3-1 à Mons, la bête noire du club (le Racing avait été battu 5-0 au Tondreau la saison dernière). Une très belle série laissa ensuite penser que Genk pourrait, malgré tout, avoir son mot à dire... jusqu'au tout récent 1-1 au Fenixstadion contre Roulers. " Là, on a loupé l'occasion d'opérer la jonction avec le Top 3 ", regrette Van Geneugden. " Mais je ne suis pas déçu par nos prestations et notre classement. Notre ambition a toujours été de terminer parmi les quatre premiers. Nous avions réalisé une très bonne préparation, mais sans prendre conscience que nous pouvions trébucher. On l'a fait au stade Tondreau, qui ne nous réussit pas. Ce faux-pas nous a réveillés et ce fut le point de départ d'une belle série. Mais notre équipe est très jeune et on ne peut pas - encore - attendre d'elle qu'elle soit régulière. "Ronny Van Geneugden est né le 17 août 1968 à Genk Carrière de joueur : formé à Waterschei, ce gaucher est parti au RKC Waalwijk en 1988, au moment de la fusion avec Winterslag, qui a donné naissance au RC Genk. Une saison plus tard, il rejoint l'Antwerp (D1, 45m/2b) puis Lommel en 1992 (D1, 158m en cinq ans). En 1997, il passe six mois au Germinal Ekeren (D1, 11m), puis un an et demi à Lokeren (D1, 85m) avant une fin de carrière à Geel (D2, de 2000 à 2002). Carrière d'entraîneur : elle le mène d'abord à Veldwezelt, un club limbourgeois de Promotion (aujourd'hui en D3). Après une saison, il rejoint le centre de formation du RC Genk où il devient coordinateur. Il y reste cinq ans, avant d'être appelé en équipe Première en février 2008 suite au limogeage d'Hugo Broos. par daniel devos - photos: belga