Désigné Dragon de l'Année 2011 par les sympathisants en raison de sa contribution à la montée du club en D1 avec 9 buts et 20 assists, Tim Matthys (27 ans) poursuit sur cette belle lancée depuis le début de la saison. Si sa production personnelle laisse encore à désirer, le flanc droit de l'Albert n'est devancé que par Biglia au classement des assists.
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Désigné Dragon de l'Année 2011 par les sympathisants en raison de sa contribution à la montée du club en D1 avec 9 buts et 20 assists, Tim Matthys (27 ans) poursuit sur cette belle lancée depuis le début de la saison. Si sa production personnelle laisse encore à désirer, le flanc droit de l'Albert n'est devancé que par Biglia au classement des assists. Tim Matthys : Je me doutais qu'avec son jeu plus technique que physique Mons se tirerait mieux d'affaire en D1 mais j'étais loin d'imaginer que nous serions aussi bons. D'autant que le début de saison n'avait rien d'une rigolade avec le Standard, le Cercle, le Club Bruges et Anderlecht. Le 1-1 face aux Rouches, lors de l'ouverture du championnat au Tondreau, nous a tout de suite fait un bien fou. Il a été confirmé par un 2-2 tout aussi retentissant au Parc Astrid. On y était allé en toute confiance car on n'avait rien lâché devant Saint-Trond, battu 4-2. Nos prestations à domicile, 14 points sur 18, nous ont toujours permis de jouer en totale décontraction à l'extérieur. Même s'il y a un décalage manifeste entre les points pris chez nous et en déplacement. Ces goals-là ont moins porté à conséquence que tous ceux que nous avons inscrits. Nous ne devons avoir de regrets que pour le 3-3 concédé chez nous contre Lokeren voire le 3-1 à Louvain. Dans l'absolu, nous devons encore apprendre à évoluer de manière plus compacte. L'entraîneur insiste pour que nous maintenions en permanence 5 hommes derrière le ballon. Mais il arrive qu'emporté par notre élan, il n'y en ait plus que 4. Si on fait bloc vers l'avant, il faut pouvoir en faire de même derrière. A ce niveau-là, nous devons encore nous améliorer. A Anderlecht, tout aurait dû être logiquement plié à 0-2. Mais nous avons cherché le 0-3. Au bout du compte, on y a perdu plus qu'on n'a gagné. L'écart entre les deux divisions était sans doute plus marqué avant. Aujourd'hui, il n'y a plus de grande différence entre ceux qui se battent pour leur survie en D1 et les formations qui visent la montée. L'OHL et Mons surprennent mais je suis sûr que Lommel United ou Waasland-Beveren auraient pu arriver au même résultat. A partir du moment où l'équipe s'appuie sur une bonne division offensive... C'était le cas de Saint-Trond avec Ibrahim Sidibé et Cephas Chimedza. Et c'est valable cette année, à Mons, avec Jérémy Perbet et Rachid Bourabia, venu d'ailleurs de Waasland-Beveren. J'ai donné 20 passes décisives et mis 9 buts en 2010-11. Je respecte ma moyenne en assists mais je suis loin du compte comme finisseur. Je ne suis plus le même footballeur : j'ai changé à Panthrakikos. Quand je jouais à La Gantoise et à Zulte Waregem, j'étais avant tout attaquant axial, à l'aise surtout en 4-4-2. C'est dans cette configuration que j'ai marqué les esprits en coupe d'Europe, en marquant 5 goals en 8 rencontres. En Jupiler League, ma production n'est pas du même niveau : 26 buts en 104 matches. La transformation a été totale. Tout d'abord, Emilio Ferrera m'a utilisé comme flanc droit du trio offensif, une place où je n'avais quasi jamais joué. J'étais un peu réticent au départ, mais je me suis rapidement habitué au point de devenir incontournable. Ma vie a changé aussi. A Komotini, petite ville du nord-est de la Grèce où joue Panthrakikos, les tentations étaient peu nombreuses et il y avait la barrière de la langue. Pendant six mois, je me suis concentré à 100 % sur le jeu. C'est là que je suis devenu un véritable pro. C'était ahurissant. Il y avait douze nationalités différentes au sein du noyau mais on était unis comme les doigts de la main. En Belgique, les joueurs ont l'habitude de retourner à la maison sitôt l'entraînement terminé. Là-bas, il n'était pas rare qu'on tombe sur l'un ou l'autre coéquipier en se promenant dans les rues. Du coup, on s'asseyait à une terrasse pour boire un café. Ce qui m'a frappé aussi, c'était la motivation de tous ces étrangers. Souvent, les petits clubs grecs font office de tremplin vers les grands noms que sont l'Olympiacos, le Panathinaïkos, l'AEK ou le PAOK. Idem pour les entraîneurs, c'est ce qui est d'ailleurs arrivé à Emilio Ferrera qui s'est retrouvé la saison suivante à Panionios. Logiquement, j'aurais dû l'accompagner mais Zulte Waregem, à qui j'appartenais toujours, n'a pas trouvé de terrain d'entente financier. C'est dommage car j'aurais aimé continuer à bosser avec le Bruxellois. Il m'a vraiment boosté. Notamment un match à domicile face à l'Olympiacos, où nous avions fait jeu égal, pendant une vingtaine de minutes, avec les futurs champions. Un observateur neutre aurait eu du mal à déterminer, à ce moment, qui était le montant et qui était la valeur sûre. Sur l'ensemble, on n'avait pas démérité mais on se retrouvait les mains vides. Face aux grands, c'était toujours comme ça. Ma seule consolation, dans ces matches, c'est d'avoir pu compléter ma collection de maillots. Avec Zulte Waregem, j'avais déjà obtenu ceux de Klaas-Jan Huntelaar de l'Ajax, de Tomas Repka du Sparta Prague, de Branislav Ivanovic du Lokomotiv Moscou ainsi que de Damien Duff de Newcastle. En Grèce, j'ai reçu les vareuses de Michal Zewlakow, qui évoluait à l'Olympiacos, et de Sergio Conceiçao, actif au PAOK Salonique. J'ai aussi eu celles d'autres anciennes connaissances : Patrick Dimbala à Levadiakos et l'ex-Trudonnaire Ilja Stolica à OFI Crète. Oui et il n'y avait plus de place pour moi. Le club avait un accord de collaboration avec Portsmouth, qui avait casé deux joueurs au stade Arc-en-Ciel : Andrea Mutombo et Danijel Subotic. C'est sur eux que le Essevee comptait. J'ai cru que je retrouverais facilement un club en Belgique, mais à mon grand étonnement, personne en D1 ne s'est manifesté. Dur à avaler. Finalement, je suis passé au Lierse, en D2. Mais malgré la montée il y a un an, je ne peux pas dire que j'y aie été heureux. J'étais aligné dans l'entrejeu car il était impensable de toucher au duo Jurgen Cavens-Tomasz Radzinski en pointe. Et comme Herman Helleputte ne touchait jamais à son 4-4-2, j'ai fait une saison anonyme avant de rebondir à Mons. J'ai eu deux offres concrètes à Zulte Waregem : Brescia en 2007 mais j'avais 23 ans et je n'étais pas prêt pour l'étranger. Douze mois plus tard, ce fut au tour des Dragons mais Mons me faisait un peu peur. J'avais entendu parler de disputes entre joueurs et elles m'ont été confirmées par certains qui faisaient partie du staff médical à cette époque. Il y avait régulièrement de l'électricité dans l'air avec des garçons comme Momo Dahmane, Fadel Brahami ou Wilfried Dalmat. Avant de m'engager avec les Rouge et Blanc en 2010, j'ai d'ailleurs parlé avec Tom Van Imschoot pour savoir à quoi m'en tenir. Il avait débarqué un an plus tôt au stade Tondreau et m'a convaincu de signer. J'ai franchement eu peur qu'on se retrouve les mains vides. J'ai tellement stressé que j'ai perdu 4 kilos durant cette période, passant de 76 à 72 kilos. Le test-match aura été le plus important de ma carrière. Car soit je retrouvais l'élite et je me relançais, soit je poursuivais la route en D2, ce qui est moins valorisant... d'autant que d'après moi j'avais ma place en D1. Non. J'ai évolué dans mon jeu et je pense aujourd'hui pouvoir me débrouiller dans un plus grand club. Pas à Anderlecht ou au Club Bruges mais pourquoi pas au Standard ou à Genk ? Par rapport à mes débuts en D1, je suis aussi plus fort mentalement. A cette époque, il suffisait qu'on soit mené pour que je baisse les bras. Maintenant, je me rebiffe. Contre Lokeren, début octobre, on a été menés 0-2 puis 1-3 avant d'arracher le partage et j'ai été un des artisans de la révolte. On peut dorénavant compter sur moi dans les moments difficiles. Oui : les chiffres plaidaient en ma faveur mais je pensais qu'un francophone allait enlever le morceau. C'est formidable d'avoir été élu par les supporters. Je me sens comme un poisson dans l'eau ici. Et les autres néerlandophones, Tom Van Imschoot, Pieterjan Monteyne et Siebe Blondelle aussi. On forme un bon mix. Les francophones jouent avec le c£ur et les tripes. Nous, on joue plutôt avec la tête. Ce qui nous permet de tempérer l'enthousiasme, car certains se mettent parfois à planer. Alors, on les ramène les pieds sur terre... C'est vraiment un chouette gars. On s'est déjà relayé une fois ou l'autre sur le terrain. A Anderlecht, je suis rentré pour lui, idem contre Zulte Waregem et Louvain. Il connaît sa place ici, ce qui était sans doute moins le cas au Lierse où il devait composer avec des prétendues vedettes comme Radzinski ou Cavens. J'en sais quelque chose pour être passé par là. Les Jaune et Noir ont aussi des supporters flamingants. Il n'est pas facile pour un francophone de s'imposer dans de telles conditions. Ici, Ben fait la bise à tout le monde. Je n'imagine pas cette scène-là au Lisp (il rit). Au départ, c'est déconcertant. Mais on s'y fait. Maintenant, je me surprends à vouloir faire la même chose en Flandre. Il y a de chouettes traditions ici. Comme le Doudou. On y a tous participé l'été passé. Maël Lépicier a même réussi à arracher quelques poils de la queue du dragon. Elles font office de porte-bonheur dans notre vestiaire. Avant de monter sur le terrain, on les caresse. Et ça nous réussit. PAR BRUNO GOVERS : PHOTOS: IMAGEGLOBE" Je ne détonerais pas au Standard ou à Genk. "