Thierry Siquet aura 36 ans en octobre. Il pourrait être le père de Giovanni Cacciatore ou de Thibaut Detal. Dans un noyau dont la moyenne d'âge dépasse à peine 23 ans, il passe pour l'ancien combattant et on le chambre régulièrement à ce propos. Toni Brogno, lui, est le deuxième joueur le plus âgé du groupe, à 31 ans. A eux deux, ils totalisent près de 550 matches en D1 belge.
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Thierry Siquet aura 36 ans en octobre. Il pourrait être le père de Giovanni Cacciatore ou de Thibaut Detal. Dans un noyau dont la moyenne d'âge dépasse à peine 23 ans, il passe pour l'ancien combattant et on le chambre régulièrement à ce propos. Toni Brogno, lui, est le deuxième joueur le plus âgé du groupe, à 31 ans. A eux deux, ils totalisent près de 550 matches en D1 belge. Deux papys, deux personnages, deux styles de jeu (le placide Siquet est à l'opposé de l'extravagant Brogno) et deux parcours totalement différents. Siquet a signé au Mambourg pour y clôturer (théoriquement) sa carrière professionnelle. Brogno est revenu pour s'y relancer. Et on sent que le défenseur est content de ne plus devoir se farcir le feu follet que lors des entraînements... Thierry Siquet : Toni est une peste pour un défenseur parce qu'il provoque continuellement. Il adore allumer le public et s'amuser quand ça va bien : il fait alors trois crochets alors que deux suffiraient. Il n'y a rien de pire pour casser le moral d'un arrière. Mais j'ai de plus mauvais souvenirs encore de Dante. Avec lui, j'ai eu des accrochages très limites et des noms d'oiseaux se sont échangés. Quand on a eu plusieurs mauvaises expériences avec des joueurs pareils, on apprend à jouer autrement, à s'arrêter à deux mètres d'eux au lieu d'aller au duel parce que l'affrontement direct finit rarement à l'avantage du défenseur. Durant toute ma carrière, j'ai rencontré peu d'attaquants aussi provocateurs que les Brogno. Toni Brogno : Je ne suis plus autant provocateur qu'il y a quelques années. L'expérience m'a appris que je laissais beaucoup d'influx dans ces tentatives, même si la provocation doit toujours faire partie de l'arsenal d'un bon attaquant. C'est la règle du jeu. Il faut savoir tricher pour être bon parce que le football est de toute façon un monde de tricheurs. Je pars du principe que tous les moyens sont bons, qu'on peut abuser à partir du moment où ça apporte quelque chose à l'équipe. Et je n'ai pas de scrupules en parlant comme cela car je suis sûr d'une chose : il y a très peu de footballeurs honnêtes à 200 %. Brogno : Je trouve que les arbitres sont de moins en moins conciliants avec les attaquants. Comme s'ils se sentaient obligés de nous donner un quota de cartons, vu que les défenseurs en prennent beaucoup. Comme s'il y avait une loi de compensation. Un arrière pourra se permettre quatre ou cinq fautes d'affilée sur un attaquant, mais dès que celui-ci réagit, il se fait avertir. Dès qu'Aruna Dindane fait un tackle, il prend une carte jaune. J'ai l'impression que les arbitres sont à l'affût de la moindre occasion pour le punir. Siquet : Ecoutez Calimero qui parle... Siquet : Je ne reproche pas aux arbitres de commettre des erreurs d'appréciation. Si un joueur a le droit de shooter à côté du ballon ou de le mettre au-dessus alors que le but est vide devant lui, pourquoi l'arbitre devrait-il toujours être irréprochable ? Par contre, je leur reproche leur comportement, leur façon d'aborder les footballeurs. Il n'y en a pratiquement plus qui savent nous parler. Ils font peut-être leur petite crise d'autorité. Dès que nous ouvrons la bouche, une carte jaune sort. Je suis nostalgique quand je repense à un arbitre comme Marcel Van Langenhove, qui savait nous féliciter après une belle action. Aujourd'hui, un mot de félicitations venant d'un arbitre est impensable. C'est comme s'il y avait un mur entre les arbitres et les joueurs. Au lieu de nous parler, ils nous excitent. Il serait urgent d'organiser une grande réunion entre tous les acteurs qui se retrouvent chaque week-end sur les terrains. Brogno : Les arbitres d'aujourd'hui ne sont même plus des gendarmes. C'est pire encore. Siquet : Globalement, le bilan est positif. D'accord, la manière n'a pas toujours été au rendez-vous, le spectacle a parfois été absent des débats, mais après toutes ces années difficiles, le Sporting n'a pas le droit de privilégier le beau geste au détriment des points. Je pense que notre jeu sera plus beau à voir dès que tous les joueurs du groupe auront bien compris à quoi Jacky Mathijssen veut en venir. Brogno : Le plus rassurant, c'est que nous ne sommes passés qu'une seule fois à côté de notre sujet. Contre La Louvière. Siquet : Quand la RAAL a transféré autant d'inconnus, je me suis dit qu'il ne fallait pas s'alarmer, vu que cette politique avait marché au cours des deux dernières années. Personne ne connaissait Maâmar Mamouni, Mickaël Murcy ou Michael Klukowski avant qu'ils ne débarquent en Belgique, mais on a vu le résultat. Par contre, je me suis inquiété pour eux après les matches de préparation : ça n'avait pas l'air bon du tout. Entre-temps, on a vu plus clair : La Louvière est la révélation du début de saison, l'équipe est dans une spirale positive et a le petit brin de chance nécessaire. Brogno : Westerlo a réussi un début de saison presque parfait. Mais j'ai des doutes pour la suite des événements car il sera très difficile de compenser le départ de Tosin Dosunmu. Il faut savoir que tout le jeu était axé sur lui. Siquet : Je n'ai aucun problème avec Albert Cartier. Je regrette seulement qu'il ait tenu compte d'un avis médical que je conteste, d'une blessure chronique qui n'en est pas une. Pour le reste, j'apprécie l'homme. Il avait pris la peine de m'appeler lui-même pour me faire savoir que mon avenir n'était plus à La Louvière, alors que beaucoup d'entraîneurs auraient délégué ce sale boulot. Chapeau. Par la suite, je l'ai revu plusieurs fois et il vient toujours me demander comment je vais. Brogno : Mon contact avec Jan Ceulemans n'est pas le même. Je l'ai salué quand Westerlo est venu jouer à Charleroi, mais ça s'est arrêté là. J'aurais voulu qu'il soit plus franc quand il a décidé de se passer de moi. Il avait signalé au manager de Westerlo que je n'entrais plus dans ses plans et lui avait promis de m'appeler pour tout m'expliquer. J'attends toujours. Brogno : J'ai entendu dire que, depuis ce départ, Ceulemans regrettait de ne pas m'avoir retenu. Ce n'est plus mon problème : je regarde devant, pas derrière. Brogno : J'envie, quelque part, la trajectoire de Thierry. Passer par autant de bons clubs et y être toujours titulaire, c'est beau. Mais c'est clair qu'on a peu parlé de lui. Je comprends très bien le phénomène : on ne parle que des défenseurs des grands clubs. Je prends l'exemple de Mario Verheyen à Westerlo : s'il avait joué dans une des meilleures équipes belges, il aurait été une vedette. Siquet : On a toujours plus commenté les exploits des attaquants et cela ne changera jamais. Mais je n'éprouve aucun manque. Pour moi, le plus important est d'avoir su convaincre tous les coaches avec lesquels j'ai travaillé, même si je n'ai jamais fait la Une. Siquet : J'ai eu des propositions. J'en ai refusé certaines et les clubs qui m'employaient n'ont pas voulu entendre parler des autres parce que j'étais sous contrat. J'aurais bien aimé aller voir comment ça se passe ailleurs, mais je n'en fais pas un drame. Brogno : Quand j'ai été contacté par Sedan, j'ai pensé à mon frère, qui avait toujours refusé de quitter Charleroi et le regrettera peut-être toute sa vie. Je suis content d'avoir goûté à autre chose, en France. Siquet : Sans doute, même si j'ai rarement eu l'impression, en près de 400 matches de D1, d'être inférieur aux défenseurs internationaux qui jouaient en face de moi. Si je leur avais été tellement inférieur, je n'aurais pas autant joué ! Mais bon, je ne suis probablement pas le seul joueur belge qui n'a pas porté le maillot des Diables alors qu'il l'aurait sans doute mérité. Quand je vois que des Marc Schaessens, des Tony Herreman ou des Benoît Thans n'ont pas été internationaux... Brogno : On peut y ajouter Steve Dugardein et Dante. Moi, je resterai toujours convaincu que j'avais le niveau des Diables en 2000. Siquet : A 35 ans, on ne se pose pas de questions, surtout quand c'est la seule offre de D1. Malgré les problèmes des dernières années, Charleroi reste Charleroi. Si je peux terminer ma carrière ici en ayant joué un bon championnat, je serai comblé. Brogno (énigmatique) : J'ai beaucoup pensé au mal en espérant avoir un peu de bien... Pierre Danvoye" Au lieu de nous parler, LES ARBITRES NOUS EXCITENT " (Thierry Siquet) " Le foot est UN MONDE DE TRICHEURS " (Toni Brogno)