COACH Hernan Dario Gomez (COL)

Pourquoi le Panama n'avait-il jamais réussi à se qualifier jusqu'à présent ?
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Pourquoi le Panama n'avait-il jamais réussi à se qualifier jusqu'à présent ? HERNAN DARIO GOMEZ : Il s'en est fallu de peu la dernière fois. Les USA ont inscrit deux buts dans les arrêts de jeu pendant les play-offs intercontinentaux, ce qui a permis au Mexique de se qualifier pour le Brésil. Les joueurs ont mis cette expérience à profit pendant notre campagne. J'ai rarement vu joueurs, membres du staff et de la fédération se côtoyer comme s'ils faisaient partie de la même famille. Que vous ont appris vos tournois avec la Colombie et l'Équateur ? GOMEZ : J'ai beaucoup appris dans tous les pays. Je pense surtout être parvenu à faire unir ma connaissance du football à la culture de chaque pays et à la mentalité des Équatoriens et des Panaméens. J'ai fait trois Coupes du Monde avec la Colombie et une avec l'Équateur. Mon expérience a certainement contribué à notre qualification. Quels sont vos joueurs-clefs ? GOMEZ : Je ne parle que de l'équipe. Je suis convaincu qu'elle est intéressante, un mélange d'expérience et de jeunesse qui peut être précieux au Mondial. On n'a pas de jeunes ni de vieux, en football. Seulement des bons et des mauvais. Vous êtes satisfait de la préparation ? GOMEZ : Nous avons disputé quatre matches en Europe contre des pays au football comparable à celui de nos adversaires en Russie. Trois équipes européennes jouaient plus vite que nous mais tout s'est bien passé au Pays de Galles (1-1) et au Danemark (1-0). Seule la Suisse nous a écrasés (6-0). Le match contre l'Iran -défaite 1-2- nous a montré nos points forts et nos faiblesses. Il faut surtout débarrasser notre jeu de petites fautes. Qu'est-ce qui serait un succès pour le Panama ? GOMEZ : Atteindre un niveau convenable et ne pas devenir la risée du Mondial. Nous allons sans doute perdre des matches mais j'espère que ce ne sera pas humiliant. Comment êtes-vous resté en contact avec vos joueurs ? Vous les avez souvent vus à l'oeuvre ? GOMEZ : J'ai téléphoné à chacun toutes les semaines et quand c'était possible, j'ai suivi leurs matches à la télévision ou sur les vidéos reçues par mon staff. Qui va remporter la Coupe du Monde ? GOMEZ : Comme le tournoi se déroule en Europe, le lauréat sera sans doute issu de ce continent. Seul le Brésil est parvenu à s'imposer en terre européenne, en Suède, en 1958. Ça ne veut pas dire que je raie le Brésil ou l'Argentine de ma liste. Je m'attends à ce que l'Allemagne, l'Espagne, la Belgique, la France et même l'Angleterre aillent loin. Et de qui peut venir la surprise ? GOMEZ : La Colombie est une équipe très mûre, qui possède un staff technique fantastique. La Suisse peut aussi être une révélation. journaliste de RPC télévision et radio " Cette génération en or arrive en fin de cycle. Elle a tout donné une dernière fois pendant les qualifications et elle a réussi car tout s'est bien imbriqué, contrairement à la fois précédente. Il y a quatre ans, tout avait été de travers dans les dernières minutes mais cette expérience nous a été utile cette fois. Les joueurs dont nous allons bientôt prendre congé ont déterminé le visage de notre football pendant deux décennies. Luis Tejada, Felipe Baloy, Jaime Penedo, Blas Pérez, tous ces chicos se connaissent depuis des années. Nous comptons aussi sur l'expérience du sélectionneur, qui accorde beaucoup d'importance à la préparation physique, avant le tournoi. J'attends beaucoup d' Alberto Quintero, qui doit apporter le danger. Il parvient facilement à décontenancer son adversaire. Je suis curieux de voir ce que notre arrière droit, Michael Murillo, peut apporter. Il a énormément progressé ces derniers temps. Je crains de devoir attendre beaucoup de miracles de notre gardien Jaime Penedo. Notre style n'est pas spectaculaire. Nous sommes organisés, nous nous appuyons sur une bonne défense et misons sur la moindre occasion d'attaquer. " Il a signé un contrat au FC Porto il y a trois ans déjà. Son talent n'était donc pas passé inaperçu. Pourtant, Ismael Diaz s'est rongé les sangs en attendant la divulgation de la sélection. Pourquoi ? Parce qu'il a été opéré du ménisque du genou droit, ce qui l'a mis sur la touche plusieurs mois. Il a du talent, il est même considéré comme un des futurs piliers de l'équipe nationale. Son dribble a conduit Porto B au titre mais il n'a pas éclaté. En 2017, il a donc rejoint le Deportivo La Corogne, qui l'a fait s'entraîner avec le noyau A avant de le caser dans son équipe B, RCD Fabril. Cet ailier gauche peut améliorer sa puissance et sa condition physique. Il n'est pas certain qu'il reste en Espagne. C'est d'ailleurs à cause de sa condition physique que le sélectionneur a hésité à le reprendre pour la Russie. Hernan Gomez veut des battants, des joueurs costauds, pas des artistes. La force du Panama ne réside clairement pas dans le secteur offensif. Il a marqué seize buts en autant de matches de qualification. Deux de ces buts ont été inscrits sur coup franc. Le meilleur buteur, Gabriel Torres, n'a trouvé le chemin des filets qu'à trois reprises.Blas Pérez a annoncé la semaine passée ses adieux internationaux. Il joue en équipe nationale depuis 2001 et arrête à l'issue du Mondial. Il a fêté ses 37 ans en mars.La délégation a été reçue au palais présidentiel avant son départ pour la Russie. Le président Juan Carlos Varela lui a remis le Pabellon Nacional, le drapeau du pays. Les joueurs, émus, ont ensuite été faits membres de l' Orden Manuel Roy. Amilcar Henriquez, tué dans une fusillade près de chez lui pendant les qualifications, n'a pas été oublié. Inutile de dire que les Panaméens seront remontés pour leur premier match contre les Diables Rouges. À souligner : le Panama n'a gagné que trois de ses dix derniers matches de qualification pour ce tournoi.