Les vainqueurs d'un choc entre les Mauves et les Rouches méritent souvent les lauriers du Goncourt de la saison en D1 : écrire les plus belles phrases d'un tel match, chargé d'émotions présentes et de nostalgies de belles époques jamais fanées, vaut son pesant d'or littéraire. Ces sentiments occupent une place de choix dans les deux nouveaux ouvrages consacrés aux chiens de faïence de notre football.
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Les vainqueurs d'un choc entre les Mauves et les Rouches méritent souvent les lauriers du Goncourt de la saison en D1 : écrire les plus belles phrases d'un tel match, chargé d'émotions présentes et de nostalgies de belles époques jamais fanées, vaut son pesant d'or littéraire. Ces sentiments occupent une place de choix dans les deux nouveaux ouvrages consacrés aux chiens de faïence de notre football. Les Bruxellois ont précédé leurs éternels adversaires chez les libraires. Pour fêter le 100e anniversaire de l'existence du Sporting, Johan Serkijn et Marcel Gallez ont frappé un grand coup. Le Dictionnaire du RSC Anderlecht (Edition Magnad, 29, 95 euros, 250 pages) a nécessité plus de six ans de travail de recherches. Ils ont patiemment consulté les collections des journaux de 1908 à nos jours afin de répertorier tous les joueurs ayant porté au moins une fois le célèbre maillot mauve. Le fruit de ce travail de bénédictins est une magnifique galerie où les oubliés de l'histoire côtoient de grandes vedettes du football européen. Qu'y a-t-il de commun entre Jean Reynewaeter (dit Brave Yoeng, milieu de terrain des années 30, 1 match en D1) et une star comme Robby Rensenbrink (261 matches de championnat de 1971 à 1980) si ce n'est leur passage à Anderlecht ? Qui furent les premiers étrangers ayant porté les couleurs du Sporting ? Pourquoi Ferdinand Adams a-t-il été surnommé Cassis ? Vous souvenez-vous de Blanchette ? Jef Jurion est-il né à Ruisbroek ? Serkijn et Gallez ont réponse à tout. Ces sympathisants déclarés de la cause bruxelloise ont pu compter sur l'aide de Foot 100 (une asbl qui publie notamment une revue bimestrielle consacrée à l'histoire du football belge) et de Claude Henrot, statisticien du football, afin de réaliser cette £uvre titanesque. C'est, comme l'a déclaré Georges Heylens, un véritable travail de mémoire qui ne vous tombe pas des mains. Le Standard ne serait pas le Standard s'il n'était pas aussi rouge, la couleur de la chaleur, de l'amour, de l'amitié et de l'esprit de famille charriés par la Meuse. Né en mai 1968, Etienne Ethaire est un écrivain liégeois (auteur de La Langoureuse) qui n'a jamais caché son amour pour le vieux club de Sclessin. " C'est un livre de c£ur ", dit-il. " Je l'ai découpé en sept chapitres ". On y retrouve présent et passé et, surtout, une collection de portraits aussi fins et humains que complets. Ethaire conjugue joliment les verbes croire et espérer à tous les temps. Si 557 joueurs ont porté l'écusson anderlechtois de 1908 à 2008, non moins de 623 footballeurs en ont fait de même à Sclessin en 110 ans d'existence. Les portraits brossés par l'auteur sont des florilèges d'émotions et les six pages consacrées à Sergio Conceiçao sont aussi belles que complètes. " De Roger-la- honte à Sergio-la-grinta, le public de Sclessin a toujours aimé les battants qui cultivent l'individualisme au profit du collectif ", écrit justement Ethaire. La personnalité des dirigeants actuels a aussi attiré son regard de fou du football. Edité par Luc Pire, La Tribu des Rouches (144 pages, 25 euros) est enrichie par 100 photos pétantes de rouge, d'espoir et de jeunesse de Christophe Smets. Ce sont des arcs-en-ciel qui strient magnifiquement le ciel de Sclessin. Le choc des photos s'ajoute au poids des mots. par pierre bilic