Vendredi dernier, l'UEFA et la police de Bochum, en Allemagne, ont annoncé que quelque 200 matches ont été falsifiés dans neuf pays. 17 personnes auraient déjà été arrêtées. Les pays impliqués sont l'Autriche, la Bosnie, la Hongrie, la Slovénie, la Croatie et la Turquie pour des matches de D1, l'Allemagne, la Suisse et la Belgique en D2. Un important réseau criminel dirigé par Milan et Ante Sapina serait à l'origine de ces falsifications. Les frères croates, qui vivent à Berlin, avaient déjà été les figures-clefs du scandale allemand de 2005, qui avait impliqué l'arbitre Robert Hoyzer. Les Sapina comme Hoyzer avaient été emprisonnés suite à cette affaire.
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Vendredi dernier, l'UEFA et la police de Bochum, en Allemagne, ont annoncé que quelque 200 matches ont été falsifiés dans neuf pays. 17 personnes auraient déjà été arrêtées. Les pays impliqués sont l'Autriche, la Bosnie, la Hongrie, la Slovénie, la Croatie et la Turquie pour des matches de D1, l'Allemagne, la Suisse et la Belgique en D2. Un important réseau criminel dirigé par Milan et Ante Sapina serait à l'origine de ces falsifications. Les frères croates, qui vivent à Berlin, avaient déjà été les figures-clefs du scandale allemand de 2005, qui avait impliqué l'arbitre Robert Hoyzer. Les Sapina comme Hoyzer avaient été emprisonnés suite à cette affaire. En Belgique, 17 matches de D2 feraient l'objet d'une enquête. L'UR Namur, entretemps reléguée en D3, est certainement impliquée. Tiens, tiens... Dimanche 12 octobre 2008, 9e journée de l'EXQI League. Je reçois un sms à 15.02 heures. - Il se passe quelque chose à Namur-Brussels. Le Brussels va gagner. - Va-t-il simplement gagner ou le score est-il précis ? - Gagner. Plus il marque de buts, plus le gain est élevé. Après 45 secondes, le score est déjà de 0-1. " Sanogo et Matumona ont slalomé à c£ur joie à travers la défense statique de Namur ", écrit le quotidien Het Nieuwsblad le lendemain. " A la demi-heure, Matumona a ridiculisé toute la défense. " - 0-2 après trente minutes. Nous sommes dans les temps !Namur n'offre aucune résistance. Le Brussels marque un troisième but avant la mi-temps. - Vous ne le croyez pas encore ? C'est 0-3. Deux buts gonflent encore le score en deuxième mi-temps. - 0-5 (le gain est maximal avec une différence de cinq buts). Marrant, non ? La semaine dernière, le Brussels a perdu 5-1 en déplacement. Comment gagner avec cinq buts d'écart à l'extérieur une semaine plus tard ? ? ? Bons baisers d'Asie. En fait, c'était deux semaines plus tôt. Le Brussels avait été battu 5-1 par l'Antwerp. Depuis, il n'a pas joué. Le lendemain, Het Laatste Nieuws conclut ainsi le compte-rendu de Namur-Brussels : " Peu avant le cinquième but bruxellois, le match a été perturbé par un supporter local qui a envahi le terrain, apparemment furieux sur les joueurs namurois. Cinq minutes avant le terme du match, la plupart des supporters de Namur avait quitté la tribune. " La Gazet van Antwerpen écrit : " Cela grenouille chez les Namurois. Pas seulement à cause des treize buts encaissés lors des trois derniers matches mais aussi suite aux déclarations de l'entraîneur adjoint Jacobs à propos des immiscions des futurs repreneurs italiens. " Comment ne pas accréditer des rumeurs de corruption à l'UR Namur à cette époque ? Son équipe a encaissé seize buts en quatre défaites d'affilée mais au téléphone, le président Jean-Claude Baudart balaie ces allégations. Paradoxalement, il déclare avoir déjà entrepris une action. " J'ai prévenu la police de Namur mais celle-ci me dit qu'il n'y a rien. Je vais écrire une lettre à Jean-Marie Philips. Mogi Bayat m'a appris qu'une personne, à la fédération, est chargée de contrôler tous ces bruits. " A ce moment, on sait depuis un mois que l'UR Namur sera reprise par un groupe du Sud de l'Italie au terme de la saison. On ne sait pas grand-chose de lui, si ce n'est qu'il posséderait aussi un club en Côte d'Ivoire. Un gardien ivoirien et quelques défenseurs italiens sont déjà arrivés à Namur. Ils ne relèvent guère le niveau du jeu, au contraire, Namur va de mal en pis. " Nous avons étudié soigneusement ces investisseurs ", se défend Baudart. " Sur internet, nous avons trouvé un article qui les associe à des manipulations ou à la mafia. D'ailleurs, la saison passée, quand nous avons joué à Beveren, il y avait déjà des rumeurs alors que ces Italiens ne s'étaient pas encore manifestés. "Baudart ajoute qu'un autre club de D2 l'a assuré de la fiabilité des Italiens. Il ne veut pas dévoiler le nom du club : " La personne qui me l'a dit n'y travaille plus, depuis. " Il s'agit probablement de l'Olympic Charleroi... Dimanche 2 novembre 2008, 12e journée de l'EXQI League. Coup de fil : " Aujourd'hui, ça se passe à Louvain-Namur. " Je saute dans ma voiture. Après deux minutes, je n'en crois pas mes yeux. Le Louvaniste Tail Schoonjans dribble trois adversaires. Par miracle, il ne marque pas. Un des défenseurs centraux namurois est dans un très mauvais jour, la plaque tournante serbe joue avec brio le rôle du footballeur alibi. L'arbitre Stéphane Bréda ne complique pas vraiment la vie d'OHL durant la première demi-heure. Nul ne proteste quand Louvain bénéficie d'un coup franc cadeau juste devant le rectangle. A la mi-temps, le score est de 1-0. IvicaJarakovic a botté un coup franc dans le vide laissé dans le mur par le meneur de jeu visiteur. Je n'ai jamais vu ça : il est accroupi dans le mur. En seconde période, quand Abdoulaye Soumare égalise et s'accroche aux grillages pour fêter son but avec les rares supporters namurois qui ont effectué le déplacement, ses coéquipiers ne lui accordent pas un regard. Le match se termine sur le score de trois buts à un, notamment grâce à un penalty. Bréda a le nez sur la phase mais laisse jouer jusqu'à ce qu'il remarque son assistant, qui agite frénétiquement son drapeau à trente mètres de là. Il semble avoir décelé une faute - un tirage de maillot - sur l'avant Bjorn Ruytinx. Trois joueurs de Namur dont un réserviste reçoivent une carte rouge. Après le match, dans l'espace VIP, quelqu'un interroge Ruytinx : " Bjorn, il y avait penalty ? "Bjorn sourit et lâche : " Mouais... "Les membres de l'UR Namur ont quitté le stade depuis longtemps. Pas de trace du président, Jean-Claude Baudart et de ses repreneurs italiens. On raconte que les deux parties ont rompu il y a quelques jours. Peu après OH Louvain-UR Namur, la presse mentionne en effet que les contacts avec FabioCordella sont définitivement rompus. Selon Baudart, c'est parce que l'Italien n'a cessé de baisser son prix pour la reprise du club. " J'ai dû constater que Cordella est un menteur et un fantaisiste ", déclare-t-il à Sport/ Foot Magazine. A Louvain, aucun des joueurs récemment enrôlés ne figurait sur la feuille de match. Trois jours plus tard, l'entraîneur, René Hidalgo, est limogé. Dans les jours qui suivent, on annonce que Cordella a jeté son dévolu sur l'Olympic Charleroi puis c'est sur l'Union. Le 17 novembre 2008, on l'aperçoit pour la première fois à un match de l'Union, un mois et demi après qu'il a été présenté, le 2 septembre 2008, comme le nouvel investisseur de l'UR Namur. L'édition régionale de La Meuse entame le compte-rendu de la conférence de presse avec le titre : " Un loup dans la bergerie ? " Cordella est furieux. Le mercredi 19 novembre 2008, Jean-Claude Baudart est interrogé par la commission d'enquête de l'UB. Celle-ci l'a convoqué suite à la lettre qu'il a envoyée à Jean-Marie Philips. Baudart fulmine à propos d'un écho paru dans Sport/Foot Magazine un mois plus tôt. Il estime qu'on a discrédité son club à tort en parlant de corruption éventuelle... Par sa démarche, il espère être couvert au cas où les rumeurs de corruption se confirmeraient. Baudart explique à la commission avoir été prévenu par deux hommes qu'il se passait quelque chose dans son club. Il s'agit de Mogi Bayat, du Sporting Charleroi, et de Nicolas Dervisaj. Dervisaj est l'associé de YouriSelak, le manager de feu François Sterchele. Dervisaj s'occupe alors de la gestion sportive, de négociations de contrats comprises, de Tubize, promu en D1, jusqu'à ce qu'au printemps 2009, il se heurte à l'entraîneur, Albert Cartier. Dervisaj se vante de ses liens étroits avec, entre autres, Claude Makelele, Thierry Henry, Marcel Desailly, Vedran Runje et Jean-Pierre Papin. En Belgique, il est notamment le manager du Standardman Gregory Dufer. L'homme a mauvaise réputation. Il y a une dizaine d'année, il a été condamné à une peine de prison pour avoir mis en place un carrousel de TVA et avoir blanchi de l'argent via un magasin de gsm. Il faut trois semaines à la commission d'enquête pour obtenir le numéro de téléphone de Dervisaj, qui accepte immédiatement un entretien. Bayat refuse. Malgré ses fonctions au Sporting Charleroi, il n'est pas affilié à l'UB et celle-ci ne peut donc le contraindre à comparaître. Dervisaj, lui, ne fait pas de problème. Durant la trêve hivernale, Baudart met publiquement en question la relation entre son défenseur, Michaël Blanc, et le groupe d'investisseurs italiens emmené par Fabio Cordella. Il s'est exprimé " après quelques défaites étranges. " Namur avait loué Blanc au Sporting Charleroi puis, pendant le mercato, après une demi-saison, le défenseur a rejoint le FC Brussels. Cordella a pris fait et cause pour Blanc dans la presse francophone. Baudart avait aussi qualifié l'Italien de " menteur ". " Je n'ai cependant pas dit qu'il aurait falsifié des matches ", précise aujourd'hui l'ancien président de manière formelle. " Je n'ai jamais dit ça. "Il faut deux mois pour fixer un rendez-vous suite aux retards de la commission et celui-ci n'aura finalement pas lieu. Le matin du rendez-vous, le 24 février 2009, Dervisaj le décommande, sans fournir de motif. On décide que le procureur de l'UB, René Verstringhe, va se pencher personnellement sur la suite de l'affaire. Il semble trouver que tout cela a trop traîné. Peu après, il est invité à l'assemblée plénière annuelle de la commission d'enquête. Il déclare : " Clôturez le dossier. " On ne fixe pas d'autre rendez-vous à Dervisaj. Le secrétaire général de l'UB, Jean-Marie Philips, affirme ne pas avoir été au courant. " Je ne sais rien, à cause du principe de la séparation des pouvoirs. " Philips déclare aussi n'avoir jamais reçu de lettre de Baudart, contrairement à ce que prétend celui-ci. " Je n'ai aucune connaissance de pareille lettre. " Dans la mesure où Verstringhe n'a pas été efficace dans l'affaire Zheyun Ye, l'UEFA n'a pas envie de lui confier le nouveau dossier. L'UB a décidé que ce serait l'adjoint de Verstringhe, Marc Rubbens, qui le gérerait. Cela peut poser des problèmes : Rubbens est procureur à Hasselt, ce qui le contraint à établir un procès verbal en cas de corruption privée. Le dossier atterrirait donc malgré tout au parquet fédéral,... ce que l'UEFA veut justement éviter. par jan hauspie"0-5. Marrant, hein. Bons baisers d'Asie."