1 ROGER VANDEN STOCK - L'INDÉCIDEUR

Dans les faits, il a tout pour être heureux. Il est le président des champions en titre qui se trouvent appartenir au club le plus puissant du royaume. Dans les faits, oui. Mais voilà, on n'arrive plus vraiment à identifier s'il est le vrai décideur des Mauves. On sait qu'il pilote le dossier du stade. Mais les autres ? Le transfert de Thorgan Hazard, la mainmise de Van den Brom ? On ne l'entend pas. Et, en coulisses, il se chuchote qu'Alexandre Van Damme a plus de poids que Roger himself.
...

Dans les faits, il a tout pour être heureux. Il est le président des champions en titre qui se trouvent appartenir au club le plus puissant du royaume. Dans les faits, oui. Mais voilà, on n'arrive plus vraiment à identifier s'il est le vrai décideur des Mauves. On sait qu'il pilote le dossier du stade. Mais les autres ? Le transfert de Thorgan Hazard, la mainmise de Van den Brom ? On ne l'entend pas. Et, en coulisses, il se chuchote qu'Alexandre Van Damme a plus de poids que Roger himself. Saint-Christian, priez pour nous. Pour la qualification au Brésil, amen. Pour marquer des buts dans le championnat le plus médiatisé, amen. Pour être resté disponible et simple, amen. Oui mais Saint-Christian, pourquoi vous êtes-vous caché entre septembre et janvier 2014 ? Et serez-vous toujours aussi fort et déterminant au Brésil ? OK, Saint-Christian, on prie pour vous... Le prototype du joueur bourré de classe qu'on passe la moitié du match à maudire pour ses mauvaises passes ou son individualisme et l'autre moitié à porter aux nues pour ses buts venus d'ailleurs. Le prototype du joueur que les supporters liégeois adorent mais pourraient vite détester s'il continue à lorgner du côté de Bruxelles. Enfin, le prototype de joueur qu'un entraîneur peut à la fois couver pour son talent mais aussi secouer pour son manque de discipline. Il aurait dû faire partie des grands gagnants de l'année. Passer de Twente à Tottenham, c'est déjà la confirmation d'un talent maintes fois aperçu chez les Diables Rouges. Oui mais voilà André Villas Boas n'y a pas vraiment cru et l'a laissé croupir sur le banc. Son remplaçant, Tim Sherwood compte davantage sur lui mais pas encore assez à nos yeux. Comme chez les Diables : il est davantage qu'un remplaçant mais moins qu'un titulaire. Il est arrivé, a tout cassé, nous a montré ses abdos - ce qui apparemment fait déjà peur à ses adversaires -, a failli faire d'un club de province sans histoire un champion de Belgique. Après ça, comme un grand, il a décroché un transfert dans la compétition en vogue (la Bundesliga) avant de revenir en prêt chez ses copains de Zulte. Il roulera donc en Golf en 2014. Comme Chadli, il a décroché le jackpot : quitter la Eredivisie pour un championnat relevé et un club du haut de tableau. Comme Chadli, il fait partie, chez les Diables Rouges, des alternatifs du spectacle. Et comme Chadli, sa situation chez les Diables a déteint sur son statut en club. Jusqu'en décembre... Car après, Naples a découvert un phénomène. Inspiré du Vésuve tout proche, il est entré en éruption. Comme on ne sait pas qui dirige à Anderlecht, on est en droit de penser que c'est le directeur général qui tient les rênes. C'est lui qui a choisi l'entraîneur néerlandais, lui qui l'a soutenu contre vents et marées tant en fin de saison passée que lors de cette campagne. Mais si c'est lui qui décide, c'est aussi à lui qu'il faut reprocher les transferts ratés (De Zeeuw, Milivojevic, Armenteros...). On se demande si l'attaquant de Genk ne revit pas l'histoire de Pénélope qui a attendu toute sa vie le retour d'Ulysse. A chaque mercato, on le dit partant certain. A chaque mercato, il reste à quai. Il continue à marquer pour Genk mais chaque année, il prend un an en plus, et voit la possibilité d'un beau transfert dans une compétition étrangère s'éloigner. Et le Brésil qui va avec... L'homme des play-offs n'a qu'un défaut : il a trop remercié Mircea Rednic. Et le pire, c'est qu'il est fidèle. Il a continué à soutenir l'entraîneur roumain une fois ce dernier démis de ses fonctions. Pas la façon la plus maligne d'entrer dans les grâces de son nouvel entraîneur. L'ami Polo a donc tâté un peu plus le banc que les autres avant de prouver qu'un talent comme le sien était bien incontournable. Il n'y a pas à dire, en un an et demi, il a su complètement se démarquer de son oncle et refaire du Mambourg un endroit fréquentable et fréquenté, un lieu où on reprend du plaisir à venir. Mais a-t-il su se démarquer de son frère ? Certains, en dehors du microcosme carolo, n'en sont pas convaincus. Et ce ne sont pas les deals du dernier mercato qui enlèvent le doute. La route est encore longue. PAR STEPHANE VANDE VELDE- PHOTOS : IMAGEGLOBE