Lorsque Stijn Vreven a succédé à Marinus Dijkhuizen, peu avant le Nouvel An, NAC Breda semblait déjà pouvoir faire une croix sur ses ambitions mais deux victoires et un nul plus tard, ses bouillants supporters peuvent encore rêver des play-offs, au cours desquels il y aura deux places en D1 hollandaise à gagner.
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Lorsque Stijn Vreven a succédé à Marinus Dijkhuizen, peu avant le Nouvel An, NAC Breda semblait déjà pouvoir faire une croix sur ses ambitions mais deux victoires et un nul plus tard, ses bouillants supporters peuvent encore rêver des play-offs, au cours desquels il y aura deux places en D1 hollandaise à gagner. STIJN VREVEN :Non. Deux jours après avoir été limogé à Waasland-Beveren, j'aurais pu commencer au Cercle. J'ai ensuite discuté avec l'Antwerp mais Wim De Decker voulait reprendre l'équipe. Par respect, j'ai parlé avec Lommel mais je trouvais que ce n'était pas le moment d'y retourner. Quand NAC a frappé à ma porte, j'ai eu un bon pressentiment. VREVEN :Non, et NAC non plus. J'ai discuté avec des tas de gens qui m'ont décortiqué la façon de travailler du club, son ADN. Le club me connaissait aussi de l'époque où j'étais joueur et il m'a analysé sur le plan humain. C'était très professionnel. VREVEN :Le profil qu'ils ont dressé de moi était très complet. Par moments, c'était interpellant. Il y avait des choses que je savais mais que j'aurais voulu garder pour moi. Quand vous lisez ça noir sur blanc... VREVEN :Que je m'intéresse peu aux gens qui ne me plaisent pas ou qui ne partagent pas mon enthousiasme. On m'a aussi dit que ma façon de travailler ne plaisait pas à tout le monde ou que je devais aussi tenter de motiver les moins assidus. Des choses intéressantes qui devraient me servir. VREVEN :La société évolue et maintenant, il faut pousser la charrue si on veut qu'elle avance. Les jeunes reçoivent plus vite leur chance. Ici, ils ont presque tous entre 17 et 22 ans et ils cherchent leur voie. Ce n'est pas toujours de la mauvaise volonté, parfois de l'inconscience. On y met beaucoup d'énergie. VREVEN :S'il y a une chose que j'ai apprise à Beveren, c'est que tout tient aux résultats. Comment expliquer qu'on m'ait porté aux nues après la 12e place de la saison dernière - le meilleur résultat de l'histoire du club depuis la fusion - et qu'on m'ait limogé quelques mois plus tard alors que nous étions 13e ? Je ne demande pas qu'on ait pitié de moi mais c'est étrange, non ? D'autant que les joueurs, les supporters et la presse me soutenaient. VREVEN :Je n'ai jamais craché dans la soupe et je ne vais pas commencer mais c'est bizarre. Aujourd'hui, je me dis que j'aurais dû partir après un an. Je comprends maintenant pourquoi les discussions en vue d'une prolongation de contrat ont traîné. La première question qu'on m'a posée c'était : Est-ce qu'on n'aurait pas pu faire mieux ? On aurait dit qu'on considérait cette 12e place comme normale. VREVEN :Je ne pense pas avoir un ego surdimensionné mais, sportivement, je sais ce que je vaux. C'est ce qui m'a permis d'être professionnel pendant 18 ans. J'étais donc blessé, d'autant que je trouvais ça injuste. Aujourd'hui encore, j'ai du mal à relativiser. Au début, j'en étais malade. Je ne me considère jamais comme de passage, je peux travailler 18 heures par jour s'il le faut. C'est même un besoin. VREVEN :J'étais paumé. Je n'ai pas peur de le dire : quand je suis retourné dans mon bureau, avec les autres entraîneurs, j'ai pleuré. Je trouvais que nous avions fait du bon boulot et j'avais envie de l'achever. On ne m'y a pas autorisé et ça m'a fait mal. VREVEN :C'est vrai mais je me remettais tout de même en question. Personne ne peut me reprocher un manque de passion ou d'éthique dans mon travail. Bien sûr, j'ai fait des mauvais choix. Guardiola en fait aussi. Un des rôles les plus importants du coach, c'est de faire progresser les joueurs et j'y suis parvenu avec Thibault Moulin ou Steeven Langil. Ils ont été remplacés par des jeunes dont nous pensions que nous les ferions progresser. Maintenant, j'ai appris que je devais parfois être plus souple sur certains points parce qu'on ne contrôle pas toujours tout, surtout en match. Et pourtant, on est jugé sur les résultats. VREVEN :C'est surtout une question de statut. Aux Pays-Bas, les entraîneurs sont bien mieux protégés. En Belgique, ils ont un contrat d'employés. On peut donc les virer comme on veut. Ici, il faut payer la totalité du contrat alors, on réfléchit à deux fois. En Belgique, on a perdu la perception de ce qui est bon. Peter Maes a qualifié Genk pour la Coupe d'Europe et la demi-finale de la Coupe de Belgique, il a fait progresser des joueurs vendus pour des millions et il n'avait pas encore dit son dernier mot pour les play-offs 1... VREVEN :C'est le genre de choses que je ne ferais jamais. VREVEN :Sans doute un peu des deux. Au cours d'une même semaine, j'ai vu un entraîneur dans les tribunes de Lokeren, du Cercle et de Beveren. Mais bon, les normes changent... VREVEN :Si les journalistes m'apprécient, c'est parce que je ne tourne pas autour du pot. C'est en étant honnête qu'on va le plus loin et je ne changerai pas, même si ça me fragilise. Les gens qui me connaissent savent qu'avec moi, la déception ne dure jamais longtemps. VREVEN :Je demande beaucoup aux joueurs et ils peuvent me le dire, à condition de le faire avec respect et d'argumenter. J'aime les joueurs qui ont un avis. Un entraîneur doit être à la fois dur et gentil. Cela dépend aussi du type de joueurs. Les plus âgés se contrôlent plus facilement eux-mêmes. PAR CHRIS TETAERT - PHOTO BELGAIMAGE