Le 26 décembre, lors du match à La Gantoise, Lucas Biglia avait dû quitter le terrain, victime d'une blessure à la cheville. Tout le staff anderlechtois était inquiet, craignant de longues semaines d'indisponibilité. Heureusement, le milieu de terrain argentin - qui fêtera ses 24 ans ce 30 janvier - n'a finalement loupé que le match de championnat contre Zulte Waregem. Mieux : pour la reprise au Standard, le 17 janvier, il a rayonné.
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Le 26 décembre, lors du match à La Gantoise, Lucas Biglia avait dû quitter le terrain, victime d'une blessure à la cheville. Tout le staff anderlechtois était inquiet, craignant de longues semaines d'indisponibilité. Heureusement, le milieu de terrain argentin - qui fêtera ses 24 ans ce 30 janvier - n'a finalement loupé que le match de championnat contre Zulte Waregem. Mieux : pour la reprise au Standard, le 17 janvier, il a rayonné. " Je m'étais occasionné une grosse frayeur à Gand ", confirme-t-il. " En rentrant aux vestiaires, je me suis tâté le pied et la douleur était très intense. J'ai craint le pire, mais le diagnostic fut relativement rassurant : il y avait une distension des ligaments, mais pas de fracture. J'ai été bien traité par le staff médical, puis le Dr. Mendoza est revenu d'Argentine pour nous accompagner au stage à La Manga. Il m'a beaucoup aidé. Grâce à son intervention, j'ai pu rejouer rapidement. Un nouveau miracle ? N'allons pas jusque-là. Il est compétent, et il y a peut-être une question de confiance aussi qui joue, mais il ne ressuscitera pas les morts. Je ne sais pas si je suis plus résistant que d'autres à la douleur, c'est aussi une question de volonté. A Sclessin, la douleur était toujours présente mais j'ai mordu sur ma chique. "Biglia a toujours gardé ce côté mystérieux et fort réservé face aux gens qu'il ne connaît pas, mais il gagne à être connu quand il se laisse un peu aller. Et sur le terrain, il laisse souvent parler son courage. LucasBiglia : N'exagérez pas. C'est l'affaire de tout le monde. Mbark Boussoufa, pour ne citer que lui, est également l'un des joueurs qui imprime le rythme. J'ai cité Mbark parce que c'est le véritable inspirateur de l'équipe. Il sent remarquablement le jeu, et c'est à lui de décider quand il convient d'accélérer ou, au contraire, de temporiser. Mon rôle à moi, c'est de monter le ballon le plus haut possible, jusqu'à ce que Mbark prenne le relais. En fait, j'ai retrouvé le niveau qui était le mien lorsque j'ai débarqué à Anderlecht en 2006. Entre-temps, beaucoup de choses se sont passées, certaines tragiques et d'autres heureuses. J'ai perdu mon papa, ce qui explique que le football a un peu été relégué au second plan. Il m'a fallu six mois pour m'en remettre. Puis, j'ai fêté la naissance de ma fille, qui m'a redonné du courage. Durant la période où j'ai traversé des hauts et des bas, j'ai été critiqué. Cela aussi, il a fallu le supporter. Ces critiques, qui m'ont été adressées alors que je n'étais pas au mieux mentalement, m'ont encore un peu plus sapé le moral. Aujourd'hui, j'ai retrouvé une certaine sérénité. Le côté émotionnel a été difficile à gérer, mais je jouis désormais de cet équilibre dont tout sportif a besoin. Je pense aussi que tous les aléas de la vie que j'ai endurés m'ont renforcé, sur le plan mental. Le coach a changé son système de jeu, et celui qu'il préconise actuellement me convient très bien. J'ai toujours été un joueur offensif. Seulement, je dois me plier aux directives de l'entraîneur, et s'il décide de m'attribuer une mission de récupération, je dois m'y plier. L'intérêt de l'équipe prime. Je ne me suis jamais plaint et je ne suis jamais allé le trouver pour lui demander de me confier un autre rôle. Cette saison, après quelques matches, il m'a lui-même demandé de jouer plus haut. A la position qui, en fait, avait toujours été la mienne dans le passé. Ces derniers temps, on a beaucoup travaillé la circulation du ballon. Peut-être en perspective de l'enchaînement des matches qui nous attend. Un enchaînement qui, par ailleurs, n'est pas pour me déplaire. Le rythme soutenu m'aide à rester affûté. Physiquement, je me sens mieux. Ce n'est pas qu'une impression, c'est la réalité. Et c'est dû au fait que, cette saison, on a augmenté l'intensité du travail physique. Car je ne mange ni plus, ni moins qu'avant. Je peux même dire que, durant la période où j'ai essayé de changer mon alimentation sur les conseils d'une diététicienne, j'ai rencontré de sérieux problèmes de récupération. Ces derniers mois, j'ai perdu trois ou quatre kilos. Pour un joueur comme moi, c'est beaucoup. Meilleur, je ne sais pas. Mais en trois ans et demi, j'ai forcément acquis plus d'expérience. Probablement, oui. C'est en Belgique que j'ai appris à récupérer des ballons, durant cette saison où j'ai occupé une place plus en retrait dans l'entrejeu. En Argentine, j'accusais de nombreuses carences sur le plan défensif. J'ai dû apprendre un rôle auquel je n'étais pas habitué. Les conseils de Besnik Hasi, qui a occupé cette place de médian récupérateur durant sa carrière, m'ont été précieux. Au bout du compte, même si j'ai été critiqué durant cette période, parce que d'aucuns jugeaient mon apport offensif insuffisant, je peux dire que j'ai étoffé mon registre, effectivement. Frustré, non. Simplement, j'étais arrivé avec certains objectifs et tout ne s'est pas déroulé comme je l'avais imaginé. Mais ce n'est pas grave : comme joueur, on doit s'attendre à être confronté à des situations imprévues. Je ne vois pas de quel droit j'aurais pu me plaindre. Après tout, j'avais la chance de jouer, c'est déjà énorme. Aujourd'hui, je retrouve avec plaisir le rôle qui était le mien en Argentine, et dans un système qui m'est familier également, avec deux milieux axiaux dont l'un doit conserver sa position lorsque l'autre s'aventure devant. On fonctionne de cette manière avec Bouba Saré ou Cheikhou Kouyaté, et c'est ainsi que je fonctionnais dans mon pays aussi. ( Ilrit) Ces propos sont flatteurs, mais il faut garder les pieds sur terre. Mascherano a atteint un niveau beaucoup plus élevé que moi. Son potentiel, à la récupération, est beaucoup plus impressionnant également. Je ne suis que Biglia. Pour l'instant, mes idées sont à Anderlecht. Je me concentre sur ma tâche ici, au moins jusqu'en juin. Mon seul souci est de continuer à progresser et d'aider le club à réaliser ses objectifs. Après, on verra. Je me sens bien au Sporting et je profite au maximum de la bonne période que l'on connaît actuellement. Je ne ferme évidemment pas la porte à un transfert à l'étranger. Si toutes les parties y trouvent leur compte, pourquoi pas ? Personnellement, je ne me focalise pas là-dessus. C'est clair que cet argument peut jouer. Si Anderlecht participe à la Ligue des Champions et que les seules propositions que je reçoive émanent de clubs étrangers de milieu de tableau, je ne vois pas pourquoi je partirais pour effectuer un pas en arrière. On en reparlera en juin. La C1 constitue une belle vitrine, en effet. Oui, je sais. Il ne reste plus beaucoup de temps, et plus le temps passe, plus les chances que j'y participe s'amenuisent. Je commence tout doucement à m'en faire une raison. Maradona a déjà sa sélection en tête, à mon avis. Je garde un mince espoir, mais je n'évolue pas dans le championnat le plus médiatisé qui soit. Je ne pense pas qu'un émissaire de la fédération argentine soit déjà venu me voir à l'£uvre au Parc Astrid, ou alors il serait venu incognito. C'est ainsi, que voulez-vous ? Si je ne participe pas à la Coupe du Monde cette année, j'espère que j'en serai à la prochaine. Je suis encore jeune. Ce seront sûrement de grands moments pour les spectateurs. Moi, je vois cela sous l'angle mathématique : les points que nous aurons obtenus au terme de la saison régulière seront divisés par deux. Sachant cela, on a intérêt à creuser le plus grand écart possible avec nos rivaux. L'objectif, c'est d'être champion. Les playoffs, ce sera un nouveau mini-championnat qui commencera. De toute façon, on n'a pas le choix : certaines hautes instances ont décidé qu'il y aurait des playoffs, donc on devra les jouer. J'ai été davantage habitué à jouer un championnat normal, à rencontrer chaque équipe selon le système aller-retour. Les playoffs, c'est tout à fait nouveau et un peu désarçonnant. Mais c'est comme cela, il faudra s'y faire. C'est la vie d'un joueur professionnel qui veut cela. J'avais, c'est vrai, pris l'habitude de rentrer en Argentine pour Noël, mais ma situation familiale a évolué. J'ai désormais une fille, j'ai ma compagne avec moi et un ami ( NDLR : NicolasPareja) est venu me rendre visite. J'avais tout de même l'impression d'être un peu en Argentine. Oui, oui. Quatre jours. Un séjour un peu trop court à mon goût, mais soit : c'était bien quand même. Jolie ville, l'une des plus impressionnantes du monde. Peut-être y retournerai-je un jour pour la découvrir de façon plus approfondie. C'est possible. J'ai toujours été bien traité à Anderlecht. J'ignore ce que la vie me réserve. Mon prochain club sera peut-être meilleur, peut-être pire. En tout cas, le Sporting aura marqué ma jeune carrière. par daniel devos - photos: belgaJe ne pense pas que la fédé argentine soit déjà venue me voir à Anderlecht J'ai retrouvé le rôle qui était le mien en Argentine, dans un système familier...