Que retenez-vous de la sévère défaite des Diables Rouges à Zagreb?

Elle m'inspire deux réflexions. La première, c'est qu'il ne faut pas remettre tout en question après cet échec. On a sans doute cru un peu trop vite, après un bon match d'entraînement en Algérie, que l'équipe nationale pouvait à nouveau s'éveiller aux plus nobles ambitions. Au stade Maksimir, face à une formation à la fois plus sémillante que les Fennecs , et plus avancée que la nôtre en matière de reconstruction - puisqu'elle a dû remplacer des éléments tels que Zvonimir Boban, Davor Suker ou Robert Prosinecki entre autres - chacun aura pu constater que notre sélection manque encore de bouteille et qu'un garçon comme Marc Wilmots, par exemple, n'a toujours pas été remplacé. Je persiste à croire, toutefois, que les options d'Aimé Anthuenis sont les bonnes et qu'elles se révéleront payantes tôt ou tard. Des garçons comme Daniel...

Elle m'inspire deux réflexions. La première, c'est qu'il ne faut pas remettre tout en question après cet échec. On a sans doute cru un peu trop vite, après un bon match d'entraînement en Algérie, que l'équipe nationale pouvait à nouveau s'éveiller aux plus nobles ambitions. Au stade Maksimir, face à une formation à la fois plus sémillante que les Fennecs , et plus avancée que la nôtre en matière de reconstruction - puisqu'elle a dû remplacer des éléments tels que Zvonimir Boban, Davor Suker ou Robert Prosinecki entre autres - chacun aura pu constater que notre sélection manque encore de bouteille et qu'un garçon comme Marc Wilmots, par exemple, n'a toujours pas été remplacé. Je persiste à croire, toutefois, que les options d'Aimé Anthuenis sont les bonnes et qu'elles se révéleront payantes tôt ou tard. Des garçons comme Daniel Van Buyten, Thomas Buffel et Emile Mpenza sont incontestablement promis au plus bel avenir. Mais pour qu'ils brillent au plus haut niveau international, une condition s'impose et elle constitue ma deuxième réflexion: il y eut une époque, guère lointaine, où onze Belges, qui évoluaient principalement au pays, de surcroît, formaient un bastion inexpugnable. Or, quand je vois la génération actuelle à l'oeuvre, et en particulier ceux qui devraient être d'un apport appréciable parce qu'ils jouent précisément dans des grands clubs à l'étranger, je reste sur ma faim. Un Joos Valgaeren, pour ne citer que lui, ne parvient décidément pas à répéter chez les Diables Rouges les performances dont il est coutumier au Celtic. Pourquoi un tel décalage? Et pourquoi un tel laisser-aller général dans l'adversité? A 2 à 0, ce n'étaient plus des joueurs mais des touristes sur le terrain. Où était la fierté belge, je me le demande. Les étrangers ne sont pas les seuls à être passés à côté de leur match. Ceux qui évoluent en compétition belge n'étaient pas mieux inspirés. A commencer par le malheureux Francky Vandendriessche.C'est vrai mais a-t-il vraiment pu compter sur ses partenaires dans ce match? Le gardien mouscronnois l'avait dit lui-même la veille de la rencontre: s'il avait pris tant de buts en championnat jusqu'ici, c'est parce qu'il avait été appelé à diriger la bagatelle de 14 joueurs différents, sans toujours savoir à quoi s'en tenir avec chacun d'entre eux. En équipe nationale, il avait affaire à quatre nouvelles têtes, une fois de plus. Dans ces conditions, il eût été indiqué de jouer loin de son but et de serrer les rangs autant que possible. En lieu et place, le portier de l'Excelsior s'est trop souvent retrouvé livré à lui-même. Comme sur les troisième et quatrième buts, où il a vraiment été lâché par tout le monde. Aussi, je ne l'accablerai pas outre mesure. Pour d'autres, davantage rompus à des matches de cette importance, je serai nettement moins indulgent. Je songe aux Brugeois, notamment, qui ont tous sombré dans la médiocrité et en particulier les arrières latéraux Olivier De Cock et Stéphane Van der Heyden.Bruges reste sur un zéro sur six en championnat. Compte tenu du non-match de ses représentants en Croatie, le Club doit-il se faire du souci sur la scène nationale?Une chose est sûreà présent: depuis que Trond Sollied les dirige, les joueurs du Club éprouvent manifestement toutes les difficultés du monde à signer un deuxième tour aussi brillant que le premier. Il y a deux ans, ils s'étaient fait remonter par Anderlecht après avoir compté six points d'avance et, la saison passée, c'est Genk qui leur avait joué un tour pendable. En principe, vu le gouffre qui sépare les Bleu et Noir de leur premier poursuivant, Anderlecht, il ne devrait pas y avoir péril en la demeure pour eux. Mais imaginons que Mons crée la surprise au stade Jan Breydel, comme Charleroi y est parvenu, dans le même temps qu'Anderlecht s'impose au Lierse? La pression serait alors sérieusement sur Bruges, d'autant plus que les Flandriens doivent encore rencontrer le Lierse et Lokeren.Une équipe de Daknam qui pourrait profiter du choc entre Lierrois et Anderlechtois dans le cadre de la lutte pour la deuxième place?Lokeren est évidemment favori face à un Mouscron en déliquescence totale. Au nom du football spectaculaire que ses joueurs dispensent, le club waeslandien mérite un ticket européen. (Bruno Govers)