En juillet, Forbes a déclenché un tsunami dans le monde du sport en publiant la liste des sportifs les mieux payés en 2018. Pas une seule femme dans le top cent, même pas Serena Williams. L'Américaine était la seule à en faire partie un an plus tôt mais elle avait peu joué pendant sa grossesse et ses contrats de sponsoring, qui représentent quand même 15,6 millions d'euros, ne suffisaient pas à lui assurer un classement dans le top cent. Le basketteur français Nicolas Batum (Charlotte Hornets) avait gagné 4,3 millions de plus que la lauréate de 23 grands chelems et ava...

En juillet, Forbes a déclenché un tsunami dans le monde du sport en publiant la liste des sportifs les mieux payés en 2018. Pas une seule femme dans le top cent, même pas Serena Williams. L'Américaine était la seule à en faire partie un an plus tôt mais elle avait peu joué pendant sa grossesse et ses contrats de sponsoring, qui représentent quand même 15,6 millions d'euros, ne suffisaient pas à lui assurer un classement dans le top cent. Le basketteur français Nicolas Batum (Charlotte Hornets) avait gagné 4,3 millions de plus que la lauréate de 23 grands chelems et avait intégré de justesse le top cent. Les auteurs ont trouvé étrange que beaucoup de sportifs masculins ne fassent pas fortune sur le terrain ni sur le ring mais dépendent surtout de leurs contrats de sponsoring. Les femmes ne pouvaient que rêver des sommes publiées. La fameuse golfeuse américaine Michelle Wie avait signé un contrat monstre avec Nike en 2005, le jour de ses seize ans -17,3 millions pour quatre ans- et Maria Sharapova était très courtisée par les grandes sociétés (Nike, Land Rover, Motorola, Canon, Tag Heuer) mais c'étaient des exceptions. Jusqu'à ce que Naomi Osaka prolonge son contrat avec Adidas, une semaine après sa victoire à l'US Open. Leur collaboration s'achevait en principe en décembre mais elle a rempilé et de quelle façon ! Au moins 7,4 millions d'euros par an, plus de dix fois plus que son premier contrat avec la marque allemande et un record en tennis féminin, puisque Nike offre 6,7 millions par an à Serena Williams. Son manager, Stuart Duguid, a ajouté : " Naomi a un énorme potentiel économique. On va payer pour elle des sommes jugées impossibles il y a encore quelques années. " Quelques jours plus tard, la Japonaise de vingt ans, qui a rejoint les States à l'âge de trois ans, a ajouté deux autres sponsors à son portefeuille : Nissan et Citizen Watch. Elle était déjà liée à Yonex pour les raquettes, à Nissin pour la nutrition et à Wowow pour les médias. Étonnant ? Pas vraiment. Plus encore que son tennis, c'est la modestie avec laquelle elle s'est comportée après sa tumultueuse finale contre Serena Williams qui a impressionné le public. Le match a été suivi en direct sur ESPN par trois millions de spectateurs, soit 50 % de plus que la finale masculine. Les hockeyeuses américaines avaient déjà établi un record d'audimat dans leur finale olympique contre le Canada et il y a trois ans, la finale féminine USA-Japon du championnat du monde de football avait attiré 23 millions de téléspectateurs américains. " Il serait stupide de continuer à sous-estimer la valeur commerciale des sportives ", affirment les spécialistes du marketing, qui pointent du doigt le grand nombre de suiveurs sur Twitter et Instagram. " Les femmes qui postent un message sont souvent plus profondes que les hommes. Ça les rend aussi plus attractives pour les sociétés. "