Le 25 mai 2013, à Wembley, ArjenRobben inscrivait le but de la victoire du Bayern en finale de la Ligue des Champions face à Dortmund, mettant ainsi fin à un an de frustrations après la finale loupée face à Chelsea. Depuis, il admet se sentir plus détendu et il le montre chaque semaine, tant au Bayern qu'au Mondial. Tout le plaisir retrouvé se lit dans ses déboulés le long de la ligne de touche, comme lors de ses débuts à Groningen, à l'âge de 16 ans. " J'espère que je jouerai toujours avec le même bonheur ", disait-il à l'époque. Au Brésil, Robben court et laisse éclater sa joie. On ne dirait pas qu'il a une saison éprouvante derrière lui.
...

Le 25 mai 2013, à Wembley, ArjenRobben inscrivait le but de la victoire du Bayern en finale de la Ligue des Champions face à Dortmund, mettant ainsi fin à un an de frustrations après la finale loupée face à Chelsea. Depuis, il admet se sentir plus détendu et il le montre chaque semaine, tant au Bayern qu'au Mondial. Tout le plaisir retrouvé se lit dans ses déboulés le long de la ligne de touche, comme lors de ses débuts à Groningen, à l'âge de 16 ans. " J'espère que je jouerai toujours avec le même bonheur ", disait-il à l'époque. Au Brésil, Robben court et laisse éclater sa joie. On ne dirait pas qu'il a une saison éprouvante derrière lui. " Il est plein de feu ", constate Luit Zwaneveld. " Il ne doute de rien et évolue dans un rôle qui lui plaît. Quand il marque, il laisse éclater sa joie, il se lâche. Ce n'était pas le cas avant. Le responsable du scouting des équipes d'âge du FC Groningue a découvert Arjen Robben au VV Bedum lorsqu'il avait douze ans mais il affirme que sa grand-mère aurait été tout aussi capable de le repérer. " J'ai tout de suite vu que ce serait un grand, il avait tout. Je me suis occupé de lui avec Piet Franssen. Nous l'emmenions à l'école, à l'entraînement... Il savait déjà ce qu'il voulait mais était toujours positif. C'était un garçon fantastique, il venait d'une bonne famille et on sentait qu'il était intelligent. Un jour, je suis allé le voir jouer à Zeist avec les U15 hollandais. J'étais accompagné de Martin Koeman et Louis van Gaal était là également. Quand il a vu Arjen, il a dit : -Ce sera le meilleur ailier hollandais depuis Robbie Rensenbrink. J'ai trouvé ça très intéressant. Van Gaal tient à lui comme à la prunelle de ses yeux. Je ne serais pas étonné qu'il l'emmène avec lui à Manchester United après la Coupe du monde. Je trouverais cela bien. Et je pense qu'Arjen est meilleur que Rensenbrink. Les trois meilleurs joueurs qui évoluent en Europe et peut-être au monde sont au Brésil : Lionel Messi, Cristiano Ronaldo et Arjen Robben. Même si je trouve Messi un peu surfait. " Erwin van de Looi, son ancien équipier au FC Groningue et désormais entraîneur de ce club, souligne la mentalité d'Arjen Robben. " Plus le match est important, plus il est motivé. C'est un gagneur. Sur le terrain, seule la victoire compte pour lui. En dehors, il est très calme et très sociable. Je suis régulièrement en contact avec lui et d'autres gens du club aussi. Ce qui se passe au FC Groningue l'intéresse beaucoup. Il aurait voulu assister au match de barrage pour l'Europe face à AZ mais, ce jour-là, le Bayern fêtait sa victoire en Coupe d'Allemagne. Il nous a envoyé des SMS avant et après le match. Je ne crois pas qu'il terminera sa carrière ici car il va encore jouer un bout de temps au plus haut niveau. On dirait qu'il ne ressent aucune pression. Il est encore plus fort dans les grands matches. Il a toujours joué un rôle important en équipe nationale mais aujourd'hui, c'est notre meilleur joueur. Il a un bon dribble, il ose et il est créatif mais à présent, il a gagné en puissance sans perdre en vitesse. " Le Bayern et l'équipe nationale peuvent s'appuyer sur lui. C'est un joueur très assidu et il a chassé ses vieux démons. Il dit souvent que, depuis deux ans, il n'a plus de problèmes d'ordre physique. " Les joueurs de mon époque en ont eu plus que moi. On a toujours prétendu que j'étais fragile mais plus je vieillis, plus je suis en forme. C'est pourquoi cette Coupe du monde n'est pas mon dernier grand tournoi. " En d'autres mots, il veut être là en France en 2016 et en Russie en 2018. " Si je continue à bien jouer, je ne vois pas pourquoi j'arrêterais. Je pense que je peux encore conserver ce niveau pendant trois ou quatre ans. " D'autres personnes de son entourage direct en sont convaincues. " Il pourrait même tenir plus longtemps, tant il est bien physiquement ", dit Hub Westhovens. " Cela fait 12 ans qu'il est soumis à un régime à l'anglaise, avec trois matches de haut niveau par semaine. Avant, il pensait devoir tout donner lors de chaque rencontre, maintenant, il sait qu'il peut parfois jouer à 80 % de ses moyens. Avant, son explosivité lui jouait souvent des tours pendables, il souffrait de déchirures musculaires. Maintenant, dès qu'il sent quelque chose, il quitte le terrain. " Westhovens (56) est l'ostéopathe de Robben, sa force tranquille. Dès que le joueur du Bayern l'appelle, il saute dans un avion pour Munich. Pas besoin d'hôtel : il loge dans la chambre d'amis. Et le lendemain, au petit matin, il repart. La méthode de Westhovens tient compte de tout le corps. Les symptômes démontrent un dysfonctionnement d'ordre structurel. Il apprend à ses patients à écouter leur corps. Mieux vaut prévenir que guérir. Aux Pays-Bas, il travaille pour le PSV et, depuis neuf ans déjà, pour le FC Twente. C'est Fred Rutten qui a mis Robben en contact avec lui. Il était blessé depuis longtemps et, ne sachant plus quoi faire, il s'est adressé à Westhovens qui l'a remis d'aplomb en deux séances. Westhovens lui a fait prendre conscience de son corps. " Au moindre signal, on corrige. En 2011, après avoir heurté le boarding, il a souffert d'une pubalgie et a continué à jouer parce que l'équipe avait besoin de lui. Mais par la suite, il a été écarté des terrains pour un bon bout de temps. Je travaille en parfaite entente avec le staff médical du Bayern. Je m'entends très bien avec Hans-Wilhelm Müller-Wohlfart, le médecin. Au début, il se posait des questions mais aujourd'hui, je soigne toute l'équipe du Bayern. " Il n'est pas présent au Brésil. " Arjen aimerait que je sois là mais il faut se mettre à la place du staff médical de la fédération. Si chaque joueur emmène son thérapeute personnel... " Arjen Robben dispute déjà sa sixième phase finale d'un grand tournoi. " C'est ma troisième Coupe du monde et j'en suis fier mais je reste ambitieux. L'Euro 2004 était particulier car c'était le premier. Le meilleur, c'était la Coupe du monde en Afrique du Sud. Nous avons certes été battus par l'Espagne en finale alors que j'aurais pu marquer mais c'était un moment unique avec l'équipe nationale. Nous jouions bien, nous travaillions les uns pour les autres, tout fonctionnait. En phase finale, on ne peut réussir qu'avec un collectif fort. " Il réfute donc les affirmations selon lesquelles l'équipe nationale hollandaise ne dépend que de lui et de Robin van Persie. Parce qu'ils ne sont pas individualistes. Ils ne peuvent faire la différence que s'ils s'appuient sur une équipe soudée. " Dans ce cas, nous pouvons aller loin. C'est ce qui a fait notre force en 2010. Il faut être bien organisé, concéder peu d'occasions, s'en créer et marquer. Alors, on est fort. Lionel Messi ne peut pas tout résoudre tout seul non plus, il dépend de l'équipe. Sans elle, il ne pourrait pas briller. " Au Bayern, sous la direction de Pep Guardiola, l'équipe passe avant tout. Les vedettes comme Arjen Robben et Franck Ribéry ne peuvent briller que si tous les rouages sont bien huilés. Avec Jupp Heynckes, les Bavarois jouaient le contre et comptaient sur des éclairs de classe de Ribéry et Robben. Aux Pays-Bas, peu avant l'entame de la préparation pour le Mondial, Louis van Gaal est passé du 4-3-3 au 5-3-2. " Les systèmes de jeu ne m'intéressent guère ", dit Robben. " Le plus important, c'est que chaque joueur effectue la tâche qui lui est assignée. Je répète sans cesse qu'on a besoin de tout le monde. Moi, j'ai besoin de liberté. Bien entendu, je préfère jouer sur l'aile mais au Bayern, j'ai joué en pointe et en dix. Dans les grands clubs, on maîtrise plusieurs systèmes et c'est très bien. Je pense aussi qu'un coach doit chercher à travailler avec une équipe et des joueurs qui lui permettent d'appliquer son système favori. C'est ce que fait Louis van Gaal. " Luit Zwaneveld pense que le nouveau système convient parfaitement à son ancien élève. Plus encore que le 4-3-3. " Arjen peut jouer partout mais cette tactique lui convient parfaitement, surtout en Coupe du monde. Il ne faut pas le confiner sur une aile mais lui laisser de la liberté, lui permettre de toucher le ballon. C'est comme ça qu'il peut faire la différence. " Selon Erwin van de Looi, la place qu'il occupe n'a pas d'importance car il est à l'aise partout. " L'objectif du 5-3-2, c'est d'être plus solide derrière, plus stable. Arjen peut jouer à droite, à gauche ou derrière les attaquants, il passera toujours son homme, ira au but et saura se placer. Nous avons des attaquants de classe mondiale. " Mentalement, Robben a toujours été solide. Sûr de lui mais stoïque, il ne laisse personne lui monter la tête. Actuellement, il est très équilibré. Lui et sa famille se sentent bien à Munich. Il a prolongé son contrat jusqu'en 2017 puis le club et lui décideront de son avenir. En tout cas, c'est son dernier club professionnel. Selon lui, il n'est pas question d'un transfert à Manchester United. " Je reste au Bayern. Je viens à peine de prolonger mon contrat et je m'y sens terriblement bien. Bien sûr, j'ai connu des moments fantastiques avec Louis van Gaal au Bayern et je sais ce que je lui dois. Il a joué un rôle très important dans ma carrière. Il est, avec Pep Guardiola, le meilleur entraîneur que j'aie eu. " PAR ANTON LIPPOLD - PHOTOS: BELGAIMAGE" Les trois meilleurs joueurs du monde sont au Brésil : Messi, Ronaldo et Robben. " Luit Zwaneveld, responsable du recrutement à Groningue " Il a gagné en puissance sans perdre en vitesse. " Erwin van de Looi, ex-coéquipier au FC Groningue