7 décembre dernier, l'Olympique Lyonnais se déplace au Dinamo Zagreb lors de la dernière journée de la phase de poule de la Ligue des Champions. Les Gones sont condamnés à l'exploit : en plus d'une victoire, ils doivent compter sur une défaite de l'Ajax face au Real Madrid et surtout leur remonter...7 buts !
...

7 décembre dernier, l'Olympique Lyonnais se déplace au Dinamo Zagreb lors de la dernière journée de la phase de poule de la Ligue des Champions. Les Gones sont condamnés à l'exploit : en plus d'une victoire, ils doivent compter sur une défaite de l'Ajax face au Real Madrid et surtout leur remonter...7 buts ! A la mi-temps, le score est toujours de 1-1. Les Lyonnais entament leur spectaculaire remontée qui se solde par un cinglant 1-7 tandis que le Real tape les Néerlandais 0-3. Lyon est qualifié et la rencontre fait couler beaucoup d'encre. On parle de corruption. Sans surprise, l'enquête de l'UEFA ne révèle rien d'illégal. Auteur du second but des Français, Maxime Gonalons n'y croyait pas beaucoup avant la rencontre : " Il est clair, sauf miracle, qu'on va devoir jouer l'Europa League ", déclarait-il à la presse. 90 minutes plus tard, le discours était différent : " Ce match va rentrer dans l'histoire. Marquer sept buts à l'extérieur, ça n'arrive pas souvent. " Ce pur produit du centre de formation rhodanien a pourtant bien failli ne jamais goûter aux joies du football pro. Durant l'été 2008, alors qu'il n'a pas encore intégré le noyau A, il est atteint par un staphylocoque doré. " La bactérie est remontée de la cheville jusqu'au pubis. Cela m'a éloigné des terrains pendant trois mois. J'ai passé dix jours à l'hôpital, en soins intensifs ". L'affaire est sérieuse. Les médecins évoquent même l'amputation. A force de travail et grâce au soutien de ses proches, le médian fini par guérir et est même repris dans le noyau pro dès la saison suivante parle coach de l'époque, Claude Puel. Une lourde épreuve qui aura le mérite de faire grandir le natif de Vénissieux, petite ville de la banlieue lyonnaise. Lancé dans le grand bain lors d'un match de tour préliminaire de Ligue des Champions à Anderlecht fin août 2009, Gonalons dispute, 15 jours plus tard, son premier match de Ligue 1 contre Lorient. Le jeune homme trouve doucement ses marques à Gerland et sera finalement aligné à 15 reprises en championnat sur l'ensemble de la saison. Mais son plus gros coup d'éclat, c'est en Champion's League qu'il le réalise. En galère de défenseur, Puel est contraint d'aligner une charnière centrale Cris- Toulalan. A trois minutes de la mi-temps, le Brésilien se blesse et le coach doit lancer Gonalons dans la bagarre, à un poste auquel il n'est pas habitué. Du haut de ses 20 ans, il met les attaquants anglais sous l'éteignoir et se permet même d'égaliser d'une tête plongeante après un cafouillage dans le grand rectangle. Pepe Reina est dégoûté, Lyon finit par l'emporter et le jeune premier est élu homme du match. Le gang des Lyonnais continuera le hold-up jusqu'en demi-finale de la C1 où le Bayern et son commissaire Ivica Olic (un hat-trick au retour) finissent par leur faire la peau. La saison suivante est plus difficile pour le club de Jean-Michel Aulas qui ne termine que troisième en L1 et se fait sortir par le Real en huitièmes en C1. Malgré tout, Gonalons poursuit son petit bonhomme de chemin, et s'installe progressivement comme titulaire dans le Rhône. Séduisant par sa maturité et sa régularité, il prolonge son contrat jusqu'en 2014 au grand dam d'Arsenal qui l'avait dans le viseur. " Gilles Grimandi, recruteur des Gunners, a contacté mon agent par téléphone mais je suis bien ici et j'ai envie de continuer l'aventure afin de remporter des titres ", explique-t-il sur le site de l'OL. Il faut dire que le club lui tient à c£ur : " Je suis ici depuis les Benjamins. J'ai fait ramasseur de balles, j'ai même secoué la bâche de la Ligue des Champions avant les matches. " Cette année, l'arrivée de Rémi Garde à la tête de l'équipe renforce encore un peu plus sa position au club. Il forme un duo indéboulonnable dans l'axe de l'entrejeu avec le Suédois Kim Källström. Surnommés Starsky et Hutch, les deux joueurs se complètent à merveille. Gonalons est l'homme de la récupération, de la première relance et a fait oublier Toulalan tandis que Källström est le relais vers l'attaque. Des performances de taille qui attirent le regard. La Juventus et son coach Antonio Conte aimerait l'attirer dans le Calcio. " Je sais que je suis regardé, c'est flatteur car il s'agit de grosses écuries, d'équipes qui ont un gros passé. Mais je suis bien à Lyon où j'ai beaucoup de temps de jeu ", relativise-t-il. Il est vrai qu'il a plutôt intérêt à rester titulaire. Déjà sélectionné chez les Espoirs, il a récemment été appelé chez les Bleus par Laurent Blanc suite au forfait de Samir Nasri pour les matches contre les Etats-Unis et la Belgique. Un baptême en sélection le 11.11.11 avec le numéro...11. Sans doute un signe pour celui qui se déclare désormais ouvertement candidat à une place dans les 23 pour l'Euro en juin prochain. PAR JULES MONNIER - PHOTO: IMAGEGLOBE Atteint d'un staphylocoque doré, Gonalons est passé près de l'amputation.