Depuis 1996-97, saison où Anderlecht fut évincé en huitièmes de finale de la Coupe de l'UEFA par l'Inter Milan, le football belge n'avait plus jamais répondu présent dans cette compétition au sortir de l'hiver. Le Sporting, seul club de chez nous, déjà, à avoir fait exception à la règle en accédant au deuxième tour de la Ligue des Champions en 2000-2001, renoue donc avec un passé distant d'une petite demi-douzaine d'années déjà. Sa qualification, acquise au détriment des Girondins de Bordeaux, ne s'en inscrivait pas moins dans une certaine logique. Tout au long de son histoire européenne, en effet, le RSCA n'avait jamais encore été battu par une formation française. Et s'il fut éliminé de la scène uéfiste voici tout juste dix ans (0-0 à Paris, 1-1 à Bruxelles), par le PSG, son avance de deux buts, forgée deux semaines plus tôt au Parc Lescure, lui conférait, si l'on se base sur les statistiques européennes, quelque 98% de chances de passer le tour. Sur notre plan national stricto sensu, c'est même le maximum tout court, car jamais depuis la création des confrontations continentales, un de nos clubs n'était resté en rade, sur ses terres, après s'être imposé chez son adversaire à l'aller.
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Depuis 1996-97, saison où Anderlecht fut évincé en huitièmes de finale de la Coupe de l'UEFA par l'Inter Milan, le football belge n'avait plus jamais répondu présent dans cette compétition au sortir de l'hiver. Le Sporting, seul club de chez nous, déjà, à avoir fait exception à la règle en accédant au deuxième tour de la Ligue des Champions en 2000-2001, renoue donc avec un passé distant d'une petite demi-douzaine d'années déjà. Sa qualification, acquise au détriment des Girondins de Bordeaux, ne s'en inscrivait pas moins dans une certaine logique. Tout au long de son histoire européenne, en effet, le RSCA n'avait jamais encore été battu par une formation française. Et s'il fut éliminé de la scène uéfiste voici tout juste dix ans (0-0 à Paris, 1-1 à Bruxelles), par le PSG, son avance de deux buts, forgée deux semaines plus tôt au Parc Lescure, lui conférait, si l'on se base sur les statistiques européennes, quelque 98% de chances de passer le tour. Sur notre plan national stricto sensu, c'est même le maximum tout court, car jamais depuis la création des confrontations continentales, un de nos clubs n'était resté en rade, sur ses terres, après s'être imposé chez son adversaire à l'aller.En vérité, si les joueurs bruxellois ont réalisé un exploit au cours de cette campagne, ce n'était pas tant contre les représentants du football d'outre-Quiévrain que contre ceux de Stabaek, à l'occasion de leur entrée en matière sur le théâtre européen. Après avoir été battus 0-1 à l'aller, au stade Constant Vanden Stock, la probabilité de les voir assurer leur pérennité en CE2 était réduite à moins d'une chance sur deux. A l'époque, lisez il y a quatre mois, l'entraîneur des Mauves, Hugo Broos, avait allégrement dû puiser dans son effectif pour franchir le pas. D'une rencontre à l'autre, il avait modifié son onze de base à quatre places différentes. Au deuxième round, face aux représentants danois de Midtjylland, il n'avait d'ailleurs pas procédé autrement, une fois encore. Face aux Bordelais, par contre, l'homme fort du club bruxellois se montra beaucoup plus conservateur: il fit appel aux mêmes troupes pour négocier ce double affrontement. Même si, d'un match à l'autre, ils furent coulés dans un moule différent: en France, il en allait d'un 4-3-3 ou d'un 4-5-1 selon que l'équipe se trouvait ou non en possession du ballon. A Bruxelles, en revanche, c'était le 5-2-3 qui était en vigueur. A défaut d'un système immuable, le coach du seul club belge rescapé en coupes d'Europe aurait-il donc trouvé sa composition d'équipe idéale? Ce n'est pas impossible du tout. Baseggio, la courroie de transmissionDepuis son arrivée au Parc Astrid, l'été dernier, Hugo Broos avait multiplié les essais au cours de la période de préparation avant de dégager, suite à une ultime prestation probante face aux Anglais d'Everton, un onze de base avec lequel il débuta le championnat. Ce fut une entame heureuse, qui permit aux Sportingmen de se positionner aux premières loges après trois journées, avec le maximum des points. La suite fut nettement moins reluisante et, à mesure que les footballeurs de la capitale perdirent du terrain sur le leader brugeois, l'équipe changea singulièrement de physionomie elle aussi. Ce n'est que récemment qu'elle s'est stabilisée. Dans l'intervalle, certains se mirent eux-mêmes hors-jeu. C'est le cas, notamment, de Filip De Wilde et de Clayton Zane, blessés. D'autres furent tout simplement sacrifiés sur l'autel de leurs prestations indigentes ou irrégulières. On songe à Mark Hendrikx ou à Gilles De Bilde, par exemple. Une troisième catégorie, enfin, celle composée par des joueurs sortis de nulle part dont Bertrand Crasson,Nenad Jestrovic en sont, notamment, les exposants. Hugo Broos a eu beau jurer lors de son arrivée qu'il ne se départirait jamais d'un système à quatre derrière et qu' Aleksandar Ilic n'était pas, à ses yeux, un back gauche, il a fait singulièrement volte-face depuis lors. Le retour en grâce du solide défenseur yougoslave en est un. Le repêchage de Bertrand Crasson sur l'autre flanc de la défense en est un autre. Pour on ne sait trop quelles raisons, le mentor du RSCA avait eu dans l'idée de titulariser, en début de saison, Mark Hendrikx sur le côté droit, au détriment d'un véritable back de formation comme l'est le Bruxellois. Il en aura résulté quelques sérieuses frayeurs et même la perte de trois unités précieuses, face au Lierse, avant qu'Hugo Broos ne change son fusil d'épaule. Depuis ce retour sympathique, l'arrière-garde anderlechtoise y a gagné non seulement en solidité mais aussi à la relance. Car malgré l'application de ses autres composantes, seul l'enfant de la maison parvient, grâce à un envoi bien ajusté, à mettre sur orbite l'un de ses partenaires. Le seul qui affiche une maîtrise à peu près semblable n'est ni Glen De Boeck, ni Hannu Tihinen ni Aleksandar Ilic mais plutôt le jeune Olivier Deschacht, dont les "cuillères" sont aussi précises que celles de Bertrand Crasson sur l'autre versant, comme il l'a démontré à Bruges. Il est simplement dommage que comme tant d'autres promesses du cru, il soit barré par plus expérimenté que lui en Première. Dans l'entrejeu anderlechtois, un élément a fait une apparition remarquée depuis le match away à Bordeaux: Michal Zewlakow. Titularisé au Parc Lescure pour contrer le génial Pascal Feindouno, le Polonais a été maintenu dans cette attribution à Bruges afin de museler Gaëtan Englebert avant d'officier comme cinquième composante de la défense mauve devant les mêmes Girondins lors du retour au Parc Astrid. Aux côtés d' Yves Vanderhaeghe à la base d'un triangle dont la pointe est formée par Walter Baseggio, l'ancien joueur de l'Excelsior Mouscron se révèle plus précieux qu'un Besnik Hasi, par exemple. Son registre, en matière de reconversion offensive notamment, est plus étoffé. Un aspect, au demeurant, qui fait figure de lacune, aussi, chez Yves Vanderhaeghe, beaucoup plus habile à chasser et déposséder l'adversaire du ballon qu'à prendre sur soi la distribution du jeu. On ne nous ôtera cependant pas de l'idée que dans cette configuration, Walter Baseggio nous semble plus précieux encore au côté du robuste Flandrien. Désigné meneur de jeu, le Clabecquois n'a pas le gabarit d'un régisseur comme pouvait l'être Pär Zetterberg. En revanche, comme courroie de transmission entre un véritable récupérateur de la trempe d' Yves Vanderhaeghe et un numéro 10, Walt serait d'un concours encore plus précieux à son équipe. Il faut d'ailleurs croire que d'autres sont également de cet avis, sans quoi on ferait nettement moins de cas d'un retour du Suédois au Parc Astrid par les temps qui courent. Trio d'attaqueDevant, Hugo Broos paraît fixé de manière définitive aussi. Après avoir expérimenté toutes les combinaisons possibles avec un duo en front de bandière avec Ki-Hyeon Seol, Clayton Zane, Ivica Mornar, Gilles De Bilde, Aruna Dindane, Nenad Jestrovic, le technicien mauve et blanc s'est finalement prononcé en faveur du trio Ki-Hyeon Seol-Nenad Jestrovic-Aruna Dindane. Cette façon de faire lui permet d'être déployé sur toute la largeur du terrain en phase de construction et de constituer, chacun dans sa zone respective, un premier rempart à la récupération. Dans leur registre spécifique, ces trois-là forment indéniablement une association des plus complémentaires: le Coréen en raison de ses centres tantôt puissants, tantôt travaillés mais toujours précis; le Yougoslave pour son extraordinaire sens du but, comme il l'a prouvé en inscrivant un goal 18 carats au gardien bordelais Ulrich Ramé et à droite, enfin, le petit sorcier ivoirien aux dribbles déroutants et aux accélérations meurtrières. Au total, il en résulte une équipe qui tient la route même à une bonne formation française comme Bordeaux. Et ce malgré le fait que des garçons comme Eduardo Costa et Alexeï Smertine ont démontré au Parc Astrid, que des demis défensifs qui se doublent de bons manieurs de ballons aux côtés d'éléments offensifs comme Camel Meriem et Savio peuvent constituer un épineux casse-tête pour un entrejeu anderlechtois en infériorité numérique et technique. D'ici le tour suivant, face au Panathinaïkos, Anderlecht aura trois mois, et peut-être d'autres éléments, qui sait, pour pallier cette lacune. Bruno Govers