Peter Ressel, le responsable général de la prospection au RSCA, confiait dans nos colonnes, la semaine dernière (page 28), que "le Sporting dispose actuellement d'une dizaine de joueurs, entre 16 et 21 ans, susceptibles de faire carrière au Parc Astrid". A y regarder de plus près et renseignements pris en coulisse, l'avis du technicien anderlechtois s'assimile davantage à une info qu'à de l'intox. Car outre les Sherjill Mc Donald, Martin Kolar, Lamine Traoré, Junior et Goran Lovré, qui appartiennent à cette catégorie d'âge tout en ayant d'ores et déjà bénéficié d'un certain temps de jeu en Première (au même titre qu' Olivier Deschacht d'ailleurs mais qui, lui, vient de fêter ses 22 ans), six autres jeunes (ils sont donc 11 au total) paraissent appelés, à plus ou moins brève échéance, à leur emboîter le pas. Pour peu, bien sûr, qu'on leur en donne la possibilité Il s'agit de Vincent Kompany, Dennis Calincov, Anatoli Guerk, Sergio Hellings, Maarten Martens et Mark De Man. A l'exception de ce dernier, blessé, tous ces garçons ont d'ailleurs participé, jeudi passé, au match au sommet contre les doublures de Genk (résultat final: 2-3 avec des buts signés pour l'équipe locale par Ivica Mornar et Anatoli Guerk).
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Peter Ressel, le responsable général de la prospection au RSCA, confiait dans nos colonnes, la semaine dernière (page 28), que "le Sporting dispose actuellement d'une dizaine de joueurs, entre 16 et 21 ans, susceptibles de faire carrière au Parc Astrid". A y regarder de plus près et renseignements pris en coulisse, l'avis du technicien anderlechtois s'assimile davantage à une info qu'à de l'intox. Car outre les Sherjill Mc Donald, Martin Kolar, Lamine Traoré, Junior et Goran Lovré, qui appartiennent à cette catégorie d'âge tout en ayant d'ores et déjà bénéficié d'un certain temps de jeu en Première (au même titre qu' Olivier Deschacht d'ailleurs mais qui, lui, vient de fêter ses 22 ans), six autres jeunes (ils sont donc 11 au total) paraissent appelés, à plus ou moins brève échéance, à leur emboîter le pas. Pour peu, bien sûr, qu'on leur en donne la possibilité Il s'agit de Vincent Kompany, Dennis Calincov, Anatoli Guerk, Sergio Hellings, Maarten Martens et Mark De Man. A l'exception de ce dernier, blessé, tous ces garçons ont d'ailleurs participé, jeudi passé, au match au sommet contre les doublures de Genk (résultat final: 2-3 avec des buts signés pour l'équipe locale par Ivica Mornar et Anatoli Guerk). Que valent vraiment tous ces éléments et sont-ils capables de faire leur trou, un jour, chez les Mauve et Blanc? C'est la question que nous avons posée non pas à un insider du club mais à diverses personnes qui ont croisé un jour ces footeux sur leur route. C'est le cas de Daniel Boccar, directeur technique des jeunes et coach de la Réserve du Standard, Geert Broeckaert, responsable de la jeune classe à l'Excelsior Mouscron, Jean-François de Sart, coach des Espoirs nationaux, Mark Van Geersom, coordinateur des jeunes à l'URBSFA, Mario Notaro, coach des Espoirs du Sporting de Charleroi, Sef Vergoossen, entraîneur de Genk, et Daniel De Temmerman, ex-entraîneur des jeunes au RSCA. VINCENT KOMPANY (10/04/1986 - Défenseur)Mark Van Geersom: "Un défenseur de grand talent qui n'a toutefois pas été retenu en sélection nationale des moins de 17 ans par le coach Patrick Klinkenberg dans la mesure où la discipline de groupe n'est pas son point fort. Mais au plan purement footballistique, ses qualités ne se discutent pas: habile balle au pied, il excelle aussi dans la récupération du cuir. En outre, il est étonnamment mûr pour un garçon de son âge, au point qu'il ne fait nullement tache depuis le début de cette année en équipe Réserve du RSCA". Daniel De Temmerman: "S'il parvient à dépouiller son jeu, je lui prédis une carrière à la Marcel Desailly, un joueur qui constitue son modèle et auquel il ressemble même furieusement. Son problème, c'est qu'il a parfois tendance à vouloir trop en faire. Amoureux du beau geste, il prend par moments des risques inconsidérés en tant que clé de voûte de la défense. Mais c'est un tout grand dans toutes les acceptions du terme. Et promis à un avenir encore plus radieux qu'un autre défenseur de couleur légendaire au Sporting, Stephen Keshi". DENNIS CALINCOV (15/09/1985 - Attaquant ou milieu offensif)Sef Vergoossen: "Ce garçon est un mini- Robby Rensenbrink: un toucher de balle tout en finesse, un style ondoyant et, ce qui ne gâte rien, un tir d'une belle puissance pour quelqu'un qui, comme l'ancien ailier gauche du Sporting, n'a pas un physique des plus impressionnants. Il a un péché mignon: son individualisme exacerbé qui le pousse à la jouer perso alors qu'un partenaire est peut-être mieux placé que lui. Mais c'est un défaut qui peut être gommé aisément". Geert Broeckaert: "C'est un ravissement pour l'oeil sur le plan technique mais il est trop tôt pour le lancer dans le grand bain. Surtout à l'échelon anderlechtois. S'il est appelé trop tôt en Première, il coulera à l'image d'un Jonathan Blondel, qui survolait les débats chez nous mais qui suffoque actuellement à Tottenham". SHERJILL MC DONALD (20/11/1984 - Attaquant)Daniel Boccar: "Il serait assuré d'une place de titulaire indiscutable dans n'importe quel cercle de notre élite actuellement, hormis Bruges et le Sporting où il y a précisément une énorme concurrence sur le flanc droit avec Aruna Dindane et Ivica Mornar. Ses qualités, il les a notamment montrées à Stabaek, où il a qualifié les siens, cette saison, pour le deuxième tour de la Coupe de l'UEFA. Par la suite, j'ai cru comprendre qu'il s'était laissé un peu vivoter. C'est souvent le cas, malheureusement, pour des joueurs qui jouent sans opposition chez les jeunes mais qui ont subitement affaire à d'autres clients au plus haut niveau. Il en était ainsi pour Mohamed El Yamani au Standard. Pour se tirer d'affaire, il faut une solidité mentale à toute épreuve. Je ne connais hélas pas suffisamment le Hollandais, de ce point de vue-là, pour émettre un jugement pertinent". ANATOLI GUERK (20/11/1984 - Attaquant)Geert Broeckaert: "C'est à n'en point douter un avant de très grand talent. Par là même, il me paraît promis à un bel avenir. Mais à 18 ans, il ne faut pas attendre dans l'immédiat des miracles de lui. N'oublions quand même pas que le rôle d'attaquant de pointe est le plus difficile dans une équipe et qu'il faut un minimum de planche et de temps pour s'imposer à ce niveau. Je n'en veux pour preuve que le cas du Lierrois Stijn Huysegems, qui avait fait montre de qualités évidentes comme artificier, à 17 ans à peine, mais qui a quand même dû patienter trois ans pour s'affirmer totalement. Vu le contexte encore plus huppé au sein duquel le jeune Russe est censé s'exprimer un jour, je ne pense pas qu'il donnera sa pleine mesure de sitôt". Mario Notaro: "Un attaquant extrêmement mobile et pour le moins percutant en zone de vérité. Il a cette faculté extraordinaire de toujours jaillir au bon moment dans les 16 mètres adverses. Werner De Raeve, directeur de l'école des jeunes d'Anderlecht, parle de lui en termes de classe mondiale, c'est tout dire. Et il n'a peut-être pas tout à fait tort car à 18 ans à peine, il a l'étoffe d'un super". SERGIO HELLINGS (11/10/1984 - Défenseur)Geert Broeckaert: "Une véritable montagne humaine, intransigeant sur l'homme mais à la relance pour le moins approximative. Un défaut que l'on retrouve justement chez tous ceux qui se sont relayés au poste de stopper au RSCA ces dernières années, qu'il s'agisse d' Olivier Doll, d' Aleksandar Ilic ou, à présent, de Hannu Tihinen. L'année passée, un autre jeune Néerlandais, parti entre-temps, affichait exactement la même lacune: Melvin Fleur. J'ai cru comprendre qu'Anderlecht avait pu mettre le grappin sur Sergio Hellings en raison du fait que son club d'origine, l'Ajax Amsterdam, ne l'avait pas mis sous contrat. Vu le talent chez les jeunes Ajacides, je peux comprendre que le néo-Anderlechtois n'ait pas fait figure de priorité à l'ArenA. Pour moi, il lui manque une dimension pour s'imposer dans un club de la trempe d'Anderlecht". MAARTEN MARTENS (02/07/1984 - Flanc gauche)Jean-François de Sart: "Plus polyvalent que lui, tu meurs, dans la mesure où il est capable de se débrouiller avec un égal bonheur à tous les postes sur le flanc gauche: back, milieu ou même attaquant. Dans le 3-4-3 cher à l'Ecole des Jeunes des Mauves, il officie le plus souvent comme médian. Doté d'une fameuse technique, il n'a pas peur de défier un, voire deux adversaires, sans jouer avec des oeillères, pour autant. Il excelle à la fois dans les échanges courts et longs et fait preuve d'un volume de jeu très appréciable. De constitution plutôt frêle, il éprouve toutefois certaines difficultés à élever le niveau de son jeu quand le combat est purement physique. Sur ce plan, il a affaire à une sérieuse concurrence au Sporting dans la mesure où Martin Kolar, qui s'exprime dans un registre à peu près similaire, est déjà nettement mieux campé sur ses jambes. Mais il s'est déjà étoffé sur ce point ces derniers mois. S'il persévère, c'est sûr qu'il se révélera utile un jour au Parc Astrid". MARTIN KOLAR (18/09/83 - Milieu gauche)Daniel Boccar: "Je ne le connaissais ni d'Eve ni d'Adam avant de le voir à l'oeuvre à Sclessin en tout début de saison. Après quelques minutes seulement, j'étais déjà tombé sous le charme de ce joueur non seulement incisif sur le flanc gauche mais travailleur en diable de surcroît. A mon sens, Anderlecht devrait pouvoir trouver aisément la parade à la succession de Ki-Hyeon Seol, qui a laissé entendre qu'il voulait partir, dans la mesure où il dispose à gauche non pas d'une mais de plusieurs roues de secours: hormis Martin Kolar, les jeunes Maarten Martens et Dennis Calincov ne sont pas mal non plus. Et sûrement pas moins bons que Tarek El Saïd, qui est passé dans le ciel anderlechtois comme un météore. Je ne serai probablement pas le seul à me demander pourquoi l'Egyptien a été transféré alors qu'Anderlecht ne manquait quand même pas de possibilités dans ce secteur". Mario Notaro: "Je l'ai vu à l'oeuvre contre les Zèbres récemment et il a confirmé à cette occasion les dispositions qu'il avait fait entrevoir en début de saison. Au même titre qu'un Christopher Fernandez chez nous, il me paraît cependant manquer encore de planche pour faire figure d'incontournable". MARK DE MAN (24/04/1983 - Défenseur ou milieu)Daniel De Temmerman: "Je l'ai accueilli en classes d'âge, au RSCA, au moment où il arrivait en droite ligne d'Oud-Heverlee. Après six mois, il voulait retourner dans son ancien club car il ne se sentait pas à l'aise au Sporting. Je l'ai convaincu de mordre sur sa chique jusqu'en fin de saison. Et soudain, au sortir de l'hiver, le déclic est venu et il n'est plus jamais sorti de l'équipe. Au contraire, il n'a cessé de prendre du galon, à tous points de vue et à toutes les places car défenseur ou milieu, c'est kif-kif pour lui". Mark Van Geersom: "Il peut jouer avec un égal bonheur dans la ligne médiane, comme régulateur, ou au back droit. C'est à ce poste qu'il a d'ailleurs officié le plus souvent à Anderlecht, ces derniers mois, probablement dans l'optique d'une solution de rechange pour Bertrand Crasson. Il s'agit d'un joueur extrêmement discipliné et pourvu d'une mentalité exemplaire. Avec ses dons de leader, il a d'ailleurs tôt fait de s'ériger en capitaine de la sélection des moins de 17 ans". LAMINE TRAORE (10/06/1982 - Défenseur)Sef Vergoossen: "Il fait partie de cette nouvelle génération d'Africains capables de tirer leur épingle du jeu en défense, alors que leurs devanciers servaient davantage à meubler la ligne d'attaque ou l'entrejeu. Comme Didier Zokora ou Seyfo Soley chez nous, cet apprentissage ne se déroule pas toujours sans hiatus. En championnat et en Coupe d'Europe, Genk a sans conteste perdu des points en raison d'une approximation de ce duo, et à Anderlecht, il n'en était pas allé autrement avec Lamine Traoré qui, si mes souvenirs sont exacts, avait fait une erreur de jugement contre l'AS Roma la saison passée, avant de coûter un penalty à ses couleurs lors d'un Bruges-Anderlecht lourd de conséquences pour les Bruxellois, puisqu'il signifiait la fin de leurs espoirs d'accrocher la deuxième place en championnat. Ces fautes font partie de l'apprentissage de ces joueurs. Il faut pouvoir les accepter en se disant que ces accidents de parcours ne représentent pas grand-chose, finalement, en regard de ce que ces garçons peuvent apporter. Et c'est sûr qu'un Lamine Traoré a les atouts pour s'affirmer dans un club de pointe comme le RSCA". GABRIEL NGALULA MBUYI "JUNIOR" (01/06/1982 - Défenseur ou milieu)Daniel Boccar: "Si Junior avait été Standardman au lieu de Sportingman, il aurait déjà fait son trou à Sclessin depuis longtemps, en ce sens qu'il n'a absolument rien à envier à ses frères de couleur qui se sont imposés chez nous, comme Rabiu Afolabi ou Joseph Enakarhire. Honnêtement, je ne comprends pas qu'un joueur de cette valeur ne bénéficie pas de davantage de temps de jeu en équipe A. Car chaque fois qu'il s'est exprimé à cet échelon, il a réussi à tirer son épingle du jeu. Je me souviens notamment d'un match à Bruges, la saison passée, où il avait non seulement réussi à mettre Andres Mendoza dans sa poche, mais où il avait été sur le point, aussi, de rapporter un coup de réparation en raison d'une faute commise sur lui dans la surface de réparation brugeoise. Personnellement, j'ai déjà vu Junior bon nombre de fois à l'oeuvre et, dans toutes ces circonstances, je me suis toujours fait la même réflexion: comment donc un garçon de cette classe n'a-t-il toujours pas accédé au palier supérieur au Parc Astrid?. C'est un mystère, pour moi, car dans le noyau professionnel des Mauves, il n'y a quand même pas 36 éléments qui lui sont supérieurs. Une chose est sûre: si le RSCA ne veut pas de lui, je suis prêt à l'accueillir à bras ouverts chez nous". GORAN LOVRE (23/03/82 - Milieu)Geert Broeckaert: "On le compare volontiers à Lorenzo Staelens. Et c'est vrai qu'il fait irrésistiblement songer à Lorre par cette faculté de faire rapidement la jonction entre la défense et l'attaque. Tous deux sont également de faux lents, même si le Yougoslave me paraît éprouver un peu plus de difficultés à activer ses compas par rapport à l'ex-international. Il doit encore démontrer aussi qu'il a le sens du but car Lorre était coutumier d'une dizaine de goals par saison, à Bruges, lorsqu'il opérait au demi. Et ce réalisme-là, Goran Lovré ne l'a pas encore affiché en Première même si, avec la Réserve des Mauves, je l'ai déjà vu alimenter le marquoir. Reste que la différence est grande entre trouver l'ouverture contre les doublures de Beveren et inscrire un but lors d'un match au sommet de notre football. A mes yeux, Goran Lovré a un potentiel intéressant et il peut effectivement devenir une valeur sûre, même s'il a un retard à combler, en maints domaines, comparativement à Lorenzo Staelens. Cela dit, à 21 ans, celui-ci jouait toujours au WS Lauwe, en D3. Comme quoi le Yougo mérite assurément du crédit". Mario Notaro: "Face aux Zèbres, il a dû s'acquitter à la fois d'une mission défensive et offensive. Il était beaucoup plus performant dans le premier registre. Je pense que la vivacité de geste fait défaut, chez lui, pour qu'il soit performant en phase offensive". Bruno Govers"Dennis Calincov, c'est un mini-Rensenbrink" (Sef Vergoossen)"Junior serait titulaire au Standard sans problème" (Daniel Boccar)